Brochet au pays des sushis

Note du webmestre: Finalement, le projet a été « enterré ».
Le Bordelais Olivier Brochet, de l’agence Brochet-Lajus-Pueyo, a été désigné par le Quai d’Orsay pour construire la nouvelle ambassade de France au Japon. Voici des extraits d’un article paru dans le journal Sud-Ouest.
L’ambassade de France à Tokyo est un des postes les plus prisés du Quai d’Orsay. Parce que le Japon est une des premières puissances mondiales, bien sûr. Mais aussi parce que l’ambassade bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle: elle se niche dans un magnifique parc vallonné de 3 hectares où on se croit coupé du monde alors qu’on est au beau milieu de la mégalopole nipponne, de ses buildings, de son flot de voitures et de passants.

Cette ambassade devrait être encore plus convoitée en 2007 et ce sera aussi dû à un Bordelais. L’architecte Olivier Brochet vient en effet d’être désigné par le Quai d’Orsay pour reconstruire le bâtiment. L’actuel, conçu par Joseph Belmont en 1956, ne correspond plus aux normes antisismiques, draconiennes dans la capitale japonaise, et va donc être rasé. Le concours ne portait pas en revanche sur la résidence de l’ambassadeur, sans doute l’une des plus enviables des chancelleries, due elle aussi à Joseph Belmont.

Il a suffi d’une visite sur place à Olivier Brochet, accompagné de son associée Christine Pueyo, pour trouver l’idée victorieuse. « J’ai griffonné mon projet dans l’avion du retour, dit-il en montrant son calepin rempli de notes et de dessins. Après, on en a parlé à l’agence, on a changé d’idée, et comme ça ne collait pas, on est revenu à l’idée d’origine. »

Une ambassade doit répondre à certains critères techniques très rigoureux, à commencer par la sécurité interne et externe. « La façade doit être à la fois protectrice et accueillante », explique l’architecte. Celui-ci a imaginé une double façade avec une peau extérieure en béton conçue comme un claustra sur les trois niveaux supérieurs du bâtiment, en retrait de laquelle il installe une façade menuisée qui associe des parties transparente ou opaques en panneaux de bois. La façade intérieure, côté jardin, s’avère en revanche plus ouverte et offre un reflet aux frondaisons du parc.

Les confrères nippons se manifestent. Architecte élégant et raffiné, Brochet a évidemment apporté un soin tout particulier aux aménagements intérieurs avec des matériaux différents selon les niveaux, le quatrième étage ayant droit à toutes les attentions puisqu’il hébergera le bureau du maître des lieux, avec un parquet en bois exotique se prolongeant sur les terrasses extérieures et de larges baies vitrées où coulisseront des paravents en matériau composite.

Le résultat du concours à peine connu, Olivier Brochet commence déjà à recevoir des coups de téléphone de confrères nippons qui font acte de candidature pour superviser le chantier sur place. Un chantier estimé à 24 millions d’euros mais qui, vu le coût de la vie au Japon, pourrait réclamer une enveloppe plus épaisse.

Sous son crâne aussi lisse que celui d’un moine bouddhiste, Olivier Brochet reste zen. Peut-être y a-t-il aussi un peu de superstition. Avec ses deux complices Lajus et Pueyo, il a déjà remporté trois concours pour le Quai d’Orsay, en Afrique du Sud, au Nigeria et aux Comores. Pour différentes raisons, les trois projets sont restés dans les tiroirs du ministère.

(Extraits de l’article paru dans le journal Sud Ouest le lundi 15 décembre 2003)

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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