Marchander au Japon

(Écrit par François)
Marchander au Japon semble pour beaucoup incongru, voire impossible, non conforme à la mentalité japonaise. Pourtant, le marchandage existe, et il est même très facile de faire des économies. Voyez plutôt.

Que marchander ?
Je n’ai pour l’instant essayé que les appareils électriques (frigo, lampes, hifi etc.), mais on doit aussi pouvoir discuter le prix des meubles, voitures…

Où marchander ?
Les petites boutiques ne sont probablement pas le meilleur endroit pour avoir une remise de plus de 5%. Par contre, certains des grands magasins sont bien plus ouverts. Je pense en particulier aux chaînes comme Bic Camera, Sato Musen (pas à Isetan ou Ito Yokaido). Akihabara est l’endroit le plus efficace.

Comment marchander ?
Considérez que le prix affiché n’est qu’une vague indication. Si vous circulez dans Akihabara, vous verrez le même prix partout (+/-2%) puisque tous les magasins bénéficient du même tarif de gros et appliquent la même marge. Les panneaux « sales » sont tout aussi flous, parfois indiquant de vraies soldes, parfois simples attrape-nigauds.

Choisissez un rayon pas trop fréquenté ou venez à une heure de faible affluence pendant laquelle les vendeurs prendront le temps de discuter avec vous.
Préférez un vendeur âgé au petit jeune. L’aîné, surtout s’il est chef de rayon, aura le pouvoir de changer le prix affiché tandis que le freshman n’osera pas.

Circulez entre les produits, ayez l’air intéressé, attendez qu’un vendeur vous approche, faite mine que le prix est trop cher. Le vendeur retourne alors consulter son catalogue et revient avec une offre qu’il tape fièrement sur sa calculatrice. La remise atteint normalement 15%. Par exemple un frigo affiché à 79000 yens descend automatiquement à 70000. Vous remarquerez que c’est bien plus intéressant que de gagner 10% de points comme chez Bic Camera ou Yodobashi Camera.

Est-ce que ça fonctionne partout ?
Dans certains magasins d’Akihabara, la ristourne est parfois symbolique (moins de 5%). Dans l’immeuble d’à côté, plus de 20%. Je crois que les vendeurs sont parfois rémunérés en fonction du nombre d’objets vendus et non en fonction de la marge dégagée. Tout s’explique.

Mes recommandations ?
Les meilleures offres que j’ai eues venaient de Sato Musen, qui compte plusieurs établissements à Akihabara, dont un juste devant la sortie de la gare.
Quelques exemples (prix affiché/prix négocié):
frigo 79000/70000 ;
four 43000/34000 ;
machine à laver 39000/31000 ;
aircon (clim) 55000/34000 (40% de remise !) ;
aspirateur 14000/9000.

Aller plus loin ?
On peut aller au-delà de 15% en insistant un peu plus ou en trouvant d’autres arguments (« ils font moins cher à côté » par exemple). L’argument : « je paye en cash, faites le moins cher » ne donne rien

Un dernier exemple ?
Quand j’ai acheté mon téléphone portable, j’ai choisi un modèle à 6000 yens et j’ai demandé si on ne pouvait pas me le faire à 1 yen. La vendeuse est allée demander au chef: c’était possible !
Magasin : Yodobashi Camera à Ueno.
Les magasins touchent donc plus d’argent en vendant un abonnement qu’un téléphone.

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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