SEJT réunion de novembre 2002

La SEJT organisera sa prochaine réunion le vendredi 15 novembre, à 19h, dans la salle 601 de la Maison franco-japonaise. Franck Michelin, secrétaire de la SEJT et enseignant à l’Université de Tokyo viendra parler du procès de Tokyo.
L’entrée est libre, n’hésitez pas à venir nombreux.
« A propos du procès de Tokyo et de sa postérité »

Le 15 aout 1945, la capitulation du Japon met un terme a la guerre du Pacifique. Le 3 mai de l’annee suivante, s’ouvre le proces de Tokyo durant lequel onze pays vont juger les crimes de guerre commis par les dirigeants japonais depuis 1928. Le 23 decembre 1948, les sept condamnes a mort par pendaison sont executes dans la prison de Sugamo. Le lendemain, les detenus qui devaient faire l’objet d’un deuxieme, voire d’un troisieme proces sont liberes, et debute la  » purge rouge  » : la guerre froide commence au Japon.
Le proces de Tokyo pose toujours aujourd’hui un certain nombre de questions que le Japon ne parvient pas a resoudre. Il est un revelateur des difficultes que le Japon rencontre vis a vis de sa memoire du second conflit mondial. Proces de vainqueurs pour certains, juste punition pour d’autres, penser le proces de Tokyo en des termes mesures est toujours extrement difficile pour un Japon qui oscille entre deni de memoire et auto-flagellation. Nous essairons ainsi de poser les principaux problemes que pose le proces au Japon.
Mais nous ne nous limiterons pas au seul cas japonais. En effet, ce proces ne concerne pas uniquement le Japon, mais egalement les onze pays qui envoyerent a Tokyo chacun un juge et un procureur, ainsi que l’ensemble des pays qui furent concernes de pres ou de loin par la guerre du Pacifique. La France fut presente a Tokyo, et l’action qu’elle y mena est revelatrice de la politique qu’elle entendait mener et des difficultes qu’elle rencontrait alors sur la scene internationale, et tout particulierement en Asie.
Enfin, afin d’elargir un peu plus notre propos, nous aborderons brievement la question des proces des criminels dits des  » categorties B et C « , c’est a dire des criminels qui se virent porter la responsabilite de crimes au niveau local. Fait a peu pres oublie, la France organisa en Indochine un certain nombre de proces contre des militaires japonais accuses de crimes contre ses ressortissants. Ces proces locaux, qui virent s’asseoir sur le banc des accuses des personnes qui n’etaient bien souvent que des lampistes, posent un probleme d’une autre nature nature que celui du proces des dirigeants japonais a Tokyo, mais qui n’en est pas moins epineux.

Franck Michelin (michelinfranck@aol.com)

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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