Le Lycée Franco-Japonais peut-il vraiment être payant?

Le 7 mai 2002, une élève sera peut-être exclue,
simplement parce que sa famille a osé poser sérieusement cette question !
Cliquez ici pour visiter tout de suite le site « lycée gratuit », qui présente toute l’affaire (lien obsolète supprimé)

Le saviez-vous ? Depuis la rentrée dernière,
des parents d’élève du lycée franco-japonais
de Tokyo refusent de payer les ´ frais de scolarité demandés, tant qu’on ne leur précise pas

(comme c’est leur droit dans un conflit avec l’Administration)
SUR QUELLE LOI SE FONDE LA PERCEPTION DE FRAIS DE SCOLARITE
pour des enfants français.
Or ce qui fait problème, c’est que depuis maintenant sept
longs mois que la question est posée, ni l’administration
du lycée ni aucune autre autorité consultée
n’a semble-t-il été en mesure de présenter
aux intéressés une argumentation convaincante, basée
sur des références précises à la loi.

Au contraire, et alors que si une telle loi existe, il semblerait
si simple de la présenter et de clore sur-le-champ la polémique,
la tactique adoptée dans cette affaire par l’administration
est quelque peu étonnante. Déployant successivement
des arguments variés (l’un remplaçant l’autre au
fur et à mesure que la nullité du précédent
est démontrée, comme autant d’écrans de fumée
successifs), puis recourant à la tentative d’intimidation
par une menace de radiation de l’enfant (celle du 7 mai étant
la troisième en date) tout se passe en fait comme si cette
famille avait vraiment posé le doigt sur un probl:egrave;me
de première importance. TOUT SE PASSE JUSQUE ICI EXACTEMENT
COMME SI UNE TELLE LOI JUSTIFIANT LA PERCEPTION DE FRAIS DE SCOLARITE
POUR DES ENFANTS FRANCAIS N’EXISTAIT PAS !

Tous les épisodes de l’affaire sont retracés sur le site « lycée gratuit »

Dans ces conditions, la légalité de l’exclusion
programmée pour le 7 mai semble, elle aussi, largement
discutable !

POUR LA REPUBLIQUE
Voilà bien qui donne à réfléchir,
et pas seulement aux usagers du lycée dont nous sommes.
Et d’autant plus depuis le 21 avril ! Car ce qui vient d’être
sanctionné le 21 avril, n’est-ce pas d’abord et surtout
un certain manque de rigueur républicaine, une certaine
négligence à appliquer jusqu’au bout les principes
et les lois de notre pays, et chez nous autres, administrés,
un certain manque de vigilance et d’exigence citoyennes ? Les
principes et les lois de la République, on voit bien maintenant
qu’on ne peut pas se permettre de les prendre à la légère
(ne serait-ce que par paresse, par distraction, ou par habitude).
Alors, au Japon aussi, le sursaut ´ républicain
et citoyen ª
, c’est bien évidemment de voter
Chirac dimanche 5 mai (à Tokyo, le bureau de
vote de l’ambassade sera ouvert de 8 heures à 18 heures),
…mais c’est peut-Ítre aussi de s’informer sur ce qui se
passe dans ce bout de notre République en terre japonaise: le lycée franco-japonais de Tokyo. Lycée de la
République: affaire de tous.

Tout le dossier est ici ! (lien obsolète supprimé)

NB. Qu’on se rassure : la lecture du dossier n’est jamais rébarbative
(loin de là !) (notamment pour ce qui est des courriers
Èchangés par les deux parties) ; et même les
références à la loi sont intéressantes
et parfaitement compréhensibles par tout(e) citoyen(ne)
normalement constitué(e).

PS. Je tiens aussi à préciser que je n’étais
pas du tout convaincu au départ du bien-fondé de
la démarche de cette famille. Le lycée franco-japonais
gratuit ? Quel rêve ! (quel soulagement pour le budget familial!), mais aussi quelle idée saugrenue ! (puisqu’il y a des
milliers de familles qui paient, et dans le monde entier) (et
puis, il n’est pas naturel ni très agréable pour
un citoyen d’envisager qu’une administration puisse se tromper
dans l’application des lois, application des lois qui est précisément
sa raison d’être) (même si l’on sait que cela peut,
rarement, arriver). Ce qui m’a vraiment troublé en fait,
c’est plutôt la nature et le contenu des réponses
qui lui ont été faites.

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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