Pour une meilleure compréhension de l’âme japonaise

Même pour les étrangers qui vivent depuis longtemps dans l’archipel, l’âme japonaise apparaît encore mystérieuse car les Japonais valorisent peu le statut du sujet qui dans la société peut rester relativement indéterminé, voire « réversible » selon les circonstances, parfois sans vraie contradiction.
La présente étude (voir liens ci-après) ne prétend pas apporter de réponses simples et claires quant au caractère national nippon mais tente d’ouvrir quelques pistes à partir de la psychologie analytique de Carl-Gustav Jung (dissident de Freud). La description junguienne de l’appareil mental humain comprend deux dimensions, introversion et extraversion, ainsi que quatre fonctions psychologiques, intuition, sensation, sentiment et pensée. Le lecteur qui voudra bien prendre le temps de s’immerger dans cet essai d’interprétation de l’âme japonaise pourra constater combien la spécificité plus ou moins « déroutante » du tempérament nippon se fonde en réalité sur la structure universelle de la psyché humaine proposée par C.-G. Jung.
Cette étude est une ébauche qui s’inscrit dans un projet de livre en préparation. Toute personne désireuse d’en mentionner des passages écrits ou de les traduire dans une autre langue est priée de citer le nom de l’auteur ainsi que les références des articles. Bonne lecture !

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1ère partie
2e partie

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(Par ex. « Petite enfance et maternité au Japon »). Du même auteur, voir aussi : Phobies sociales au Japon.

Profil de l’auteur : Jean-Claude Jugon, psychologue clinicien et docteur en psychologie. Vit au Japon depuis une vingtaine d’années.

Journaux des dames de cour du Japon Ancien

journaux-dames.jpgCet ouvrage propose trois journaux intimes écrits au XIe siècle par des femmes de la noblesse.
Cette période a ceci d’intéressant de nous montrer une cour fortement teintée d’influences chinoises, tant au niveau de la culture, de la vie quotidienne que de l’étiquette.
Une découverte en ce qui me concerne, en tout cas, une belle occasion de découvrir cet univers de l’intérieur.

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NB : Cette présentation avait été publiée dans la version précédente de notre portail.

La barrière des rencontres, de Michaël Ferrier

La barrière des rencontres, de Michaël Ferrier, éditions Cécile Defaut.

Le titre de ce livre est emprunté à un passage des « Contes d’Ise » dans lequel deux personnes de sexe et de condition sociale différente ne peuvent communiquer qu’au moyen de poèmes transmis par une petite fille leur servant de messager. Avec cette habile introduction, l’auteur nous donne ainsi d’emblée à méditer un exemple de difficultés de communication entre deux personnes, puis il enchaîne en nous montrant par analogie comment le Japon et la France ont pu échanger, souvent de manière décalée et grâce à divers intermédiaires décodant leurs systèmes culturels ou sociaux si différents.

la-barriere-des-rencontres-2Rudyard Kipling a dit que « l’Est est l’Est, et l’Ouest est l’Ouest, et jamais ils ne se rencontreront ». Michaël Ferrier en nous rappelant cette étonnante citation ajoute que pourtant, depuis tout ce temps, ils se sont rencontrés, à plusieurs reprises, avec notamment le phénomène du Japonisme qui a eu cet impact extraordinaire sur nombre d’artistes français et européens. Toutefois, si « le japonisme artistique fait naître chaque année un nombre impressionnant d’ouvrages de toutes sortes, l’impact de la découverte du Japon pour les lettres françaises reste encore peu connu (…) et mal évalué ». La démarche de Michaël Ferrier, auteur et « passeur de barrières culturelles », consiste donc à nous montrer, à travers plusieurs textes et dans des perspectives variées, l’importance qu’a eue dans la littérature française cette découverte du Japon.

Voici quelques passages ayant particulièrement retenu notre attention.
Dans le « Petit portrait de Lacan en maître zen », cette citation de Lacan lui-même : « Tout le monde n’a pas le bonheur de parler chinois dans sa langue » nous a amené tout naturellement à la réflexion que les Japonais, eux, ont ce « bonheur » par l’intermédiaire des « kanji », ces caractères chinois intégrés dans la langue japonaise et en constituant une part importante et incontournable.

La présentation des écrits de Nakagawa Hisayasu intitulée « La théorie du double éclairage franco-japonais » considérés par leur auteur comme « un essai d’anthropologie réciproque » se propose de trouver « un troisième lieu d’où l’on puisse éclairer (…) les présupposés et les impensés des deux parties ». Cela vient fort à propos nous rappeler l’importance de la symétrie dans les rapports interculturels, tout déséquilibre pouvant être générateur de frustrations.

En outre, nous avons particulièrement apprécié la partie sur Georges Perec intitulée… « Japon mode d’emploi »! Cet auteur, membre de l’OULIPO, est célèbre pour ses recherches sur la langue et ses romans si originaux (La disparition, Les revenentes). On découvre l’importance que le « Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du go » (co-écrit avec Pierre Lusson et Jacques Roubaud) a pu avoir sur la conception du roman « La vie mode d’emploi ».

Le chapitre sur Michel Butor est lui aussi plein d’enseignements sur le plan de la représentation du Japon dans la littérature française. Michaël Ferrier estime que 1967, date du premier voyage de Butor au Japon, est une date importante. Butor « ouvre une porte, ou plutôt fait glisser une cloison, déplie un paravent ». Que ces choses-là sont joliment dites!
Nous y apprenons également que « Butor » est le nom « d’un oiseau tout à fait intelligent, qui séjourne dans les roseaux, « mène une vie solitaire et paisible » mais qui est aussi tourné vers les étoiles sous son appellation latine « butor stellaris », le butor étoilé ».
Ainsi, La Barrrière des rencontres nous permet, outre le plaisir qu’on peut trouver à sa lecture, grâce aux regards de divers auteurs français sur le Japon et à la présentation qu’en fait Michaël Ferrier, de mieux comprendre de nombreux aspects de la culture de ce pays.

Bien évidemment, ce petit texte n’est qu’un aperçu du riche contenu de l’ouvrage et nous espérons que cette présentation vous incitera à le lire.

Christian Bouthier
france-japon.net

Michaël Ferrier est écrivain et professeur à l’Université Chuo de Tokyo ; il collabore à des revues d’art et de japonologie (Art Press, Ebisu, L’Infini…), et est l’auteur de plusieurs textes sur la culture japonaise (La Tentation de la France, la Tentation du Japon: regards croisés (dir.), éd. Picquier, 2003; Le Goût de Tokyo, Mercure de France, 2008; Maurice Pinguet, Le Texte Japon (éd.), Seuil, 2009) et de romans (Kizu, Arléa, 2004; Tokyo, Petits portraits de l’aube, Gallimard [prix littéraire de l’Asie 2005]).

Le portail des bandes dessinées asiatiques sur Wikipédia

Ce portail est consacré à l’ensemble des bandes dessinées et de l’animation asiatique. Il inclut également des types de bandes dessinées particuliers d’autres pays d’Asie. On y parle aussi des dessinateurs, des doubleurs, des réalisateurs ou encore des compositeurs.
À voir ici : Portail:Animation_et_bande_dessinée_asiatiques

Entretien avec Alain Walter, traducteur de « Oku no hosomichi » de Bashô

Voici aujourd’hui un entretien avec Alain Walter qui vient de publier une traduction de Oku no hosomichi, l’Étroit Chemin du fond, le célèbre journal poétique écrit par Bashô au cours de ses voyages à travers le Japon. Cette vidéo sera bientôt suivie d’une deuxième ainsi que d’un compte rendu de lecture. Alain Walter nous fait part de sa passion et du cheminement de sa pensée qui l’ont amené à plusieurs reprises au Japon et à la poésie japonaise. Nul doute qu’après avoir visionné cette vidéo vous aurez envie de découvrir Bashô, considéré comme le plus grand maître de haiku de tous les temps.

Interview d’Alain Walter, traducteur de « Oku no hosomichi » (1) from France-Japon.net on Vimeo.
La traduction d’Alain Walter est accompagnée d’un important appareil de notes et commentaires, indispensable pour saisir les allusions historiques et littéraires, les citations déguisées, les références culturelles, et qui permettra aux débutants en langue et littérature japonaises de mieux apprécier ces poésies. De plus, le texte original est présenté en regard de la traduction, favorisant ainsi la découverte dans le texte pour les amateurs plus aguerris en japonais.
Matsuo Bashô (1644-1694) est resté un des poètes les plus chers au cœur des Japonais qui tous peuvent réciter au moins un de ses tercets ou hokku (que l’on appellera haiku par la suite). Ce fils et frère de samouraï quitta très tôt le service des armes pour se consacrer à l’étude des littératures classiques du Japon et de la Chine et à la pratique du haikai, poésie enchaînée collective très populaire en son temps. Bien vite, il fit entendre une tonalité, un style, un esprit spécifiques, et créa son école appelée le shômon. Bashô, tout en conservant les sujets réalistes, le langage quotidien et l’humour du haikai, y tranfuse l’exigence esthétique et la sensibilité de la poésie classique (waka, renga). Sa manière se caractérise notamment par son attention aux petites choses de la vie et à la profondeur qu’elles recèlent.
Le poète consacra les dix dernières années de sa vie à voyager à travers le Japon pour donner des leçons, établir des cercles de disciples, mais aussi pour renouveler son inspiration et poursuivre sans concession la vérité du monde. Le voyage devint dès lors un pèlerinage et une ascèse mystique. De ces pérégrinations, Bashô tira plusieurs journaux poétiques dont le plus célèbre est L’Etroit Chemin du fond où il consigne et met en œuvre l’essentiel d’un périple à pied de cinq mois dans le nord du Japon, de temples en sanctuaires, de sites géographiques en lieux marqués par les tragédies de l’histoire, à travers un paysage sauvage, montagneux ou marin. Voyage au fin fond du pays, voyage au fond des choses et des êtres, vers le fond de la parole : quête à la fois physique et langagière du Sens et de la Réalité ultime.

Références des livres :
Présentation de BASHÔ, Oku no hoso-michi/ L’Etroit Chemin du fond, texte bilingue, Introduction, traduction, notes et commentaires par Alain WALTER, William Blake & Co. Edit. , 2007, 267 pages
ISBN : 978-2-84103-163-4 / EAN: 9782841031634
Prix : 30 €
Alain Walter est professeur de littérature comparée et enseigne la littérature japonaise classique à l’Université Michel-de-Montaigne-Bordeaux III. Il est auteur de plusieurs livres et essais sur le Japon et la littérature japonaise, notamment Érotique du Japon classique , éd. Gallimard et L’Extrême chemin, éd. Picquier.
Nous avions présenté l’Extrême Chemin peu après sa parution en 2003 ICI.
Pour lire le résumé du livre, cliquez sur « lire la suite ».
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Les Cours particuliers du professeur Tadano, de Yasutaka Tsutsui

Les Cours particuliers du professeur Tadano, de Yasutaka
Tsutsui (Stock) est un livre plein d’humour qui démystifie la profession d’universitaire! À lire absolument pour connaître l’envers du décor des universités japonaises. Tout ce que Tsutsui écrit est vrai! Mais, heureusement, tous les universitaires japonais ne sont pas comme les personnages du roman…

Note : Dans le cadre de la mise à jour de notre site, nous continuons la republication de courts articles de présentation de livres parus dans  le portail précédent.

Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb : le film

Stupeur et tremblements Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n’étais la supérieure de personne […] Donc, dans la compagnie Yumimoto, j’étais aux ordres de tout le monde. L’adaptation, ou plutôt la très fidèle version cinématographique, du roman d’Amélie Nothomb « Stupeur et tremblements » est sortie le 13 mars sur les écrans français. Alain Corneau joue le jeu jusqu’au bout: les dialogues sont en japonais et, à l’exception de Sylvie Testud, les acteurs sont tous nippons! Les personnes allergiques aux V.O. sous-titrées, veuillez donc vous abstenir!… Sauf si vous savez vous contenter de la voix off, celle de Sylvie Testud lisant les passages les plus savoureux du livre.
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Le Japon révélé !

Un nouveau manga.
Au Japon, l’image stéréotype du ‘Gaijin’ (étranger),
américain, extravagant, et incapable de parler japonais
ou de comprendre la société nipponne demeure. Notre
bande dessinée peut être perçue comme une
critique de la société japonaise, mais sans pour
autant être un pamphlet contre le Japon ou ses citoyens.
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