SEJT Réunion du 2 mai 2003

Société des Etudes Japonaises de Tokyo. Entrée libre.
Vendredi 2 mai 2003, à 19 h. (salle 601 de la Maison franco-japonaise). L’antisémitisme au Japon, par Arnaud Nanta, doctorant aux universités de Paris VII et de Tokyo.

Cependant, une mutation dans cet antisémitisme japonais au tournant de la fin des années 1980 et une série d’affaires lors de la décennie suivante nous obligent à estimer qu’il s’agit non pas d’un epiphénomène dans la pensée japonaise mais plutôt d’une tendance de fond, toujours active, toujours présente. L’historiographie récente consacre maintenant des études à ce sujet. A la fin des années 1980, cet antisémitisme passe d’une critique religieuse des Juifs et d’Israël à la négation pure et simple des chambres à gaz et d’Auschwitz. Cette mutation suit de pràs le mouvement négationniste européen et américain (Faurisson, Butz, etc.), mais il existe ici une différence de taille avec l’Europe ou les Etats-Unis : le Japon ne compte pratiquement aucune communauté juive en son sein. Autrement-dit, nous observons un « antisémitisme sans Juifs ».
Dans notre exposé, nous présenterons la mutation de cet antisémitisme de nature religieuse vers un antisémitisme négationniste vers 1986-1990, et nous reviendrons sur l’ « affaire Marco Polo » (1995). Dans un second temps, nous essaierons de réfléchir sur la question de l’Altérité au Japon, et plus précisément sur l’Altérité qui se trouve integrée dans l’image du « Juif » de l’antisémitisme japonais. Derrière l’antisémitisme japonais, il y a la sinophobie.

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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