Conférence de la SEJT du 13 octobre

Voici le résumé de l’intervention du président de l’association, Matthieu Séguéla, qui aura lieu le vendredi 13 octobre, à 19h, dans la salle 601 de la Maison franco-japonaise.
En espérant tous vous voir nombreux, je vous salue bien cordialement.

Franck Michelin

Clemenceau et la ChineDans la longue carrière de Georges Clemenceau (1841-1929), la Chine occupe une place importante, tant sur le plan politique, diplomatique, journalistique que littéraire. C’est en effet à l’occasion des deux guerres franco-chinoises de 1883 et 1885, que Clemenceau se révèle au grand public en incarnant l’opposition au gouvernement de « Ferry le Tonkinois » et en prenant le risque politique de défendre le point de vue chinois. Condamnant l’impérialisme dont est victime l’Empire du Milieu – « la Chine aux Chinois » revendique-t-il – Clemenceau n’a de cesse de réfuter le prétendu « péril jaune » pour mieux souligner la grandeur de la civilisation chinoise.

Toutefois, l’archaïsme du système monarchique de la dynastie mandchoue le conduit à soutenir le Japon de Meiji lors de la guerre de 1894-1895 et à espérer la réussite des tentatives réformistes de 1898 ou le succès de l’activisme révolutionnaire de Sun Yat Sen. En 1900-1901, la Révolte des Boxeurs et les conséquences de l’expédition internationale vont fournir à Clemenceau l’opportunité de mener une véritable campagne de presse (plus de 80 articles) en faveur du peuple chinois et de son indépendance. Cet engagement est d’autant plus intéressant à étudier que la question chinoise mobilise Stephen Pichon, ministre plénipotentiaire à Pékin, un de ses plus proches amis qu’il choisira comme ministre des Affaires étrangères à deux reprises (1906-1909 et 1917-1920). Clemenceau juge d’autant plus durement l’action de la France en Chine qu’il la juge favorable aux intérêts russes et influencée par les missionnaires catholiques. L’engagement sinophile de Clemenceau aura une suite singulière avec l’écriture du Voile du Bonheur, pièce de théâtre écrite en 1901, ayant pour cadre la Chine et pour trame la philosophie confucéenne.
Si, lors de son premier passage au pouvoir (1906-1909), Clemenceau suit avec sympathie les efforts de modernisation du gouvernement chinois, le chaos qui accompagne l’avènement de la République, en 1911, le déçoit, de même que l’attentisme et l’opportunisme du gouvernement de Pékin durant la Première Guerre mondiale. Lors de la Conférence de la Paix de Paris, c’est par pragmatisme que Clemenceau appuie les ambitions du Japon contre la Chine.
Ce n’est qu’une fois retiré de la vie politique, que « le Tigre » va entrer en contact avec le monde chinois lors d’un voyage en Asie du Sud-Est et d’un mémorable séjour à Singapour.

Publié par

Christian Bouthier

Au Japon depuis 1982. Traducteur et interprète.

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