{"id":123,"date":"2009-02-03T20:54:03","date_gmt":"2009-02-03T11:54:03","guid":{"rendered":"http:\/\/sos-parents-japan.org\/?p=123"},"modified":"2009-02-03T20:59:07","modified_gmt":"2009-02-03T11:59:07","slug":"les-charmes-et-les-risques-d%e2%80%99un-mariage-franco-japonais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/2009\/02\/03\/les-charmes-et-les-risques-d%e2%80%99un-mariage-franco-japonais\/","title":{"rendered":"Les charmes et les risques d\u2019un mariage franco-japonais"},"content":{"rendered":"<p>Par Richard DELRIEU<\/p>\n<p>Universit\u00e9 de Kyoto Sangyo<br \/>\nPr\u00e9sident de SOS Parents Japan<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019hommes fran\u00e7ais, s\u00e9duits par la gr\u00e2ce et par la souriante f\u00e9minit\u00e9 des Japonaises, par leur douceur et leur docilit\u00e9 apparentes, r\u00eavent d\u2019un amour, voire d\u2019un mariage avec une femme de ce pays qui les fascine. Certains font une rencontre en France. D\u2019autres, nourris de la culture manga ou passionn\u00e9s d\u2019arts martiaux, de calligraphie, ou encore fascin\u00e9s par la r\u00e9ussite \u00e9conomique du Japon, tentent l\u2019aventure et le grand voyage. Depuis peu arriv\u00e9s dans l\u2019Archipel, il n\u2019est alors pas rare que, peu au courant des diff\u00e9rences dans les notions d\u2019amour et de couple entre nos deux cultures, ni des sp\u00e9cificit\u00e9s de la loi japonaise concernant le mariage et le divorce, beaucoup se retrouvent, s\u00e9duits, la bague au doigt. Des Fran\u00e7aises aussi, en moins grand nombre toutefois \u2014 le m\u00e2le japonais ferait-il moins r\u00eaver ? \u2014 optent pour le mariage international et fondent une famille avec un ressortissant japonais.<\/p>\n<p>Aussi exaltante que puisse \u00eatre cette exp\u00e9rience de mariage interculturel, il faut bien reconna\u00eetre que si celui-ci se cr\u00e9e, dans le meilleur des cas, sur un sentiment sinc\u00e8re, il se fonde presque in\u00e9vitablement, par ignorance, sur des malentendus. Car si l\u2019\u00e9motion amoureuse peut \u00eatre commune, les conceptions de l\u2019amour et du mariage, ainsi que les lois qui les r\u00e9gissent, sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es entre nos deux cultures, et cela ne se d\u00e9couvre, malheureusement, qu\u2019avec le temps et l\u2019exp\u00e9rience\u2026<br \/>\nEn France, dans la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cas aujourd\u2019hui, les futurs \u00e9poux se choisissent librement et par inclination r\u00e9ciproque. Ils choisissent d\u2019unir leurs existences dans le but principal (et peut-\u00eatre id\u00e9al) de se rendre heureux mutuellement. Le couple reste le c\u0153ur de la famille et sa bonne sant\u00e9 affective et sexuelle est garante de l\u2019unit\u00e9 de celle-ci. Pouvoir passer du temps avec son ou sa partenaire, et avec ses enfants, fait partie des priorit\u00e9s de la vie des Fran\u00e7ais. Les consid\u00e9rations mat\u00e9rielles, bien qu\u2019importantes pour l\u2019avenir familial, ne sont pas mises au premier plan dans le choix d\u2019un mari. Les \u00e9pouses, majoritairement, travaillent. Les enfants ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas le but principal du mariage : ils viennent compl\u00e9ter et prolonger le couple. Les p\u00e8res s\u2019impliquent de plus en plus dans les soins apport\u00e9s aux enfants, dans leur \u00e9ducation, et entretiennent avec eux des relations affectives proches et approfondies. La vie de famille est, pour leur plus grand nombre, aussi importante que leur vie professionnelle \u2014 quand ce n\u2019est pas davantage. En cas de s\u00e9paration et de divorce, la loi fran\u00e7aise \u00e9tablit un partage de l\u2019autorit\u00e9 parentale et assure un droit de visite r\u00e9gulier au parent qui ne re\u00e7oit pas la garde des enfants. La non-pr\u00e9sentation d\u2019enfant y est s\u00e9v\u00e8rement punie par la loi et la force publique fait respecter celle-ci. Le divorce entre les parents ne signifie pas le divorce d\u2019un des deux parents avec les enfants.<br \/>\nIl en est tout autrement au Japon. Le nombre de mariages arrang\u00e9s (omiai) reste tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Encore peu de femmes mari\u00e9es travaillent et le choix d\u2019un mari passe par l\u2019examen du montant de son salaire annuel. Selon le magazine \u00e9conomique Aera, 80 % des femmes japonaises posent comme condition que l\u2019homme gagne plus de 6 millions de yens par an (49 000 \u20ac) (1) . Et 70 % des divorces au Japon ont une cause \u00e9conomique \u2014 g\u00e9n\u00e9ralement, la perte d\u2019emploi du mari. Celui-ci attend avant tout d\u2019une bonne \u00e9pouse qu\u2019elle s\u2019occupe bien des enfants et de la maison. Le mariage est ainsi con\u00e7u plus comme une association, voire une entreprise, que comme la r\u00e9union de deux \u00eatres mu\u00e9s par l\u2019amour et par le d\u00e9sir de vivre ensemble pour se rendre mutuellement heureux \u2014 d\u2019o\u00f9 un d\u00e9senchantement probable pour nombre d\u2019\u00e9trangers, une fois pass\u00e9e la lune de miel. En effet, le mariage japonais semble se baser sur des attentes encore, disons-le, assez \u00ab pr\u00e9historiques \u00bb : l\u2019homme chasseur ram\u00e8ne la nourriture tandis que la femme pr\u00e9pare le feu, fait cuire les aliments et s\u2019occupe des enfants au campement. Les r\u00f4les y sont donc bien d\u00e9finis et le conformisme est de r\u00e8gle. Les \u00e9pouses m\u00e8res sont vou\u00e9es \u00e0 leur prog\u00e9niture, et les p\u00e8res, surcharg\u00e9s de travail \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, sont absents et n\u2019entretiennent que des relations lointaines avec leur \u00e9pouse et leurs enfants. Il n\u2019est pas rare que le p\u00e8re travaille et habite \u00e0 plusieurs centaines de kilom\u00e8tres de sa famille, et ne rentre que rarement la visiter, ou pas du tout. L\u2019affectivit\u00e9 entre les \u00e9poux s\u2019\u00e9tiole et la vie sexuelle devient \u00e9pisodique, voire inexistante, apr\u00e8s la naissance du premier enfant \u2014 parfois m\u00eame avant \u2014 , et encore plus si le p\u00e8re vit loin de la famille. Sa relation avec les enfants est, dans tous les cas, improbable. En cas de s\u00e9paration ou de divorce, il semblera alors normal, au Japon, que ce type de relation se perp\u00e9tue et que les ponts soient coup\u00e9s entre le p\u00e8re et ses enfants, comme il le sera entre les \u00e9poux : le divorc\u00e9 devient, en effet, un \u00e9tranger (tanin) pour son ex-conjoint et pour son ex-belle-famille. Notons que 90% des divorces se font au Japon par consentement mutuel \u00e0 la mairie, et que, concernant les enfants, le formulaire de divorce \u00e0 remplir par les \u00e9poux ne permet d\u2019indiquer, sans autre d\u00e9tail, que l\u2019unique parent qui sera d\u00e9sormais d\u00e9tenteur de l\u2019autorit\u00e9 parentale. Restent 10% des divorces : environ 9% vont se r\u00e9soudre en conciliation judiciaire (chotei), et les 1% restants qui ne pourront se mettre d\u2019accord devront avoir recours \u00e0 l\u2019arbitrage d\u2019un juge (shinpan). L\u2019autorit\u00e9 parentale, unique au Japon, est confi\u00e9e, ainsi que la garde des enfants, dans plus de 80 % des cas \u00e0 la m\u00e8re. Le p\u00e8re ne re\u00e7oit en \u00e9change que des devoirs, et principalement celui de payer une pension alimentaire (ce dont les p\u00e8res japonais s\u2019acquittent assez rarement). Mais il n\u2019a, de toute fa\u00e7on, plus aucun droit de regard sur l\u2019\u00e9ducation des enfants, et ne re\u00e7oit que tr\u00e8s rarement du tribunal un droit de visite, qui n\u2019existe pas dans la loi japonaise \u2014 contrairement \u00e0 la Chine ! \u2014 , et dont l\u2019application est soumise, apr\u00e8s le jugement, et dans les faits, \u00e0 l\u2019arbitraire du parent d\u00e9tenteur du droit de garde.<br \/>\nAinsi, il n\u2019est pas rare qu\u2019un des parents (et g\u00e9n\u00e9ralement la m\u00e8re) prenne l\u2019initiative, avant m\u00eame que la s\u00e9paration ne soit d\u00e9cid\u00e9e, d\u2019enlever brutalement les enfants et de se r\u00e9fugier dans sa famille en refusant qu\u2019ils aient d\u00e9sormais le moindre contact avec leur autre parent, tout en r\u00e9clamant une pension. La loi japonaise ne punit pas l\u2019enl\u00e8vement parental et le Japon est le seul pays du G8, avec la Russie, \u00e0 n\u2019avoir toujours pas sign\u00e9 la Convention de La Haye sur les aspects civils des d\u00e9placements illicites d\u2019enfant. Il n\u2019applique pas non plus l\u2019article 9-3 de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant (CRC), dite \u00ab Convention de New York \u00bb \u2014 qu\u2019il a sign\u00e9e le 22 avril 1994 (d\u00e9j\u00e0 15 ans !) \u2014 article qui \u00e9tablit que \u00ab Les Etats parties respectent le droit de l\u2019enfant s\u00e9par\u00e9 de ses deux parents ou de l\u2019un d\u2019eux d\u2019entretenir r\u00e9guli\u00e8rement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant. \u00bb Mieux, c\u2019est le parent qui sera le plus prompt \u00e0 enlever les enfants qui prendra l\u2019avantage sur le plan juridique pour l\u2019attribution de la garde et de la pension.<br \/>\nIl semble assez \u00e9trange que les Consulats fran\u00e7ais n\u2019aient pas, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, dispens\u00e9 d\u2019information aux nouveaux (et aux moins nouveaux) r\u00e9sidents, au sujet des sp\u00e9cificit\u00e9s de la loi japonaise en mati\u00e8re de divorce et d\u2019autorit\u00e9 parentale \u2014 laissant ainsi, pour parler concr\u00e8tement, aller les futur(e)s mari\u00e9(e)s fran\u00e7ais(es) au \u00ab casse-pipe \u00bb. Ce n\u2019est que depuis juin 2008 qu\u2019est apparu, sur le site de l\u2019Ambassade de France \u00e0 Tokyo, un article intitul\u00e9 D\u00e9placements illicites d\u2019enfants \/ non-repr\u00e9sentation d\u2019enfants (2) .\u00a0\u00a0 Encore faut-il aller le chercher\u2026\u00e0 la rubrique Divorce, ce que ne font pas naturellement ceux qui s\u2019appr\u00eatent \u00e0 convoler en justes noces ! (L\u2019information arrive, h\u00e9las, trop tard ! L\u2019inclure aussi \u00e0 la rubrique Mariage de ce site serait pertinent.) Pourquoi, d\u00e8s lors, ne pas distribuer aux r\u00e9sidents\u00a0 une note d\u2019information, sur papier ou par courriel ? La question est assez s\u00e9rieuse pourtant, pour m\u00e9riter qu\u2019on pr\u00e9munisse nos compatriotes : elle concerne l\u2019avenir de tous les enfants franco-japonais. A-t-on peut de f\u00e2cher ? Pr\u00e9f\u00e8re-t-on, en haut lieu, sacrifier ceux-ci aux int\u00e9r\u00eats de la diplomatie (du commerce) ? En clair : nos enfants valent-ils moins que des marchandises ? C\u2019est ce que finissent par penser et par dire certains parents priv\u00e9s ind\u00fbment de leurs enfants, exasp\u00e9r\u00e9s et r\u00e9duits \u00e0 la d\u00e9r\u00e9liction. Certains n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 pr\u00e9voir sous peu des actions radicales, comme des gr\u00e8ves de la faim collectives, pour pousser l\u2019Etat japonais \u00e0 prendre ses responsabilit\u00e9s. Et il sera bien difficile de les en emp\u00eacher. En poussant le raisonnement, on peut aussi se demander s\u2019il est bien l\u00e9gitime et raisonnable de c\u00e9l\u00e9brer ou de valider des mariages internationaux avec des ressortissants d\u2019un pays qui ne signe pas la Convention de La Haye et qui n\u2019applique pas la Convention relative aux droits de l\u2019enfant qu\u2019il a sign\u00e9e. Car on se doute bien que des enfants pourront na\u00eetre de tels mariages, et que bien des drames appara\u00eetront, drames que l\u2019on pourrait \u00e9viter en se montrant, au niveau des \u00e9tats, plus exigeant et plus prudent. La sagesse ne serait-elle pas \u2014 du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais \u2014 de conditionner la validation de ces mariages \u00e0 la signature et \u00e0 l\u2019application de ces conventions internationales ? Il faut arr\u00eater de se boucher les yeux comme les Singes de Nikko !<br \/>\nEn effet, on compte par centaines les cas d\u2019enl\u00e8vement d\u2019enfants binationaux (dont plusieurs dizaines d\u2019enfants franco-japonais) par leur m\u00e8re japonaise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de l\u2019Archipel ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et ramen\u00e9s brutalement au Japon \u2014 enl\u00e8vements qui restent toujours impunis, l\u2019Etat japonais prot\u00e9geant ses ressortissantes. Ajoutons que, contrairement \u00e0 la France, les tribunaux japonais refusent de reconna\u00eetre les jugements de divorce prononc\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 r\u00e9attribuer la garde et l\u2019autorit\u00e9 parentale \u00e0 la m\u00e8re japonaise lorsqu\u2019elle a kidnapp\u00e9 les enfants et les as ramen\u00e9s au Japon par surprise, m\u00eame si un tribunal fran\u00e7ais les avait pr\u00e9c\u00e9demment attribu\u00e9es au p\u00e8re. Lorsque ces faits d\u2019enl\u00e8vement se produisent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du Japon, les juges prot\u00e8gent les m\u00e8res japonaises et ent\u00e9rinent les enl\u00e8vements (idem pour les enfants de couples Japonais Japonais). \u00ab Dans l\u2019archipel, 166 000 enfants, selon des chiffres officiels, sont chaque ann\u00e9e priv\u00e9s d\u2019un de leurs parents (de leur p\u00e8re, en g\u00e9n\u00e9ral).\u00bb \u00e9crivait r\u00e9cemment Michel Temman dans Lib\u00e9ration (3) . Et Thierry Consigny, Conseiller AFE, \u00e9voque, dans ses v\u0153ux sur france-japon.net (4) : \u00ab (\u2026) les associations parentales japonaises qui luttent en faveur d\u2019une justice nipponne plus juste et \u00e9quilibr\u00e9e pour les deux parents. Une vingtaine d\u2019associations japonaises sont maintenant r\u00e9unies en une \u00ab Alliance pour des droits parentaux \u00e9quitables au Japon (AEPJ) \u00bb, qui effectue un intense travail de lobbying politique et m\u00e9diatique. \u00bb. AEJP, avec laquelle l\u2019association SOS Parents Japan\u00a0 , fond\u00e9e par des Fran\u00e7ais, travaille depuis quelques mois d\u00e9j\u00e0 en \u00e9troite collaboration (5).<\/p>\n<p>Il y a quelques jours, le s\u00e9nateur des Fran\u00e7ais \u00e9tablis hors de France, Monsieur Richard Yung,\u00a0\u00a0 adressait une question \u00e9crite \u00e0 Madame la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Rachida Dati :<\/p>\n<p>\u00ab Divorces franco-japonais<br \/>\nM. Richard Yung attire l&rsquo;attention de Mme la Garde des Sceaux, ministre de la justice, sur les difficult\u00e9s tr\u00e8s graves rencontr\u00e9es au Japon par certains ressortissants fran\u00e7ais s\u00e9par\u00e9s ou divorc\u00e9s d&rsquo;avec un ressortissant japonais. Plusieurs drames familiaux d\u00e9coulent actuellement de l&rsquo;application de la l\u00e9gislation nippone. Celle-ci ne reconna\u00eet pas le partage de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale. En cas de divorce au Japon, un seul parent h\u00e9rite de l&rsquo;autorit\u00e9 parentale jusqu&rsquo;\u00e0 la majorit\u00e9 de l&rsquo;enfant (20 ans). Dans plus de 80% des cas, c&rsquo;est \u00e0 la m\u00e8re qu&rsquo;est attribu\u00e9 l&rsquo;exercice de cette autorit\u00e9 apr\u00e8s le divorce. Or, les couples franco-japonais \u00e9tant majoritairement constitu\u00e9s d&rsquo;un ressortissant fran\u00e7ais et d&rsquo;une ressortissante japonaise, ce sont des p\u00e8res fran\u00e7ais qui sont le plus souvent concern\u00e9s par l&rsquo;application de la l\u00e9gislation nippone. En outre, des parents fran\u00e7ais sont aujourd&rsquo;hui priv\u00e9s du droit de voir leur enfant car le droit japonais reconna\u00eet tr\u00e8s rarement le droit de visite et la non-pr\u00e9sentation de l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas sanctionn\u00e9e dans ce pays. Ces pratiques sont contraires \u00e0 la convention internationale des droits de l&rsquo;enfant, que le Japon a sign\u00e9e en 1994 et dont l&rsquo;article 9 stipule que les \u00c9tats parties respectent le droit de l&rsquo;enfant s\u00e9par\u00e9 de ses deux parents ou de l&rsquo;un d&rsquo;eux d&rsquo;entretenir r\u00e9guli\u00e8rement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents. De plus, le Japon ne sanctionne pas l&rsquo;enl\u00e8vement parental et il n&rsquo;a pas encore sign\u00e9 la convention internationale (de la Haye) sur les aspects civils de l&rsquo;enl\u00e8vement international d&rsquo;enfants. Cette situation \u00e9tant pr\u00e9judiciable \u00e0 certains ressortissants fran\u00e7ais, il lui demande donc quelles sont les initiatives que le Gouvernement fran\u00e7ais entend prendre afin de coordonner ou d&rsquo;harmoniser le droit de la famille entre la France et le Japon dans le souci de faire pr\u00e9valoir l&rsquo;int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur des enfants n\u00e9s de couples franco-japonais. \u00bb<\/p>\n<p>Souhaitons que le s\u00e9nateur Yung soit entendu, et que le changement prochain \u00e0 la t\u00eate du Minist\u00e8re de la Justice n\u2019emp\u00eachera pas le suivi de ce dossier.<\/p>\n<p>Souhaitons surtout que la France s\u2019implique davantage dans le sort des enfants franco-japonais kidnapp\u00e9s au Japon \u2014 qui sont des citoyens fran\u00e7ais \u00e0 part enti\u00e8re \u2014 , afin que ces citoyens-l\u00e0 ne soient plus, demain, les laiss\u00e9s pour compte de la R\u00e9publique qu\u2019ils sont encore, h\u00e9las, aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Richard DELRIEU<\/p>\n<p>Universit\u00e9 de Kyoto Sangyo<br \/>\nPr\u00e9sident de SOS Parents Japan<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>NOTES<\/p>\n<p>(1) Cit\u00e9 par le journal LA CROIX du 23\/12\/2008 : Au Japon, l\u2019argent s\u2019invite souvent au centre de la vie de couple, <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/www.la-croix.com\/article\/index.jsp?docId=2360109&amp;rubId=4077<\/span><br \/>\nqui pr\u00e9cise : \u00ab Et 55 %\u00a0 exigent qu\u2019il touche plus de 8 millions de yens (65 000 \u20ac). Or, en 2007, seuls 30 % des hommes gagnaient plus de 6 millions de yens par an et seulement 15 % plus de 8 millions. La proportion diminue pour les hommes jeunes et c\u00e9libataires. \u00bb<\/p>\n<p>(2) <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/www.ambafrance-jp.org\/article.php3?id_article=2847&amp;var_recherche=divorce<\/span><\/p>\n<p>(3) De nombreux articles de presse sont parus ces mois derniers sur ce sujet, tant au Japon qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Voir notamment, en fran\u00e7ais : Au Japon, la garde partag\u00e9e est un combat, par Philippe Mesmer, LE MONDE | 28.07.08 | (encore accessible en ligne sur <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/sos-parents-japan.org\/2008\/08\/02\/au-japon-la-garde-partagee-est-un-combat\/<\/span>) et P\u00e8res, divorc\u00e9s et priv\u00e9s de leurs enfants par Michel Temman, Journal LIBERATION, Monde 12\/01\/2009, <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/www.liberation.fr\/monde\/0101311066-peres-divorces-et-prives-de-leurs-enfants\/<\/span> ou sur <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/sos-parents-japan.org\/2009\/01\/13\/peres-divorces-et-prives-de-leurs-enfants\/<\/span><\/p>\n<p>(4) <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/france-japon.net\/2009\/01\/26\/voeux-de-thierry-consigny-conseiller-a-lafe\/<\/span>, in Droits parentaux \u00e9quitables pour les parents \u00e9trangers.<\/p>\n<p>(5) <span style=\"color: #0000ff;\">http:\/\/sos-parents-japan.org\/<\/span>. SOS Parents Japan a pour but de venir en aide aux parents priv\u00e9s de leurs enfants, en leur fournissant informations, soutien et lieu d\u2019\u00e9changes (forums en fran\u00e7ais, anglais et japonais) et aussi de faire avancer le cadre juridique japonais en vue d\u2019une reconnaissance du droit de visite et du partage de l\u2019autorit\u00e9 parentale apr\u00e8s la s\u00e9paration et le divorce.<\/p>\n<p>(6) Question n\u00b0 07068 adress\u00e9e \u00e0 Mme la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, parue au Journal Officiel le\u00a0 22\/01\/2009.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Richard DELRIEU Universit\u00e9 de Kyoto Sangyo Pr\u00e9sident de SOS Parents Japan Beaucoup d\u2019hommes fran\u00e7ais, s\u00e9duits par la gr\u00e2ce et par la souriante f\u00e9minit\u00e9 des Japonaises, par leur douceur et leur docilit\u00e9 apparentes, r\u00eavent d\u2019un amour, voire d\u2019un mariage avec une femme de ce pays qui les fascine. Certains font une rencontre en France. D\u2019autres, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/2009\/02\/03\/les-charmes-et-les-risques-d%e2%80%99un-mariage-franco-japonais\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les charmes et les risques d\u2019un mariage franco-japonais<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-123","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sos-parents-japan"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=123"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":125,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123\/revisions\/125"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=123"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=123"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.france-japon.net\/sosparentsjapan\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=123"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}