Appréciation des francais parlant japonais par les japonais?

Ici, on parle de la société japonaise, de ses problèmes, ses avantages et ses inconvénients.
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xav243
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Appréciation des francais parlant japonais par les japonais?

Message par xav243 »

Bonjour à tous!

J'ai lu aujourd'hui un article sur "l'enseignement du Japon en France" et durant ma lecture je suis tombé sur une interview d'une japonaise dont la question était :
"Quand les Français parlent japonais, sont-ils appréciés ?"
Sa réponse fut "oui, je le crois"

Je parlais à ce moment là sur msn avec un ami japonais, donc quoi de plus naturel que de lui poser la même question. Ce que je fais. et là grosse surprise! Il me dit que ca dépend, puis après, oui ms seulement si le francais en question parle bien japonais. Je reste bouche bée... Je lui demande tout de même, si ca veut dire que s'il ne parle pas très bien japonais (ce qui est mon cas je trouve) il ne l'appréciera pas? Il met du temps à répondre et me dit qu'il n'aime pas ce genre de question...Je lui explique que j'aimerai savoir car je me sens appartenir à la case "francais qui ne parle pas super bien le japonais donc susceptible de ne pas être apprécié" et que j'aimerai savoir. Et il me répond "ne demandes pas ca à des étudiants en langues (il étudie le francais dans une université de langues)

Voyant visiblement qu'il voulait pas confirmer ma crainte, je l'ai juste remercier de son avis. Et je voulais donc savoir votre avis sur la question?

Pensez-vous que les francais qui parlent japonais (même pas bien) sont appréciés de japonais? (j'ai souvenir au Japon d'avoir été apprécié par tout le monde, et en particulier par lui par certaines paroles qu'il m'a dite (de forte amitié je précise lol), alors je ne sais plus quoi penser...)

En attendant vos avis!

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bcg
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Message par bcg »

Bonsoir,

Je ne réponds pas à ta question mais j'ai remarqué que certains Japonais n'appréciaient pas quelqu'un qui parle couramment et, surtout, comprend tout ce qu'ils disent.

Il va de soi que ce sont des personnes "pas très claires" qui pensent qu'elles ont des choses à cacher!
Je connais pas mal de profs de français dans ce cas, et ce qui est paradoxal, c'est qu'ils n'aiment ni les Français ni la France!

Sinon, avec la plupart des Japonais, pas de problème, quel que soit le niveau de langue. Ils apprécient plutôt qu'on fasse l'effort d'apprendre leur langue et de s'intéresser à eux.
N'oublions pas en effet que les locuteurs de japonais restent peu nombreux même si leur nombre augmente de manière constante ces dernières années.

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yasaka
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Message par yasaka »

Bonjour,

Je n'habite pas au Japon, mais quand j'y suis allé, ou quand je parle avec des Japonais en France, même avec mon niveau moyen (3kyuu), j'entends presque toujours : "Oooooooooooh, joooooooooozuuuuu desu neeeee !!!" alors que je me suis contenté la plupart du temps de dire "hajimemashite" ou "konnichi wa".
Je rejoindrai donc BCG, en disant que les Japonais apprécient les étrangers qui parlent le japonais, car souvent, ils pensent que leur langue est trop difficile à apprendre pour les non Japonais.

Petite anecdote : lors d'un contrôle d'identité à Kyoto, les policiers m'ont félicité pour mon japonais, me disant que je parlais vraiment bien, alors qu'eux même étaient très nuls en anglais, qu'ils s'en excusaient, etc, etc. Jamais vu un contrôle d'identité aussi humble et poli ! :lol:

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keya
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Message par keya »

Je réponds en tant que japonais. Moi, j'apprécierais ce fait si j'étais au Japon. Voir quelqu'un faire des efforts en une langue étranger pour mener à bien la communication interpersonnelle, c'est digne d'être écouté. Je suis suffisamment patient pour pencher mes oreilles à la voix des étrangers parlant ma langue maternelle, et c'est ce que je fais. Pour moi, ce n'est donc pas un problème si mon interlocuteur francophone ou autre me parle japonais.

Or, seulement comme je suis en France, la chose est un peu différente. Ce n'est pas naturel de voir quelqu'un vouloir parler à tout prix japonais. J'ai une malaise similaire avec mon beau-frère qui est un Japonais bilingue (puisque scolarisé en français). Avec lui, j'hésite — lui aussi, je le sens — sur quelle langue on doit parler. Il disait qu'il était quelque peu schzophrène en matière de la communication.

Cependant, je commence à changer mon idée : je me dis que la barière de ne pas parler japonais proviendrait d'une coercition que je me suis imposée sur l'emploi du français, et qu'une telle barrière socio-psychologique est inutile. Mais je ne rencontre peu de Français qui veulent vraiement discuter en japonais (cela revient au français aussitôt…).

Dans tous les cas, mon opinion ne serait pas représentative, étant donné ma situation sociolinguistique.

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bcg
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Message par bcg »

Intéressant, votre témoignage, Keya. Mais les efforts faits pour parler la langue maternelle de son interlocuteur ne sont-ils pas louables en soi quelle que soit la situation géographique (au Japon, en France ou ailleurs)?

Je ne saisis pas bien votre distinction sur le lieu même si je comprends parfaitement que vous souhaitez qu'on vous adresse la parole en français car vous voulez vous perfectionner dans cette langue (enfin, je suppose que c'est votre motivation principale). D'ailleurs vous l'expliquez par le choix que vous vous imposez.
Et le retour au français vient simplement du fait que votre maîtrise de cette langue est probablement supérieure à celle du japonais par vos interlocuteurs. Finalement, c'est assez normal, n'est-ce pas?
keya a écrit :Je réponds en tant que japonais. Moi, j'apprécierais ce fait si j'étais au Japon. Voir quelqu'un faire des efforts en une langue étranger pour mener à bien la communication interpersonnelle, c'est digne d'être écouté. Je suis suffisamment patient pour pencher mes oreilles à la voix des étrangers parlant ma langue maternelle, et c'est ce que je fais. Pour moi, ce n'est donc pas un problème si mon interlocuteur francophone ou autre me parle japonais.

Or, seulement comme je suis en France, la chose est un peu différente. Ce n'est pas naturel de voir quelqu'un vouloir parler à tout prix japonais. J'ai une malaise similaire avec mon beau-frère qui est un Japonais bilingue (puisque scolarisé en français). Avec lui, j'hésite — lui aussi, je le sens — sur quelle langue on doit parler. Il disait qu'il était quelque peu schzophrène en matière de la communication.

Cependant, je commence à changer mon idée : je me dis que la barière de ne pas parler japonais proviendrait d'une coercition que je me suis imposée sur l'emploi du français, et qu'une telle barrière socio-psychologique est inutile. Mais je ne rencontre peu de Français qui veulent vraiement discuter en japonais (cela revient au français aussitôt…).

Dans tous les cas, mon opinion ne serait pas représentative, étant donné ma situation sociolinguistique.

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keya
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Message par keya »

Mais les efforts faits pour parler la langue maternelle de son interlocuteur ne sont-ils pas louables en soi quelle que soit la situation géographique (au Japon, en France ou ailleurs)?
n'y a-t-il pas contradiction avec ceci ? :
bcg a écrit :…mais j'ai remarqué que certains Japonais n'appréciaient pas quelqu'un qui parle couramment et, surtout, comprend tout ce qu'ils disent.Il va de soi que ce sont des personnes "pas très claires" qui pensent qu'elles ont des choses à cacher!
Je ne saisis pas bien votre distinction sur le lieu…
Il me semble que chaque usage langagier s'accompagne d'une dimension socio-psychologique. Par exemple, il m'arrive d'observer que les maghébins changent de langue (arabe-> français), lorsqu'un Français ou autre les croisent. Cela veut dire qu'ils ont un certain complexe vis-à-vis de l'emploi de leur langue en les hiérarchisant selon le lieu (je suppose qu'ils ne font pas pareil dans leur pays).
…même si je comprends parfaitement que vous souhaitez qu'on vous adresse la parole en français car vous voulez vous perfectionner dans cette langue (enfin, je suppose que c'est votre motivation principale).
Je ne pense pas avoir une telle motivation. Ce ne serait probablement pas par le biais d'une conversation ordinaire que je parvienne à améliorer ma compétence linguitique. Il est normal de parler français en France, tout comme c'est normal de parler japonais au Japon, n'est-ce pas ? Mais quand on maîtrise deux ou plusieurs langues, la chose devient un peu compliquée, c'est ce que je voulais dire.

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polopolo
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Message par polopolo »

Voilà un sujet de réflexion très intéressant. Je pense qu'il n'y a pas de réponse toute faite et que de nombreux paramètres sont à prendre en compte.
Si je peux me permettre ce témoignage qui illustre mon propos:
A Paris, je suis dans le métro, et un japonais se dirige vers moi pour demander son chemin. Là, je me mets à baragouiner quelques phrases en japonais. Sa surprise était telle qu'il a entamé une vraie discussion, tout en japonais, et lorsque je revenais malgré moi à l'anglais (toujours ce complexe du langage mal maîtrisé), il m'encourageait clairement à continuer à parler japonais. Ce japonais était un businessman qui venait à Paris pour affaires.
Autre lieu: à Nantes, j'ai eu l'occasion de rencontrer des étudiants japonais. Lorsque je discutais avec eux, on revenait souvent au français, même quand je faisais des efforts pour parler japonais, car le but était pour eux (je suppose) de pratiquer et améliorer leur français.

Je pars bientôt au Japon, et ce problème m'interpelle. Je pense que la distinction par rapport au pays où l'on se trouve est pertinente.
Une personne en position d'"étranger" ne voit pas les choses de la même façon qu'en position d'"autochtone".
Une fois au Japon, je compte bien sûr en profiter pour pratiquer mon japonais, mais est-ce que m'efforcer à tout prix à vouloir parler uniquement japonais (de façon forcément imparfaite dans mon cas) n'embarrasera pas mon interlocuteur? Est-ce que cela ne paraîtra pas trop prétentieux?

Cela dépend également de la façon dont la discussion est amenée. Le japonais qui demande son chemin et découvre que je parle un peu japonais est surpris voire enthousiasmé. Mais qu'aurait-il pensé d'un français l'abordant en japonais sous je ne sais quel prétexte (qui est en fait celui de pratiquer son japonais...)? Je comprend qu'il puisse être embarassé.

Quelle attitude devrais-je adopter au Japon? Vaut-il mieux me "glisser" progressivement dans quelques discussions en japonais de façon hésitante et humble, où puis-je m'adresser directement aux japonais de façon maîtrisée et confiante, quitte à faire des erreurs, pour montrer ma volonté d'apprendre?

J'espère ne pas avoir été trop tordu dans mon raisonnement et mon expression, mais ce sujet mérite en tout cas d'être approfondi.

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Hachiryu
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Message par Hachiryu »

Discussion très intéressante, parceque l'usage ou le confort dans l'usage de telle ou telle langue touche à la psychologie, et peut quelquefois entrainer des réactions un peu paranoiaques. Il faudrait que tu relises le sujet
lien ici

D'après mes propres expériences, beaucoup de Japonais sont prêts à s'extasier si un étranger prononcent quelques mots dans leur langue, mais je ne suis pas sûre que tous soient contents que l'on parle leur langue surtout si on maltraite cette langue. Le problème c'est qu'ils ne le diront pas à leur interlocuteur....
En fait j'ai l'impression qu'on reçoit plus de compliments quand on a un niveau médiocre que quand on a atteint un niveau confirmé tout en ne pouvant pas encore parler parfaitement. En France, on entend à la radio par exemple des interviews d'étrangers travaillant en France dans des postes très élevés et dont la maîtrise du français n'est pas encore parfaite mais l'interview passe telle quelle. Au Japon, si un étranger s'exprime en japonais à la télé par exemple, son japonais est en général pratiquement parfait (sauf pour ceux dont le but est de faire rire).
Je crois que beaucoup de Japonais sont très sensibles au ridicule dans certains domaines et qu'ils peuvent se sentir gênés devant des personnes qui font fautes sur fautes en japonais.

Les remarques de Polopolo et Keya sur les relations entre les lieux et la pratique de la langue sont très justes. Moi, j'ai énormément de mal à parler japonais avec un français devant des japonais et même si ces japonais ne comprennent pas le français (l'exemple type étant un ou une française avec un conjoint japonais qui ne parle pas français...).

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ELTdG
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Message par ELTdG »

bsg a écrit :Je connais pas mal de profs de français dans ce cas, et ce qui est paradoxal, c'est qu'ils n'aiment ni les Français ni la France!
Le français aime bien médire... surtout quand le sujet de ses médisances ne comprend pas un traitre mot des dites médisances. Ceci expliquerait-il cela ? On parle de français <i>tatamisés</i> ou de français qui non contents de médire la France et ses habitants médisent aussi le Japon ?
yasaka a écrit :Je rejoindrai donc BCG, en disant que les Japonais apprécient les étrangers qui parlent le japonais, car souvent, ils pensent que leur langue est trop difficile à apprendre pour les non Japonais.
Hachiryu a écrit :D'après mes propres expériences, beaucoup de Japonais sont prêts à s'extasier si un étranger prononcent quelques mots dans leur langue, mais je ne suis pas sure que tous soient contents que l'on parle leur langue surtout si on maltraite cette langue. Le problème c'est qu'ils ne le diront pas à leur interlocuteur....
Parce que cela maltraite la doctrine selon laquelle seuls les japonais comprennent parfaitement le Japon et sa culture, dont la langue fait partie ? Je sens qu'on s'avance en terrain miné avec cette question.
Hachiryu a écrit :En fait j'ai l'impression qu'on reçoit plus de compliments quand on a un niveau médiocre que quand on a atteint un niveau confirmé tout en ne pouvant pas encore parler parfaitement.
Je confirme. Les compliments sont généralement inversement proportionnels au degré de maitrise du Japonais. C'est peut-être un encouragement à ne pas abandonner dès le début. Au delà d'un certain niveau, on passe les compliments et on saute directement à des questions du genre "tu vis au Japon depuis combien de temps ?"
Hachiryu a écrit :En France, on entend à la radio par exemple des interviews d'étrangers travaillant en France dans des postes très élevés et dont la maîtrise du français n'est pas encore parfaite mais l'interview passe telle quelle. Au Japon, si un étranger s'exprime en japonais à la télé par exemple, son japonais est en général pratiquement parfait (sauf pour ceux dont le but est de faire rire).
Parce qu'il n'y en a pas au japon ? (je polémique...)
Hachiryu a écrit :Je crois que beaucoup de Japonais sont très sensibles au ridicule dans certains domaines et qu'ils peuvent se sentir gênés devant des personnes qui font fautes sur fautes en japonais.
Oui ou parce qu'ils n'ont pas l'habitude d'entendre parler un étranger et que si celui-ci fait des fautes, ils seront généralement moins prompts à faire l'effort nécessaire de compréhension.

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Cable
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Message par Cable »

bsg wrote:
Je connais pas mal de profs de français dans ce cas, et ce qui est paradoxal, c'est qu'ils n'aiment ni les Français ni la France!

Le français aime bien médire... surtout quand le sujet de ses médisances ne comprend pas un traitre mot des dites médisances. Ceci expliquerait-il cela ? On parle de français tatamisés ou de français qui non contents de médire la France et ses habitants médisent aussi le Japon ?
J'avais compris que le commentaire de bcg était à destination des profs de français japonais; en effet, les japonais connaissant la France et les français souvent ("parfois" ?) ne tarissent pas de critiques plus sévères les unes que les autres envers leur (ex) pays d'accueil et ses habitants.

Pour la médisance, les français ont une grosse gueule qui fait que leurs médisances sont remarquées, mais ils n'en ont sûrement pas le monopole. Les japonais sont loin d'être tous gentils avec tout le monde, mais ils y mettent plus de formes. Le fond est le même à peu de choses près.

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bcg
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Message par bcg »

Bonjour,

Le rapprochement entre ma citation et le commentaire de ELTdG me fait me demander s'il y a un malentendu sur ce que j'ai voulu exprimer.

Il ne s'agit pas de médisance de ma part mais d'un constat. Je rectifie en disant qu'il ne s'agit probablement que d'un faible nombre de Japonais profs de français (en tout cas, je l'espère!). J'avais écrit "pas mal" parce qu'à une certaine époque il s'en trouvait plusieurs dans mon entourage et que c'était un peu pénible. Tout était prétexte à qualifier les Français de néo-colonialistes, etc. J'ai dû prendre mes distances.

Tout ceci nous éloigne sans doute du sujet initial mais je tenais à faire cette petite mise au point.
ELTdG a écrit :
bsg a écrit :Je connais pas mal de profs de français dans ce cas, et ce qui est paradoxal, c'est qu'ils n'aiment ni les Français ni la France!
Le français aime bien médire... surtout quand le sujet de ses médisances ne comprend pas un traitre mot des dites médisances. Ceci expliquerait-il cela ? On parle de français <i>tatamisés</i> ou de français qui non contents de médire la France et ses habitants médisent aussi le Japon ?...

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Terao
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Message par Terao »

Tous le monde a fait des remarques très justes dans leur contexte.

J'ajouterais juste une petite chose au sujet de la maitrise de la langue. Un étranger, et surtout un occidental attirera la curiosité au Japon et aura presque plus de facilité à se faire des amis, tant et si peu qu'il soit sociable.
Cependant cela est aussi sûrement du au fait que l'on fréquente souvent des gens proches de son pays au début et donc qui ont un intérêt pour le pays d'ou l'on vient et la langue que l'on parle. Mais une fois que l'on arrive enfin à parler, ou du moins qu'on essaie de parler cette langue tous les jours avec ces personnes-là, ils y en a certaines qui se désintéressent de l'étranger (je me suis permis de le désigner parfois par "on" dans les phrases précédentes).

Ceci dit l'endroit et l'occasion ou l'on rencontre la personne sont également un facteur important. Je peux cependant vous dire que les japonais qui étudient le français comme spécialité à la fac japonaise (PS:je donne les exemples des facs que j'ai fréquentées, l'Université de Nagoya et l'Université des langues étrangères de Tokyo) ne voulaient absolument pas devenir amis avec moi quand ils ont compris que je n'étais pas venu parler français. C'était plutôt une agression de leur puisqu'ils ne me laissaient pas parler en japonais et qu'ils ne me parlaient pas une seconde en japonais.

Un de mes sempai de ma fac en France m'a dit un jour "quand tu parles couramment japonais, les japonais ne cherchent plus à devenir amis avec toi". C'est bien sûr très exagéré, mais il y a un peu de vrai en ce qui concerne certains japonais, autrement dit les "gaikokukabure".

Ce genre de personnes existent aussi en Europe mais est moins répandu, si j'en juge par mes expériences.

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Message par xav243 »

Merci beaucoup pour toutes ces réponses extrêmement interessantes!

>terao, de ton message je vois beaucoup de rapports avec des japonais qui ne vont vers toi, ou une autre personne que parce que vous êtes français et ils souhaitent améliorer leur français avec vous. La preuce étant que si tu ne parles pas français avec eux, ils te fuient...Je ne vois pas d'amitié la-dedans. Tout est par intérêt (de mon point de vue)

Concernant les éloges sur la maîtrise du japonais au début et la rareté progressive de ces derniers au fur et à mesure de l'amélioration du japonais, je suis, malheureusement d'accord. Avant à chaque mot prononcé c'était l'émerveillement, mais maintenant j'en ai beaucoup moins. C'est devenu normal pour eux on dirait. C'est dommage car ça motive moins du coup...

J'ai posé la question (à savoir appréciez-vous un étranger qui fait des efforts pour parler japonais?) à d'autres japonaises (j'avoue c'était que des filles) et pour elles c'était très mignon un étranger parlant japonais, avec les fautes commises, l'accent, etc...

Peut-être que les japonais sont plus conservateurs et moins enclins à apprécier des étrangers parlant leur langue que les japonaises? (phrase à haut risque, je sais)

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ELTdG
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Message par ELTdG »

Si la discussion continue dans ce sens-là, on va vite déboucher sur le premier précepte du <i>gaijin parasite</i> qui est :
Manuel du Parasitisme au Japon a écrit :Si tu veux obtenir de l'aide ou de la complaisance de la part d'un japonais, mieux vaut parler mal et avec un fort accent et surtout ne pas être accompagné par un autre japonais ou une personne maîtrisant la langue.

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kansaijin
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Message par kansaijin »

ELTdG a écrit :Si la discussion continue dans ce sens-là, on va vite déboucher sur le premier précepte du <i>gaijin parasite</i> qui est :
Manuel du Parasitisme au Japon a écrit :Si tu veux obtenir de l'aide ou de la complaisance de la part d'un japonais, mieux vaut parler mal et avec un fort accent et surtout ne pas être accompagné par un autre japonais ou une personne maîtrisant la langue.

De l'aide, je ne pense pas, il suffit de demander poliment, en ce qui me concerne et ils sont toujours tres aimables et admiratifs que je parle leur langue.

Mais il y a ceux qui se servent des gaijins tout frais debarques pour tester leur anglais, et ca :x d'ailleurs j'en avais deja parle.
Je reviens encore une fois sur ce monsieur a Kyoto parque qu'il est un exemple type. Grand sourire avec un "where do you come from" avec un accent lourd (heureusement que j'ai l'habitude du japanese english), et je lui repond que non non, moi je ne suis pas une touriste, j'habite pas loin, et...je parle aussi japonais. Il a ete embarrasse, visiblement decu et m'a repondu "naaan da, shaberunda" (ah mince, elle parle), a fait un signe de la main pour s'excuser et a accelere le pas.

Moi, je dirais, les japonais generalement aiment les gaijin qui parlent
ANGLAIS, parce qu'ils rentrent dans le moule, le stereotype, c'est l'ordre des choses, le gaijin avec tout ce qui va avec, tout ce qui le definit.
Et de preference aussi qui ne connait pas le Japon. Ils ont un cote pionnier, a aimer entamer des feuilles blanches, ca a l'air tres attractif que LA connaissance vienne d'eux. Ils nous voir etonnes, culturellement "choques", a pousser des cris d'etonnement comme ils aiment bien le faire. A se promener aussi avec nous, comme des especes d'accessoires. Ca donne un certaint statut de faire "kokusaika" en balladant un gaijin (encore mieux si celui-ci les invite aux States ou autre part), en montrant qu'on sait parler anglais, qu'on sait etre un guide parfait.
Mais s'il parle, s'il connait un tas de choses mon dieu, il n'est plus interessant le gaijin, viennent les contraintes des differences de valeurs,
de fonctionnement. Et puis il n'a plus envie de parler d'interculturel.
Et c'est CA qui est interessant, et surtout au premier degre.

Les commercants, l'administration, oui, ils apprecient beaucoup que le gaijin de qui ils ont eu peur puisse parler le japonais, ils en sont tres soulages, enfin presque, moi, je vois toujours une lueur d'apprehension dans leur yeux.

Voila donc pourquoi en parlant le japonais et en connaissant le Japon perd considerablement de son interet. De la a dire qu'ils ne nous aiment pas a cause de ca, non.
Apres, ceux qui veulent medire, je ne sais pas, je n'ai jamais ressenti ca.
Peut-etre parce que je ne travaille pas en entreprise ?

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Hachiryu
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Message par Hachiryu »

Les remarques concernant le fait que certains Japonais aiment bien aborder et parler avec des étrangers pour leur apprendre quelque chose, dans le cas ou cet étranger ne parle pas ou presque pas japonais, ou obtenir d'eux des cours de langue étrangère, me semblaient vraies quand je ne parlais pas moi-même bien japonais .
Maintenant j'ai de plus en plus le sentiment que beaucoup de japonais et surtout les jeunes qui ont eu plus de contacts avec des étrangers, ne serait-ce que par leur prof d'anglais au collège et lycée, trouvent normal que l'on parle japonais. Dans les magasins, le club de sport que je fréquente etc.... les jeunes qui y travaillent ne m'ont jamais demandé de leur parler en anglais, ne me demandent même pas d'où je viens. Les autres parents que je côtoie à travers l'école de mes enfants, les professeurs, trouvent normal que je ne leur demande pas un traitement de faveur, je sens très fortement qu'ils ne me donnent absolument pas de traitement de faveur, c'est peut-être un signe favorable d'ailleurs, je trouve, un signe d'intégration, même si je sais que mon japonais est loin d'être très bon. Maintenant, lorsque je fais des fautes, je vois que les personnes en face les remarque, ils ne me corrigent pas, mais je sens qu'il trouve cela dommage. Je trouve que le fait de sentir une attente de leur part, de me faire sentir que je les déçois d'une certaine manière en maltraitant leur langue est un signe d'encouragement.
Et, je ne parle pratiquement jamais de la France ou des différences culturelles sauf avec des personnes que je ne connais pas très bien. Avec mes amis, on discute du Japon, des problèmes sociaux et politiques exactement comme ils le feraient si je n'étais pas française.
Autrement dit, je crois qu'il faut se méfier de penser que les Japonais sont fascinés par les étrangers (ou l'Etranger d'ailleurs, il paraît que le nombre de jeunes japonais allant voyager à l'étranger n'a jamais été aussi bas, selon une récente étude de l'association des voyagistes japonais) et nous sont reconnaissants de parler leur langue, ou même qu'ils sont admiratifs. C'était peut-être vrai il y a d'assez nombreuses années, mais ça l'est de moins en moins et tant mieux.

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ELTdG
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Message par ELTdG »

kansaijin a écrit :De l'aide, je ne pense pas,
Désolé, je n'ai pas été suffisamment clair, quand je disais aide en parlant de parasitisme, je pensais à "traitement de faveur", comme par exemple : droit de faire demi-tour à une sortie d'autoroute sans payer (de supplément) et avec l'aide du préposé qui enlève les plots parce qu'on a manqué son embranchement, ou droit de sortir de la gare sans avoir à rechercher son billet qu'on a oublié dans le train... etc...

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kansaijin
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Message par kansaijin »

Bon, il ne faut pas non plus se permettre trop de traitements de faveur.
Mais je ne crois pas que ceux-ci aient un rapport avec le fait de parler japonais ou non.

Shizuka-jp
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Message par Shizuka-jp »

Hachiryu a écrit :même si je sais que mon japonais est loin d'être très bon.
Je te trouve trop modeste, sinon je suis tout à fait d'accord avec tout ce que tu dis.

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Message par kansaijin »

Hachiryu a écrit :Les remarques concernant le fait que certains Japonais aiment bien aborder et parler avec des étrangers pour leur apprendre quelque chose, dans le cas ou cet étranger ne parle pas ou presque pas japonais, ou obtenir d'eux des cours de langue étrangère, me semblaient vraies quand je ne parlais pas moi-même bien japonais .
Maintenant j'ai de plus en plus le sentiment que beaucoup de japonais et surtout les jeunes qui ont eu plus de contacts avec des étrangers, ne serait-ce que par leur prof d'anglais au collège et lycée, trouvent normal que l'on parle japonais. Dans les magasins, le club de sport que je fréquente etc.... les jeunes qui y travaillent ne m'ont jamais demandé de leur parler en anglais, ne me demandent même pas d'où je viens. Les autres parents que je côtoie à travers l'école de mes enfants, les professeurs, trouvent normal que je ne leur demande pas un traitement de faveur, je sens très fortement qu'ils ne me donnent absolument pas de traitement de faveur, c'est peut-être un signe favorable d'ailleurs, je trouve, un signe d'intégration, même si je sais que mon japonais est loin d'être très bon. Maintenant, lorsque je fais des fautes, je vois que les personnes en face les remarque, ils ne me corrigent pas, mais je sens qu'il trouve cela dommage. Je trouve que le fait de sentir une attente de leur part, de me faire sentir que je les déçois d'une certaine manière en maltraitant leur langue est un signe d'encouragement.
Et, je ne parle pratiquement jamais de la France ou des différences culturelles sauf avec des personnes que je ne connais pas très bien. Avec mes amis, on discute du Japon, des problèmes sociaux et politiques exactement comme ils le feraient si je n'étais pas française.
Autrement dit, je crois qu'il faut se méfier de penser que les Japonais sont fascinés par les étrangers (ou l'Etranger d'ailleurs, il paraît que le nombre de jeunes japonais allant voyager à l'étranger n'a jamais été aussi bas, selon une récente étude de l'association des voyagistes japonais) et nous sont reconnaissants de parler leur langue, ou même qu'ils sont admiratifs. C'était peut-être vrai il y a d'assez nombreuses années, mais ça l'est de moins en moins et tant mieux.

J'ai plutot l'impression que c'est un reflet de ce qui DEVRAIT etre. Et la tu nous cites ton exemple dans ta situation d'integree, qui, je suppose a du prendre son temps. Or, celui qui pose la question a voulu savoir comment etait percu GENERALEMENT le fait de parler le japonais par un etranger qui arrive au Japon. Moi, generalement, je constate soit une surprise demesuree, un agacement, une deception, un soulagement, plus rarement, une joie, ou un amalgame de tout plus ou moins dose.. Mais je constate qu'il preferent le gaijin bien a sa place dans tous les prejuges qu'ils se font (nous savons bien que les japonais aiment les "set"!).
Apres, il leur faut une certaine periode d'adaptiation pour tisser des relations avec ceux avec qui tu as des affinites ou tes collegues.
Mais, meme mes amis, il ne se passe pas une journee sans qu'il faille faire allusion a la France ou a un mot de francais. Et il faut que je fasse de la resistance pour ne pas qu'ils m'emmenenet systematiquement dans un restaurant francais. Moi je prefere thai, japonais, indonesien, enfin quelque chose d'original si deja je sors, ou une bonne izakaya, mais ca, ils ont un peu de mal a l'avaler aussi ! 8)
Pour la fascination, oh que si ! une espece de fascination teintee d'apprehension, de curiosite, voire d'admiration, meme dans le Kansai !
Evidemment ils savent se tenir, et regarder discretement et poliment, mais je vois bien leur regard en coin dans le train, juste la pupille qui tourne sous la paupiere mi-close et qui s'illumine dans ma direction. Pour te dire, dans mon quartier, tout le monde me connait de vue, meme sans m'avoir parle. (dixit des gens qui connaissent des gens qui habitent dans mon quartier )
On passe peut-etre inapercu dans le contexte de l'enseignement ou on se melange a nos congeneres ou dans les temples de Kyoto, mais pas dans le quotidien, on est pas encore a Paris.

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