Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne [...] Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde.
L'adaptation, ou plutôt la très fidèle version cinématographique, du roman d'Amélie Nothomb "Stupeur et tremblements" est sortie le 13 mars sur les écrans français. Alain Corneau joue le jeu jusqu'au bout: les dialogues sont en japonais et, à l'exception de Sylvie Testud, les acteurs sont tous nippons! Les personnes allergiques aux V.O. sous-titrées, veuillez donc vous abstenir!... Sauf si vous savez vous contenter de la voix off, celle de Sylvie Testud lisant les passages les plus savoureux du livre.
Aux scènes d'intérieur tournées dans des bureaux du quartier de la Défense à Paris, viennent se greffer régulièrement des vues aériennes de Tokyo qui nous permettent d'admirer cette ville tentaculaire sous un angle flatteur à chaque fois qu'il prend à l'héroine l'envie irrésistible de se " défenestrer ".
L'histoire, un brin caricaturale, nous dépeint le fonctionnement d'une entreprise japonaise et met en relief avec humour, extravagance et parfois amertume les différences abyssales qui existent entre le monde du travail japonais et le monde du travail occidental. L'incompréhension mutuelle dont les protagonistes font les frais devient alors un formidable prétexte pour la narratrice et héroine pour s'enfoncer dans des délires certes déconcertants mais, ô combien! délectables pour le spectateur. Du thème de la hiérarchie, en passant par celui de la réussite professionnelle des femmes, de la jalousie, jusqu'à celui des brimades, de nombreux aspects des relations humaines dans les compagnies japonaises sont ainsi abordés.
Il faut, par ailleurs, souligner la remarquable prouesse accomplie par Sylvie Testud qui a passé les trois mois précédant le tournage à répéter inlassablement son texte et à étudier le japonais plus de 6 heures par jour. Ce texte que l'actrice a appris, puis oublié, puis repris plus tard, le temps de le laisser mûrir dans son inconscient, est effectivement fort bien intériorisé et son jeu est également très juste.
Les pièces de Bach pour clavecin interprétées par Pierre Hantai rappellent la passion du réalisateur de "Tous les matins du monde" pour la musique baroque. Si le rapport entre le monde occidental baroque et la civilisation japonaise moderne n'est pas évident, il n'en reste pas moins vrai qu'un charme inattendu se dégage de cette combinaison dans laquelle la musique a une existence propre.
C'est donc 1h47 de détente, et pourquoi pas de réflexion, que nous offre ce film que vous pouvez aller voir en France ou à l'étranger, notamment au Japon oû il doit être présenté au Festival de Yokohama en juin 2003.
Claude de Quinty
Passeport pour l'amour -multilingue- de J.
Duhamel
Dessins de Wolinski (Belfond). Le glossaire en japonais vous sera certainement utile pour affiner votre pratique de la langue...
Otaku, les enfants du virtuel, d'E. Barral
Otaku, les enfants du virtuel, d'Etienne Barral (Denoël). Pour une meilleure compréhension des jeunes Japonais et du phénomène "Otaku".
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Japonaises, la révolution douce, d'A. Garrigue
Les Japonaises d'aujourd'hui ne sont plus celles que vous croyez! Une remarquable présentation de la nouvelle génération féminine nipponne. (éd. Picquier)
Guide 2004-2005 des restaurants japonais de Paris
Si vous n’avez pas encore succombé aux charmes de la cuisine japonaise, laissez Jiloshi Gracamoto vous conduire parmi les effluves de la gastronomie nippone. Qualité gustative, cadre et prix sont jugés dans plus de 300 restaurants et 30 traiteurs de la capitale. Un lexique permet aux néophytes et aux curieux de reconnaître rapidement la composition des plats. Quant aux adeptes du sashimi, yakitori et autre shoga confit, ils retrouveront avec plaisir leurs meilleures adresses qu’ils pourront comparer à d’autres en choisissant le classement des restaurants par spécialités. Le nouveau Guide 2004-2005 des restaurants japonais de Paris est à mettre dans les poches de tous les gourmets.
Les Cours particuliers du professeur Tadano, de Y. Tsutsui
Les Cours particuliers du professeur Tadano, de Yasutaka Tsutsui (Stock). Un livre plein d'humour qui démystifie la profession d'universitaire! A lire absolument pour connaître l'envers du décor des universités japonaises.
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Stupeur et tremblements - le livre (d'A. Nothomb)
(Albin Michel). Les mésaventures d'une jeune Belge dans une entreprise japonaise.
Voir aussi l'article sur le film.
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Courtisanes du Japon, de Jean Cholley
Pénétrez, gràce à ce livre, dans le monde mystérieux du quartier des plaisirs d'Edo (l'actuel Tôkyô)! Textes traduits et présentés par Jean Cholley.
Pour nous initier aux us et coutumes de Yoshiwara, car c'est ainsi que se nomme ce célèbre quartier, Jean Cholley a essentiellement utilisé des senryû, courts poèmes satiriques d'environ dix-sept mesures, tirés de trois recueils dont la rédaction s'étend du XVIIIe au XIXe siècle. Mais ne croyez pas que ce livre se résume à une suite rébarbative de poèmes! Ceux-ci constituent, en réalité, une sorte de fil conducteur qui illustre chaque situation et nous guide sur le parcours long et semé d'embûches allant de la Digue du Japon jusque dans l'intimité des maisons des courtisanes. Les principes fondamentaux du fonctionnement du quartier comme les anecdotes s'y rapportant sont abordés sous l'angle de la "joyeuse étude" ainsi que le dit lui-mÍme l'auteur, ce qui distrait des "discours socio-historiques " ou des "dénonciations à prétention morale" jusqu'alors proposés sur le sujet...
Les différents prétextes donnés par le mari à son épouse pour s'échapper épisodiquement du foyer et aller s'encanailler à Yoshiwara, les diverses façons d'atteindre la Digue, les conditions requises pour être introduit auprès du tenancier d'un établissement, les étapes indispensables et fort coûteuses avant d'en venir au vif du sujet, les moyens très efficaces pour faire payer au petit matin les clients qui ne s'étaient pas pourvus de suffisamment d'argent, la provenance des courtisanes, qui contrairement à ce que l'on croit parfois n'étaient pas volontaires, ainsi que leur sort à la fin de leur "contrat", la variété des types de clients, la hiérarchie parmi les courtisanes, tous ces aspects sont présentés, expliqués et commentés à la lumiàre d'un peu plus de trois cent cinquante senryû soigneusement séléctionnés.
Après la lecture de cet ouvrage passionnant, ceux qui, parmi vous, auront l'occasion de se rendre à l'endroit de ce qui fut pendant près de trois cents ans, de 1656 à 1958, le quartier des courtisanes, constateront que le fameux saule est toujours présent, que la courbe du chemin ainsi que quelques vestiges de constructions anciennes sont encore visibles et pourront, de cette manière, essayer de se représenter mentalement l'atmosphère d'alors.
Signalons, par ailleurs, pour les personnes pouvant lire le japonais, un site donnant des informations et, surtout, les cartes actuelles et anciennes du quartier, très pratique pour repérer les lieux! :
http://www.zdnet.co.jp/magazine/kurashi/edo/edo_03.html
Claude de Quinty
Courtisanes du Japon
Textes traduits et présentés par Jean Cholley, éditions Philippe Picquier
L'extrême chemin, Alain Walter, éd. Picquier
Cet excellent roman historique, qui se situe dans le Japon du XVIIème siècle, nous introduit au coeur du conflit philosophique et politique qui opposa les missionnaires jésuites aux penseurs bouddhistes et confucéens de l'époque d'Edo. Trois destins sont racontés : celui d'un couple d'adultères fugitifs ; celui d'un jésuite espagnol d'origine juive ; celui d'un poète vagabondant à travers son pays. Chacun suit son "chemin" jusqu'au point le plus "extrême". A un certain moment, au hasard d'une auberge, ils se rencontrent, se devinent, puis repartent vers leurs accomplissements respectifs. Ces trois cheminements ne sont donc pas juxtaposés, mais au contraire se tissent les uns aux autres, s'éclairant ainsi réciproquement. Passion opaque et rythme de cape et d’épée alternent avec la présence essentielle et évanescente du monde recueillie par le poète pèlerin, avec l’âpreté des dialogues et polémiques philosophiques. Plus particulièrement, le romancier s’est attaché à représenter avec précision la controverse philosophique entre christianisme d'une part, bouddhisme et confucianisme d'autre part; l'enjeu politique de la mission jésuite, ses implications contradictoires dans un pays qui, au terme d'un siècle de guerres civiles, accédait à un régime militaire hégémonique, absolutiste, préparant le Japon moderne. Il s'agit donc d'un "roman historique" très documenté, écrit aussi de l'intérieur, à partir de la connaissance que l’auteur a de la littérature classique japonaise, mais d'abord de son expérience intime du Japon, de ses paysages, de ses habitants.
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Le château ambulant de Howl
La magie des grands dessins animés japonais est de nouveau à l'affiche ce noel avec "Le château ambulant de Howl" ("Ha-u-ru no ugoku shiro"), de Miyazaki.
Dans la grande tradition de « Princesse Mononoké » et du « Voyage de Chihiro », ce livre est une adaptation du roman de Diana Wynne Jones.
Ma fille de 14 ans a beaucoup aimé, tous les enfants de 7 à 77 ans l'adoreront aussi.
Voici deux extraits de critiques de la Mostra de Venise:
Ignorant la guerre qui se prépare au dehors, Sophie, une jeune fille solitaire, fabrique sans joie des chapeaux dans la boutique qui appartenait à son père. Lors d’une de ses rares sorties en ville, elle rencontre le magicien Howl qui la protège contre une attaque de démons sombres et visqueux. Fascinée par le charisme et la beauté de Howl, Sophie essaie de reprendre ses esprits quand la Sorcière du Gâchis, renseignée par ses démons et piquée par la jalousie la transforme en vieille femme. Sophie s’enfuit avec difficulté dans la montagne à la recherche du château mobile de Howl…
Critique : CQFD. Une fois tombé dans l’univers merveilleux de Monsieur Miyazaki, il est très difficile d’en sortir. Ces films sont autant d’élixirs de pur bonheur, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres. Et ce dernier opus, après les succès planétaires de « Princesse Mononoke » et du « Voyage de Chihiro », le prouve une fois de plus. Mais cette fois-ci, l’aventure paraissait presque risquée pour le studio Ghibli : seulement deux ans d’attente au lieu de cinq ou six pour ce long métrage « Howl’s Moving Castle » adapté du livre éponyme, grand succès de la littérature pour enfants.
_/_/ Delphine Valloire _/_/
Comme toujours, l’histoire prend place dans un pays imaginaire, un puzzle de cartes postales venues d’Autriche, d’Allemagne ou d’Alsace, avec de petites maisons à colombages, des crinolines et des jeunes hommes en uniforme début de siècle qu’on croirait échappés d’un film de Max Ophuls. Sophie l’héroïne échappe à une existence morose en une rencontre. Le magicien Howl, à la beauté androgyne, qui semble inspiré à la fois par Albator et David Bowie période Glam Rock la sauve de démons puis la recueille lorsqu’elle n’est plus qu’une vieille dame rigolote et têtue. Au fil des rebondissements, une drôle de famille se compose dans le château tarabiscoté de Howl : un petit garçon, le feu Calcifer râleur mais sensible, un magicien un peu lunatique, Sophie, un chien asthmatique, une grand-mère obèse un peu gaga et un épouvantail affable.
Si le film est irracontable c’est qu’il contient à peu près une idée éblouissante à la minute. En magicien génial, Miyazaki les présente comme autant de surprises, qui donne l’impression d’ouvrir des boîtes magiques ou des cadeaux en permanence suscitant l’étonnement. Toutes les références se télescopent et se mélangent – contes russes, magicien d’Oz, Alice au pays des Merveilles tombant dans un faille du Temps - , sans jamais que le film perde son âme. Regarder “Howl’s Moving Castle”, c’est remontrer le temps, redevenir pendant deux heures un enfant absolument émerveillé. Et cette magie étrange, ce pouvoir que possède Miyazaki dont il use en virtuose s’appelle l’imagination.
_/_/ Didier Peron _/_/
Le génie japonais de l'animation revient avec «Howl's Moving Castle», présenté en compétition. Un film baroque qui sidère par ses partis pris et la beauté de son imaginaire.
Exploit. Cette suprématie spirituelle de l'imagination percutait les heureux spectateurs ayant eu la chance d'atteindre la toute avant-première mondiale du nouveau film du génie japonais de l'animation, Hayao Miyazaki. C'est assurément l'un des exploits du nouveau directeur, Marco Müller, d'avoir réussi à mettre ce film dans sa compétition. Miyazaki ne devrait hélas pas venir sur le Lido (il n'était pas non plus venu chercher son ours d'or à Berlin pour le Voyage de Chihiro), seul son producteur et ami Toshio Suzuki a fait le déplacement.
Adapté d'un roman de Diana Wynne Jones, Hauru no ugoku chiro (Howl's Moving Castle ou le Château mobile de Howl) est assurément le film le plus baroque de son auteur. Dans la note d'intention reproduite dans le catalogue du festival, il dit : «Peut-il y avoir une animation pour les vieilles personnes ? Avec ce film, je tente de donner une réponse.»
De fait, le personnage principal ne cesse de changer d'âge d'une séquence à l'autre. Sophie est une vendeuse de 18 ans dans un magasin de chapeaux, dans une ville européenne indéterminée. Un jour, elle croise la route de Howl, un magicien aux allures de Bowie période Hunky Dory, avec boucle d'oreille et tignasse blonde. Croyant à une love affair, la sorcière de la dévastation (the Witch of the Waste), énorme bonne femme emperlouzée, jette un sort à Sophie qui se transforme en mémé arthritique de 90 piges. Sophie prend alors la fuite à la recherche du château de Howl, afin de faire lever ce mauvais sort, château qui est une brinquebalante élaboration architecturale à vapeur marchant sans cesse par monts et par vaux.
Maelström. Ce n'est évidemment que le début d'un film inouï, quelque chose qui s'approche pour Miyazaki en termes de dislocation des paramètres de la continuité narrative, de la cohérence des époques, des lieux, à un équivalent du Twin Peaks-Fire walk with me de David Lynch. Un maelström qui sidère en même temps qu'il terrifie. Le feu est d'ailleurs l'un des éléments clés du film : flamme vivante dans l'âtre du château qui participe pleinement aux péripéties ; flamme avalée enfant par Howl et qui l'a transformé en demi-prince/semi-démon survolant la planète dans un foudroiement de plumes noires ; feu de la guerre qui embrase le théâtre du récit, un obscur conflit mobilisant dans le ciel rouge sang des machines volantes crachant des bombes en forme d'oiseaux dentés ; feu de la passion qui lie Sophie, l'adolescente au corps de vieillarde, au dandy.
Il faut à Miyazaki la liberté que lui ont octroyée les millions d'entrées de ses précédents films et la fortune amassée par les studios Ghibli pour avoir eu la possibilité de mettre enfin en chantier ce film longuement mûri. La rage ivre du récit ne connaît aucun répit. Les décors ne cessent de permuter, des individus fondent, le plancher s'ouvre sur l'abîme inversé du monde, les pièces du château tombent en ruine et se reconstruisent instantanément, Sophie parcourt des lambeaux du passé de Howl qui surgit d'un plan à l'autre en d'insolites métamorphoses. Le temps est sorti de ses gonds, la discordance et le fracas dionysiaque luttent avec les aspirations apolliniennes des personnages.
Souffle. Le cinéaste, démiurge, déploie, plie, froisse, rature, déchire son film sous nos yeux. Mon Dieu ! Quelle aventure, mes amis ! Quel tourment, quelle joie et quelle démence dans le souffle inhumain qui soulève de simples figures crayonnées au gradin supérieur de l'Idéal. Après ça, qui embrase la cervelle, hormis avaler un sandwich au Lexomil avec un grand verre de Rohypnol pour tenter de trouver le sommeil, on ne voit pas bien ce qu'on peut faire.
Pénis d'Orteil de Matsuura
Édité chez Picquier Poche. Une jeune femme découvre un matin qu'un pénis remplace son gros orteil droit. Voilà le point de départ de ce roman passant au crible les relations sentimentales sous toutes leurs formes, le plaisir et ses zones d'ombre et nous présentant une galerie de personnages hors du commun.
Guide découverte Osaka, Kyoto, Nara
Premier guide en français sur la région du Kansai, le Guide découverte Osaka,
Kyoto, Nara permet de préparer son itinéraire dans le Kansai : beaucoup de
photos couleurs, des adresses d'hébergement, de restaurants, d'activités originales,
des liens internet, des idées découverte... Le guide propose une entrée thématique
(à travers la culture traditionnelle et moderne du Japon) et par quartier/ville.
Une partie est dédiée à Koya-san, peu traitée dans les autres guides, alors
que c'est une expérience de voyage inoubliable. Ce guide est une auto-édition
de l'Association WakuWaku, vendue au pris de 15 euros et disponible sur leur
site internet www.2waku.com et dans quelques librairies spécialisées Asie /
Voyages.
"Nihon bunka wo furansugo de shôkai suru" est un livre écrit par des Japonais en français. Tous les us et coutumes d'aujourd'hui y sont expliqués de manière très claire. Ce livre est initialement destiné aux japonais étudiant la langue française mais il s'avère très instructif pour les francophones. Il y a quelques maladresses de style mais cela reste annexe.
A consulter absolument pour connaître la culture japonaise d'aujourd'hui.
À l'école au Japon, éditions PUF
Publié en 1997, ce livre donne une description du système scolaire japonais de la maternelle au lycée.
Nekotopia - Fujimori Asuka
Asuka va bientôt avoir dix ans. Asuka aime beaucoup jouer avec les chats. Tournevis, micro-ondes ou écartellement ? Asuka est intriguée par les garçons. Pour lier connaissance, elle leur casse le nez à coups de pierres. Asuka fascine le Maître de la Cité. Il a de grands projets pour elle. Premier roman, écrit directement en français, d'une jeune romancière de 25 ans, ce livre nous entraîne dans un univers loufoque, cruel, mais tellement lucide, notamment sur la futilité du pouvoir, de la politique, les notions de bien, de mal, et de mauvais traitements infligés aux chats. À découvrir.
L'École de la chair - Mishima Yukio - Folio
aphrodisiaque
Japon, années 60. Divorcée, moderne, libérée, Taeko Asano n'est définitivement pas à sa place dans cette société encore sclérosée par des siècles de conventions sociales rigides. Splendide portrait de la haute société niponne dans un pays en pleine mutation.
Japon, société camisole de force - Miyamoto Masao
L'auteur, ancien haut fonctionnaire au sein du Ministère de la Santé Japonais, nous livre ici sur l'univers anachronique, misogyne et ultra-conformiste de l'administration de l'Archipel.
Un récit plein d'humour, réaliste sans être amer. Le prestige de certaines institutions en prend un certain coup !
Les belles endormies de Yasunari Kawabata
Dans une étrange demeure, des vieillards passent la nuit aux côtés de superbes jeunes femmes plongées dans un profond sommeil. Roman à part dans l’oeuvre de Yasunari Kawabata, ‘Les Belles Endormies’ traite de thèmes chers à l’auteur comme la mort, la solitude, l’amour, l’érotisme.
Y. Kawabata, Prix Nobel au Japon en 1978, c'est dommage que cette oeuvre si poétique et frémissante ne figure pas dans ce site!
Citation du livre : "La beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité?"
Appel du pied (Keritai Senaka) - Wataya Risa
L'un des prix Akutagawa de 2003, dont on avait à l'époque entendu parler, mais qui apparemment n'a été traduit qu'au mois d'avril (on met moins de temps pour traduire Dan Brown, je pense... passons...). L'auteur avait à l'époque 19 ans et était donc la plus jeune lauréate de l'histoire de ce qu'on dit souvent être le Goncourt japonais.
L'histoire est brève (je n'ai pas chronométré, mais je suis sûr de l'avoir lu en moins de 3 heures) et est narrée efficacement sur un rythme assez rapide, mais fluide néanmoins. Le style est simple et les images et descriptions faites par l'auteur sont intéressantes. Passons sur la forme, pour nous intéresser au fond. Il s'agit ici d'une oeuvre à la croisée de l'entomologie et de la sociologie dans la jungle d'un lycée japonais, au sein duquel la protagoniste fait figure de marginale (elle ne semble pas adorer la solitude, mais suit avec rigueur le précepte "mieux vaut être seul que mal accompagné"). Elle a les qualités et les défauts inhérents à sa jeunesse, est très sensible, intelligente, (très) critique, incertaine et parfois bizarre. Le rôle délicat de narrateur lui est donc confié avec bonheur, et la jeune fille va nous servir son interprétation des divers phénomènes sociaux qu'elle a l'occasion d'observer. En cela, le livre a le bon goût de ne pas prétendre à l'objectivité: la narratrice n'est pas Mme Soleil, et le lecteur n'est nullement poussé à la croire. On pourra donc tour à tour adhérer ou non à la narration en toute impunité.
Pour résumer, il s'agit là d'une bonne "docu-fiction" en lycée japonais, qui peut être l'un des éléments sur lesquels s'appuyer lorsqu'on cherche à se faire un point de vue sur les relations sociales entre jeunes nippons. Je concluerai en vous disant qu'hélas, ce roman est très court, et n'est pas disponible en livre de poche.
Appel du Pied - WATAYA Risa Éditions Philippe Picquier 14,50€
Kyoko, de Murakami Ryu
Voilà un OVNI flottant dans la bibliographie de Murakami ! Ceux qui en effet connaissent la production de cet auteur ne peuvent en effet manquer être surpris par ce roman touchant, voire léger, alors que l'auteur nous avait habitué à bien autre chose...
Kyoko est une jeune japonaise venue aux Etats-Unis à la recherche d'un ami, fantôme de son passé. Les nombreux narrateurs nous entraînent dans le sillage de cette héroïne pas banale, pour une leçon d'optimisme et de tolérance qui reste toujours passionante.
Mémoires d'un lutteur de sumô - Kazuhiro Kirishima
Je précise tout d'abord que je suis un parfait novice en matière de sumô, et je comptais sur ce livre pour me faire découvrir cet univers. Et il semble qu'il ait réussi, je me suis même surpris à chercher sur la Toile le dernier Banzuke (classement des lutteurs) en date. Écrit par un ancien champion, ce livre est complet: Kirishima nous fait découvrir la dure vie d'apprenti sumotori, la difficulté de l'entraînement, l'angoisse du classement... un récit bien écrit, sans fioritures, plaisant, et accompagné d'une initiation très bien faite : explications des principaux mouvements académiques, bref résumé de l'histoire du sumô, glossaire... Un must pour ceux qui voudraient découvrir ce fameux sport-spectacle.
Le Château de Yodo, par Inoue
Mon commentaire aurait pu se résumer à: Grandiose! Par acquis de conscience, je vais développer. Le Château de Yodo est un roman historique imposant retraçant la vie de Tchacha, dite Dame Yodo, fille de haute lignée, nièce du seigneur Nobunaga, et concubine de Hideyoshi, un des plus importants personnages du XVIe siècle japonais.
Intrigues de cour, batailles féroces, destins tragiques... Voilà du grand spectacle!
Note: Si vous n'etes pas famillier avec l'histoire du Japon et ses personnages, un conseil, prenez des notes ! Cela peut grandement aider à la compréhension de l'ouvrage, vue la profusion d'intervenants...
Yakuza - Alec Dubro, David Kaplan (Picquier)
Impressionnant. Une enquète journalistique menée durant plus de dix ans sur l'univers de la pègre japonaise. Des origines aux ramifications internationales de ces dernières années, des coutumes aux adresses postales des principaux clans (si !), ce livre vous apprendra tout, absolument tout sur l'Histoire secrète de l'Archipel.
Kaïro de Kiyoshi Kurosawa
Jean-Louis Leutrat écrit à propos des fantômes :
« On retrouve le temps gelé, le temps qui tourne en rond, le temps qui ne cesse de se diviser, et les fantômes, car le temps est spectral et les spectres viennent moins du passé qu’ils ne sont enchâssés dans le présent et qu’ils témoignent auprès de nous d’un avenir en souffrance. Les fantômes sont des émanations du temps, ils résultent de sa propension à se dédoubler, à se hanter lui-même. »
Les fantômes de Kaïro, tout comme les personnages « vivants », sont situés entre deux mondes. Ils se trouvent dans un lieu où le temps semble arrêté, et où l’avenir semble terriblement désespéré. Le futur se veut fantomatique, les spectres représentants l’état emphatique des personnages peuplant le film. Les « vivants » sont dans un interstice.
Les personnages du film, comme les fantômes, sont situés dans un interstice entre le monde des vivants et des morts. Dans deux séquences de transition, on voit des personnages assis dans un bus. Ces deux courtes séquences prennent une coloration surnaturelle par la nature artificielle des couleurs utilisées et par l’isolement des protagonistes dans un véhicule public qui, surtout à Tokyo, est utilisé par de nombreux usagers. Il s’agit d’un bus fantomatique qui ne semble pas être occupé par des passagers ni même par un conducteur. Le bus devient ici un lieu situé entre vie et mort. Il figure le statut du spectre qui se trouve dans un espace entre le monde des vivants et l’au-delà. Cette idée est renforcée par l’aspect transitoire de ces petites séquences.
Dans la première (3ème minute), Michi se rend chez Taguchi, le jeune informaticien dont elle n’a plus de nouvelles. Juste avant cette séquence, elle se trouve dans la serre où elle travaille. Ce lieu est isolé du monde, celui-ci étant situé au dernier étage d’un immeuble s’élevant vers les cieux. Cette serre qui surplombe Tokyo semble séparée des vivants. La séquence du bus entraîne une transition avec l’arrivée de Michi dans le monde des « vivants », son retour sur terre. Elle est alors dans un interstice. Ces moyens de transports peuvent nous rappeler le radeau sur lequel voguent les âmes défuntes et qui effectue une transition entre le monde des vivants et des morts dans le Bouddhisme. Le bus prend cette même connotation transitoire. Les personnages de Kaïro sont dans une position identique puisqu’ils se complaisent dans un certain immobilisme social. Ces séquences montrent également une confrontation de l’individu avec lui-même. Il se retrouve seul dans une atmosphère qui semble être une projection de ce qui l’habite, c’est à dire une profonde solitude et une crise d’identité. Ils vivent dans un présent dénué de tout but pour l’avenir. Leur solitude est signifiée par une thématique de l’enfermement.
Journaux des Dames de cour du Japon Ancien
Cet ouvrage propose trois journaux intimes écrits au XIe siècle par des femmes de la noblesse.
Cette période a ceci d'intéressant de nous montrer une cour fortement teintée d'influences chinoises, tant au niveau de la culture, de la vie quotidienne que de l'étiquette.
Une découverte en ce qui me concerne, en tout cas, une belle occasion de découvrir cet univers de l'intérieur.
Guide Tokyo Itinéraires
Tokyo_Itinéraires, un guide résolument contemporain et novateur pour partir à la découverte de la capitale japonaise. Tokyo architecture, Tokyo nostalgie, Tokyo manga, Tokyo nuits, Tokyo délices…voici quelques thématiques parmi les 24 abordées dans le guide. Ces thématiques vous permettent de découvrir la ville à travers vos propres passions et centres d’intérêts et à travers les coups de cœur de nos invités (Chris Marker, Romain Slocombe…). Ce cityguide vous propose également une entrée plus classique en quartiers ainsi que de nombreuses adresses pratiques et des excursions dans les environs. Tokyo_Itinéraires, c’est aussi : - Plus de 200 adresses (musées, boutiques, hôtels, restaurants…) - Plus de 250 photos originales - Une partie pratique de 20 rubriques classées de A à Z et un lexique franco-japonais - Une mise à jour et des compléments d’informations sur le site internet www.2waku.com .