Un « paradigme Fukushima » au cinéma – juin 2020

Un article de Élise Domenach, maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’ENS de Lyon et membre de l’IAO

Neuf années se sont écoulées depuis que le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 ont entraîné la catastrophe nucléaire la plus grave depuis Tchernobyl dans la centrale de Fukushima Daiichi (Tohoku, Japon). Les cinéastes japonais s’en sont bien vite saisis, et le cinéma qui est né de cette catastrophe a durablement transformé le medium lui-même, ainsi que le monde qu’il projetait. Nous prendrons pour exemple de ces transformations Tenzo de Tomita Katsuya (Semaine de la critique, Cannes 2019), l’un des films les plus marquants de ces dernières années sur le sujet.

Le cinéma depuis Fukushima

Le Festival International du Documentaire de Yamagata a rassemblé dès 2011 des films pour un programme dédié (Cinema With Us), alimentant un fonds d’archives ouvert en 2014. Ce fonds documentaire régional constitue avec les archives de films amateurs de la Médiathèque de Sendai et les archives nationales de UniJapan, un ensemble en constante augmentation. Car, on le sait, la catastrophe multiforme de Fukushima a muté d’un événement dévastateur (18 500 morts et disparus, 160 000 évacuations forcées, des cortèges de maisons dévastées, d’arbres arrachés, de routes éventrées) à l’installation dans une crise durable en raison de la continuation des fuites radioactives. En sorte que notre réflexion sur le cinéma depuis Fukushima, qui a débuté par l’étude du corpus de films de 2011, s’est logiquement prolongée en direction de la « catastrophe civilisationnelle » pointée par le philosophe Jean-Luc Nancy (L’équivalence des catastrophes, 2012). Cette catastrophe participe de la révélation aux yeux des citoyens japonais et du monde, des destructions humaines des espaces terrestres, marquant ce que les scientifiques ont appelé « the human epoch » (Nature, 11 mars 2015) : l’entrée dans une nouvelle époque géologique de réactivité de la Terre aux activités humaines, l’Anthropocène.

Face à ce réel transformé qui déborde les cadres de notre perception spatio-temporelle nous obligeant à penser des phénomènes qui nous englobent (des « hyperobjets » comme la biosphère ou la somme des déchets nucléaires, d’après Timothy Morton (Hyperobjets, 2013)) et des temporalités inouïes (la demi-vie de quatre millions d’années de certains éléments radioactifs), le cinéma dont l’ambition native est de nous rendre présent le monde, s’est trouvé à la fois mis au défi de représenter l’invisible des pollutions radioactives et de rendre compte des souffrances des populations de ce nouveau monde durablement abîmé. Le médium lui-même en a été profondément transformé.

Lien vers l’article en ligne :
http://www.gis-reseau-asie.org/fr/un-paradigme-fukushima-au-cinema

Source : GIS Réseau Asie

Fukushima ou la traversée du temps, conférence à l’Auditorium du Louvre, 16 juin 2014, 18h30

LouvreMichaël FERRIER

Fukushima ou la traversée du temps
– Notes sur l’art au temps de Fukushima –

Conférence Auditorium
16 juin 2014, 18h30

La conférence sera suivie du film de Michaël Madsen, « Into Eternity »,
présenté par Michaël Ferrier

Louvre 2

Auditorium du Louvre
Accès : Métro Palais-Royal / Musée du Louvre
Entrée par la pyramide, le passage Richelieu ou les galeries du Carrousel
Parking du Carrousel ouvert de 7h à 23h
http://www.louvre.fr/evenements

PENSER/CRÉER AVEC FUKUSHIMA, rencontre internationale

PENSER/CREER AVEC FUKUSHIMA

Rencontre internationale organisée par Christian Doumet, Université Paris 8, IUF et Michael Ferrier, Université Chuo (Japon)

Fukushima est ancré dans notre présent d’une manière si inquiétante qu’il est encore impossible d’imaginer le monde d’après Fukushima. Certes, de nombreux travaux dans toutes les langues ont porté et portent encore sur les aspects scientifiques, techniques et politiques de l’événement. Mais la manifestation proposée ici s’intéressera plutôt à ses conséquences intellectuelles et esthétiques, et au nouvel ordre mental dans lequel nous sommes appelés à vivre depuis le 11 mars 2011.
Penser/créer avec Fukushima : « avec » est le mot-clef de ce colloque. C’est lui qu’il s’agira d’explorer à travers une série d’échanges, de présentations et de représentations mobilisant les acteurs les plus décisifs dans la pensée de la catastrophe.

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Photographie : Thierry Girard

         PROGRAMME

Inalco — Amphi 6
JEUDI 12 JUIN 2014

10h : Accueil des participants 10h30 : Ouverture du colloque par Christian Doumet et Michaël Ferrier
11h15-12h : Michaël Ferrier (Université Chuo, Tokyo ; écrivain) : « Avec Fukushima » 12h-12h45 : Philippe Forest (Université de Nantes ; écrivain) : « En lisant – ou pas – Uchida Hyakken » Modérateur : Christian Doumet
14h30-15h15 : François Bizet (Université de Tokyo) : « L’inhabitat » 15h15-16h : Chihiro Minato (Université des beaux-arts Tama, Tokyo ; photographe) : « Dépaysement accéléré à Fukushima » Modérateur : Hervé Couchot
16h15-17h : Christian Doumet (Université Paris 8, membre de l’IUF) : « La poésie peut-elle répondre de Fukushima ? » 17h-18h : Table ronde avec Thierry Girard, Marc Pallain et Chihiro Minato (photographes) : « Donner à voir Fukushima : paroles de photographes »
Modérateur : Michael Ferrier

VENDREDI 13 JUIN 2014
Maison de la Culture du Japon à Paris — Petite salle
14h-14h45 : Jean-Luc Nancy (philosophe) : « L’Occident est-il un accident ? » 14h45-15h30 : Hervé Couchot (Université Sophia, Tokyo) : « Penser le temps avec Fukushima et le 11 mars : chronique du temps suspendu »
15h45-16h45 : Tetsuya Takahashi (Université de Tokyo) : « Fukushima : un système sacrificiel »
17h45-18h45 : Table ronde avec Michael Ferrier, Claude-Julie Parisot, Gil Rabier et Kenichi Watanabe : « Filmer Fukushima : paroles de cinéastes » Modérateur : David Collin

JEUDI 12 JUIN 2014
Inalco — Amphi 6
17h : Inauguration et présentation de l’exposition de photographies de Thierry Girard, « Après le fracas et le silence (Journal du Tohoku 2011-12) »
19h : Présentation et projection du film de Kenichi Watanabe, Le Monde après Fukushima, en présence du réalisateur

SAMEDI 14 JUIN 2014
Maison de la Culture du Japon à Paris — Petite salle
14h-14h45 : François Lachaud (EFEO, EPHE) : « Penser le drame de Fukushima : témoignages et mémoire » 14h45-15h30 : Anne Bayard-Sakai (Inalco) : « Quelle marge d’écriture ? A propos des normes et de l’invention après le 11 mars 2011 »
Modérateur : François Bizet
15h45-16h45 : Tomoko Momiyama (compositrice) : « Composer avec Fukushima » 16h45-17h30 : Entretien entre Jacques Kraemer (metteur en scàne) et Bénédicte Gorrillot (Université de Valenciennes)
***
Inalco — Amphi 6
65 Rue des Grands Moulins, 75013 Paris Métro : Bibliothèque François Mitterrand (ligne 14) RER : Bibliothèque François Mitterrand (ligne C) Entrée libre sous réserve des places disponibles
Maison de la Culture du Japon à Paris — Petite salle
101Bis Quai Branly, 75015 Paris Métro : Bir-Hakeim (ligne 6) RER : Champ de Mars – Tour Eiffel (ligne C) Entrée libre sur réservation au 01 44 37 95 95
Renseignements : fatima.zenati@univ-paris8.fr
18h : Représentation de la pièce de théâtre de Jacques Kraemer, Kassandra Fukushima, en présence de l’auteur et metteur en scène

Au-delà du nuage : Yonaoshi 3, 11 en présence de la réalisatrice, le 10 décembre 2013 à Cannes

Rectificatif : La projection aural lieu à Cannes le mardi 10 décembre, à 19H00 au Studio 13, avenue Docteur Picaud.

Dans le cadre des 26eme Rencontres cinématographiques de Cannes et en partenariat avec l’association France Japon de Cannes, un documentaire passionnant sera diffusé : Au-delà du nuage : Yonaoshi 3, 11 de  la réalisatrice Keiko Courdy, partie rencontrer pendant plus d’un an des habitants des régions sinistrées, peu après la catastrophe nucléaire survenue à Fukushima le 11 mars 2011.
Son tra­vail s’appuie sur une lon­gue enquête dans les contrées les plus reculées du Japon post-Fukushima, cons­ti­tuée des témoi­gna­ges de gens de Fukushima affec­tés par la catas­tro­phe. Mais aussi une série rare d’inter­views de per­son­na­li­tés japo­nai­ses connues et enga­gées qui réflé­chis­sent aux chan­ge­ments et à la pos­si­bi­lité d’un renou­veau après l’acci­dent (ancien pre­mier minis­tre pen­dant la crise, jour­na­lis­tes et acti­vis­tes anti­nu­cléaire, écrivains, Manga-ka, 1 japo­nais astro­naute dans l’espace, archi­tec­tes de struc­tu­res pour réfu­giés )…
Elle nous fait découvrir les rizières de ses ancêtres et raconte, avec ses frères, les moments de crise par lesquels est passée sa famille, après la catastrophe. Pour elle comme pour de nombreux habitants, il n’est pas question de déménager.
Vous pourrez également voir une séquence du documentaire  sur le lien suivant : http://www.yonaoshi311.com/#/FR/prehome
La projection aura lieu à Cannes le 10 décembre à 19h au Studio 13, avenue Docteur Picaud , en présence de la réalisatrice, qui sera là pour discuter avec le public à la suite du film.

« Chat » avec la communauté française sur la situation nucléaire au Japon, le 4 novembre 2012

Le prochain « chat » se tiendra le mardi 4 décembre 2012 de 18h à 19 h30 (heure de Tokyo). Les questions pourront être posées dès 17h30.

Voir les détails sur le site web de l’Ambassade de France à Tokyo.
http://www.ambafrance-jp.org/spip.php?article6032

Fête du Printemps au Parc de Sceaux | Samedi 14 & Dimanche 15 avril 2012

Les samedi 14 et dimanche 15 avril, le Parc de Sceaux (92) accueille l’un des plus grands rassemblements de Japonais de la capitale pour un grand pique-nique traditionnel, le Hanami.

L’occasion de manger des sushis faits-maison, de boire du umeshu et du saké ou encore de prendre des photos des fleurs de cerisiers blancs ou roses qui ornent le parc.

Tous les franciliens qui souhaitent découvrir cette tradition ou tout simplement profiter du Printemps, le rendez-vous est donné ce week-end à 12H00 au Parc de Seaux. Le point de rencontre est à la sortie côté gare de la station Croix de Berny (Rer B, 20min de Chatelet).

Cerisier

Un atelier Koïnobori pour les enfants victimes de Fukushima

Sur place, les participants pourront créer des Koïnobori (banderoles en forme de carpe) afin d’apporter leurs messages de soutien et d’espoir aux enfants de Fukushima qui continuent de souffrir après le Tsunami.

Cet atelier s’inscrit dans un projet de solidarité international « Koïnobori Art Project » orchestré par l’association Ganbalo et l’agence de communication Creads.

Koinobori project banderole

En effet, Ganbalo et Creads se mobilisent depuis la France pour soutenir les enfants de Fukushima avec un site Internet dédié à l’opération : www.koinobori-project.com. L’objectif est de rassembler un maximum de koïnobori afin de redonner le sourire à ceux qui l’ont perdu. Un mois après le début du projet, déjà plus de plus 150 koïnoboris ont été créés.

Alors rendez-vous ce week-end au Parc de Sceaux pour tous ceux qui souhaitent s’immerger dans la culture Japonaise !

Utilisation et impact des communications dans un contexte de crise : le 11 mars 2011 au Japon

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/ (lien vers la page spécifique au bas de cet article)
Auteur : LABAT Maxime

Extrait
« Le séisme du 11 mars 2011 a incontestablement changé la vie d’un grand nombre de personnes au Japon. De nombreuses zones ont été sinistrées et les autorités travaillent à la reconstruction depuis le premier jour de cette crise.

Un évènement touchant une grande partie de la population a immédiatement pour conséquence une utilisation inhabituelle des réseaux de communication. Le Grand Séisme de l’Est du Japon n’a pas dérogé à cette règle. Tout le Japon a massivement utilisé les moyens de communication : principalement pour rassurer leurs proches et prendre de leurs nouvelles (pas seulement dans les zones durement touchées par le tsunami, mais également dans la métropole de Tokyo), mais aussi afin d’obtenir des informations sûres et de les faire connaître en dehors du Japon.

Ce rapport vise à faire le point sur la réaction des divers réseaux de communication face à cette crise et la façon dont ils ont été utilisés. Il détaillera également les technologies de l’information mises en place afin d’apporter une aide d’urgence, ainsi que des solutions techniques permettant d’améliorer la réponse à une future catastrophe… »
Lire la suite et le sommaire détaillé ici :
http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm12_002.htm

Vous y trouverez un document pdf disponible en téléchargement.
Publié le 1/01/2012 – 22 pages – pdf 2,2 Mo

2e chat avec la Communauté française sur la « situation nucléaire » au Japon, le 16 décembre 2011

L’Ambassade a décidé de mettre en place, avec le soutien de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) des « chat » réguliers avec la communauté française. Le premier a eu lieu le 16 novembre dernier.

Initialement programmé le 14 décembre, le prochain chat se déroulera le vendredi 16 décembre, entre 18 heures et 19 heures. Vous pourrez poser vos questions dès 16 heures à l’adresse suivante : www.ambafrance-jp.org/live

Le Conseiller nucléaire de l’Ambassade et les experts de l’IRSN répondront à vos questions.

Voir plus de détails sur le site de l’Ambassade en suivant le lien ci-dessous.
Source : http://www.ambafrance-jp.org/spip.php?article5139

Début des examens de la thyroïde pour les enfants de Fukushima et de sa région

Des examens de la glande thyroïde ont commencé aujourd’hui 9 octobre, à l’Hôpital universitaire préfectoral de Fukushima, pour les enfants de la préfecture qui avaient entre 0 et 18 ans lors du séisme du 11 mars 2011. Ce sont environ 360 000 enfants qui seront examinés d’ici mars 2014.

source : Asahi.com (lien vers l’article complet en japonais)

Fukushima : le gouvernement accusé d’avoir minoré le niveau de gravité à cause des élections locales (Le Monde)

« Le Parti démocrate a certainement retardé l’annonce du reclassement du niveau de gravité pour attendre la fin les élections, qu’il a d’ailleurs perdus. Je réclame plus de transparence. » Ce message, envoyé sur Twitter par @pukuma, un habitant de la préfecture de Shimane, dans le sud du Japon, n’est pas un cas isolé. Depuis mardi matin, des accusations du même type déferlent sur le réseau social, très utilisé dans l’archipel.

De nombreux Japonais en veulent aux autorités d’avoir attendu la fin des élections locales de dimanche pour reclasser subitement l’accident nucléaire de Fukushima au même niveau que celui de Tchernobyl.
(…)
Lire l’intégralité de l’article d’Antoine Bouthier ici : Source : http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/04/12/fukushima-le-niveau-de-gravite-aurait-ete-minore-a-cause-des-elections-locales_1506375_1492975.html