Lettre du GIS-Réseau Asie et Pacifique – Février 2017 (extraits)

GIS Reseau AsieExtraits concernant le Japon.

Toyota victime du toyotisme
Pourquoi les sciences sociales ont encore beaucoup à apprendre de cette entreprise ?

par Stéphane Heim, docteur en sociologie de l’Université de Strasbourg (2011) et maître de conférences à l’Université de Kyôto depuis mars 2015.

Au début des années 1990, le constructeur automobile japonais, Toyota Motor Corporation (dans le texte, Toyota), jouit d’une popularité grandissante du fait de ses succès aux États-Unis et de son organisation productive, tantôt nommée le Toyota Production System, la Lean Manufacturing, le toyotisme ou la production juste-à-temps. Ce succès est largement attribué à ses instruments de gestion de production – le kanban (système d’inventaire et de livraison de pièces), le andon (outil de contrôle visuel de la production), le kaïzen (évolution permanente de l’organisation productive) et bien d’autres – qui consacrent une nouvelle mode managériale, celle de la réduction systématique et continue des coûts, inscrite dans les gènes de l’organisation. Cette mode managériale aux mille peaux est aujourd’hui appliquée dans des secteurs bien différents de la construction automobile tels que les hôpitaux ou les services postaux. Dès lors, ce ne sont plus les outils développés et mis en œuvre dans les ateliers de production de Toyota et de ses fournisseurs, mais la philosophie managériale du juste-à-temps qui triomphe, qui impose le temps du marché à celui de la production du bien ou du service, qui renverse la temporalité fordiste et son économie politique.

Étrangement, d’objet de curiosité, l’entreprise Toyota est devenue victime de son propre succès, le toyotisme. Alors que très vite, les chercheurs en sciences sociales de divers horizons se penchent sur cette philosophie managériale, l’entreprise Toyota comme objet d’étude tombe en désuétude. L’analyse rigoureuse du modèle productif de Toyota, de son environnement économique et institutionnel, de ses conditions d’applicabilité, des contraintes qu’il rencontre lorsqu’il ne dégage pas de marges comme en Europe, de sa relation salariale et des relations inter-sociétés est négligée. Pourtant tous ces éléments nous invitent à une réflexion théorique plus poussée sur la dichotomie entre l’entreprise comme espace de production d’une part, et la société comme cadre juridique du processus d’accumulation du capital de l’autre. C’est là que se situent les véritables leçons à tirer du « moment Toyota » dans l’histoire du capitalisme.

Pour beaucoup, l’entreprise moderne est une invention récente datant de la fin du XIXe siècle, celle de la corporation ou de la société en français, de la rationalisation grandissante de pans entiers de nos sociétés (au sens sociologique) dont Max Weber s’est fait l’observateur minutieux. Il nous est plus aisé de penser l’entreprise et ses frontières à partir de sa catégorisation juridique moderne – société anonyme, etc. – que de ses activités et la manière dont celles-ci sont segmentées, distribuées et contrôlées. Toutefois, la concentration de l’activité productive au sein de l’entreprise qui se substitue à la famille est le fruit d’un processus historique plus ancien, qui tire son origine de la propriété privée des capitaux et de la révolution commerciale initiée par les marchands du Bas Moyen Âge en Europe (du début du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle).

Accéder à tout l’article

(…)

CONFÉRENCES, DÉBATS, SÉMINAIRES

▪ Séminaire Sur la création d’une nouvelle langue mathématique japonaise pour l’enseignement de la géométrie élémentaire durant l’ère Meiji (1868-1912). 16 février 2017, Lyon

(…)

▪ Publications

Le Shakuhachi japonais. Une tradition réinventée
Auteur : Bruno Deschênes
Éditeur : L’Harmattan
Parution : Janvier 2017

Parcours féministes dans la littérature et la société japonaises de 1910 à 1930. De Seitô aux modèles de politique sociale
Auteures : Christine Levy, Brigitte Lefèvre
Éditeur : L’Harmattan
Parution : Janvier 2017

Rubrique « Publications »
Rédaction :
GIS-Réseau Asie, bureau 624, 6e étage, 190, avenue de France 75013 Paris
01 49 54 83 35
Courriel : communication@gis-reseau-asie.org

http://www.gis-reseau-asie.org/
Compte Facebook : GIS – Réseau Asie & Pacifique
Compte Twitter : GIS-Réseau Asie&Pac.
Liste de diffusion des Jeunes chercheurs en études asiatiques : ici

Directeur de la rédaction : Sébastien Lechevalier
Rédactrice : Malgorzata Chwirot
A participé à ce numéro : Stéphane Heim
©2017 GIS Asie / Réseau Asie et Pacifique | 190 avenue de France, 75013 Paris, France – http://www.gis-reseau-asie.org/

Lettre du GIS-Réseau Asie et Pacifique – Juin 2016

Sommaire
Congrès 2017

Conseil scientifique du 7 juin 2016
International

▪ Appel à communications pour la Conférence Internationale What is Asia? (Paris, septembre 2016)

▪ 14e colloque international de l’IdA L’Asie et les Amériques aujourd’hui (Paris, juin 2016)

Jeunes chercheurs

▪ Appel à communication How to study Asia in social sciences ? Some Methodological Reflections (Paris, décembre 2016)

▪ Appel à candidatures pour le Prix de thèse du GIS Asie 2016 (septembre 2016)

▪ Échanges avec Ngai Pun : Travailleurs migrants en Asie (Paris, juillet 2016)

Diffusion

▪ Publication : La fabrique de l’art au Japon. Portrait sociologique d’un marché de l’art, de Cléa Patin

▪ Article du mois : L’écriture de soi dans le Japon des Tokugawa, par Guillaume Carré

Membres du Réseau
Revues
Associations
Outil du mois
Actualités
***

Congrès 2017
2e Conseil scientifique 2016

Le prochain conseil scientifique du GIS-Réseau Asie se tiendra le 7 juin 2016. Il aura pour objet principal la préparation du congrès 2017.
International

Appel à communications
What is Asia? Changing Boundaries and Identities in Contemporary Asia
Paris, 26-27 septembre 2016

Organisée par le GIS Asie, cette conférence multilatérale et interdisciplinaire sera l’occasion d’échanger sur divers enjeux contemporains en Asie, avec un accent particulier sur l’évolution de ses frontières et de ses identités.

Voir l’appel

Rappel
14e colloque international de l’Institut des Amériques : L’Asie et les Amériques aujourd’hui

Le colloque international L’Asie et les Amériques aujourd’hui se tiendra :
– le 8 juin 2016 au Musée du Quai Branly (14 h 30 – 17 h 30)
– les 9 et 10 juin 2016 à l’ESSEC-Cergy (8 h 30 – 18 h 30).
Inscription obligatoire.

Voir le programme

Jeunes chercheurs

Appel à communications
How to study Asia in social sciences ? Some Methodological Reflections
Paris, décembre 2016

Les prochaines journées méthodologiques, organisées par les jeunes chercheurs du GIS Asie, se dérouleront à Paris les 5 et 6 décembre 2016.
Cette conférence permettra aux doctorants et post-doctorants travaillant sur l’Asie (en histoire, sciences politiques, relations internationales, économie, anthropologie et sociologie) de présenter leurs travaux de recherche et d’améliorer leurs approches théoriques et méthodologiques. Elle favorisera la collaboration et la création de projets de recherche transdisciplinaires sur l’Asie.

Voir l’appel

Appel à candidatures
Prix de thèse du GIS Asie 2016
Septembre 2016

Le GIS Asie organise en 2016 la première édition de son Prix de thèse sur l’Asie.
Sont éligibles des travaux soutenus en 2014 et 2015, dans toutes les disciplines des lettres et sciences humaines et sociales et portant sur l’Asie.
Trois prix, d’une valeur de 2000€ chacun, seront attribués par le jury, composé de membres du conseil scientifique du GIS.

Date limite de dépôt : 30 septembre 2016

Voir l’annonce et les conditions générales de candidature

Échanges avec Ngai Pun
Les travailleurs migrants en Asie
Paris, juillet 2016

En juillet prochain, Ngai Pun du département des sciences sociales appliquées à l’Université polytechnique de Hong Kong, sera présente à Paris en tant que professeure invitée par l’Université Sorbonne Paris Cité. Anthropologue du travail, dont les travaux sur les travailleurs migrants en Asie ont fait date, elle animera une rencontre sur ce thème avec les jeunes chercheurs (doctorants, post-doctorants), le 11 juillet 2016.

Les personnes souhaitant y participer sont invitées à s’inscrire avant le 25 juin 2016.

Voir l’annonce et les modalités d’inscription
Diffusion
Patin Art Japon

Publication
La fabrique de l’art au Japon. Portrait sociologique d’un marché de l’art.

De Cléa Patin
Dans la collection « Études Asie & Pacifique » chez CNRS Éditions. Mai 2016.

Le jour anniversaire de la naissance de Van Gogh, le 30 mars 1987, une compagnie d’assurances japonaise achète ses Tournesols pour 24,7 millions de livres. L’argent japonais déferle sur l’art mondial. En trente ans à peine, collection, spéculation et krach vont faire du Japon un marché de l’art unique, primordial et atypique. Nul autre pays ne peut s’enorgueillir d’une telle variété de circuits artistiques, de réseaux de marchands. Nul autre n’a pu déployer autant d’expositions de premier plan dans les musées ou dans les grands magasins, en échafaudant de complexes et profitables partenariats avec des mécènes privés et les quotidiens nationaux.
Dans cette enquête sociologique rigoureuse, l’auteur dresse un état des lieux de la vente des œuvres d’art, en examinant les positions et les interdépendances de l’ensemble des acteurs. Elle revient aussi sur les grandes étapes historiques constitutives de cet univers, dévoilant les rouages du « rattrapage culturel » qui a poussé à la création de nombreux musées, à l’investissement public et philanthropique, et à la modernisation du marché de l’art. Cléa Patin analyse en particulier la formation, puis l’explosion dévastatrice de la bulle spéculative des quinze dernières années du XXe siècle. Et nous livre ici une réflexion délicate sur la manière dont les Japonais appréhendent le risque économique et la culture.

Cléa Patin est maître de conférences à l’université Jean Moulin dans le département des études japonaises. Sa thèse de doctorat menée conjointement à l’Université de Tokyo et à l’EHESS, a reçu le prix Shibusawa-Claudel 2013.
Voir l’annonce

article-160601-biographie-enomoto-gm

Les premières pages de l’autobiographie d’Enomoto Yazaemon

Article du mois
L’écriture de soi dans le Japon des Tokugawa
par Guillaume Carré, de l’EHESS

L’effacement de l’individu japonais devant les logiques implacables du groupe est un cliché inlassablement ressassé sur la société de l’archipel, comme l’a fait remarquer Emmanuel Lozerand, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) dans un article récent de la revue EBISU. Son amusant florilège des discours sur la «dilution du sujet» japonais montre que ce préjugé sert bien souvent d’explication commode aux vertus ou aux tares prêtées à la nation japonaise. Pourtant, pour l’historien, le Japon constitue une mine de témoignages individuels d’une richesse exceptionnelle. Depuis des temps reculés, des Japonais ont en effet tenus des journaux (nikki), rédigés des essais (zuihitsu), et certaines des œuvres les plus anciennes et les plus célèbres des lettres japonaises, comme le Journal de Murasaki Shikibu ou les Notes de chevet de Sei Shônagon affichent une subjectivité de l’auteur, où, il est vrai, il est difficile de faire la part de la construction littéraire.

L’usage de tenir un journal s’est répandu dans la population avec les progrès de la pratique de l’écriture, et à l’époque d’Edo, entre les XVIIe et XIXe siècles, c’était une habitude courante pour des hommes et des femmes de toutes conditions. Ces notes journalières font toutefois une place très variable à l’expression des sentiments intimes des rédacteurs, qui bien souvent, se contentent d’enregistrer des événements singuliers ou routiniers, sans trop de commentaires.

Un autre type de « document du for privé » peut sembler plus susceptible d’exprimer une présence plus affirmée de l’auteur : l’autobiographie. Cependant, tout comme en Europe, cette forme d’écriture demeure rare au Japon avant l’époque contemporaine. À partir de l’ère Meiji de nombreuses autobiographies y furent publiées, et l’influence occidentale dans ce phénomène éditorial est évidente. On en a écrit cependant bien avant l’ouverture des ports, si du moins, on ne restreint pas la définition de ce genre à un exhibitionnisme ou un narcissisme plus ou moins complaisant, comme le voudrait notre époque d’ « egolâtrie ». On peut même en trouver des préfigurations assez anciennes au Japon, mais là encore, c’est l’époque d’Edo qui nous fournit le plus d’exemples.

Il faut dire que sous les Tokugawa, les pouvoirs féodaux imposaient de justifier régulièrement les mérites individuels et familiaux par la production de sortes de curriculum vitae et de généalogies relatant les biographies des membres d’une maisonnée sur plusieurs générations. Quiconque souhaitait maintenir une position sociale et celle de sa famille, avait donc intérêt à conserver des traces de son existence. La transmission entre les générations est d’ailleurs un élément central des autobiographies au Japon, qui commencent fréquemment par un rappel des origines familiales. De plus le prétexte de l’écriture autobiographique réside communément dans l’éducation des générations postérieures. Quoiqu’il en soit du mobile réel, c’est une justification qu’on trouve aussi couramment alléguée dans l’Europe préindustrielle, par exemple par Blaise de Monluc ou Agrippa d’Aubigné.

Accéder à tout l’article

Membres du Réseau
Nouveaux membres

▪ Anne-Lise MITHOUT, post-doctorante (Université de Strasbourg), Zone géographique étudiée : Japon, Disciplines : sociologie, démographie, Thème de recherche : disability, education for disabled children, social welfare for people with disability, social representations of disability.

▪ Alice VITTRANT, enseignant-chercheur (Université Aix-Marseille), Zones géographiques étudiées : Asie, Asie du Sud-Est, Disciplines : linguistique, sciences du langage, Thèmes de recherche : Birman, Hmong, aire linguistique Asie du Sud-Est ; expression de l’espace ; langue en danger.

▪ Jérôme DOYON, doctorant (Sciences Po), Zone géographique étudiée : Chine, Disciplines : anthropologie, ethnologie, sciences politiques, sociologie, démographie, Thème de recherche : Communist Youth League.

▪ Alexis D’HAUTCOURT, enseignant-chercheur (Université des Langues Étrangères du Kansai), Zone géographique étudiée : Asie, Disciplines : archéologie, préhistoire, histoire, histoire de l’art, lettres et civilisation, linguistique, sciences du langage, Thèmes de recherche : Japanese circus and music-hall artists travelling and working in France ; Contacts between the Mediterranean area and Eastern Asia in the Hellenistic period and under the Roman Empire.

▪ Andreea Ioana BUDEANU, doctorante (INALCO), Zone géographique étudiée : Chine, Disciplines : relations internationales, géopolitique, sciences politiques, Thème de recherche : China – Central and Eastern Europe Relations.

→ L’annuaire présente les profils des membres du Réseau Asie et Pacifique ; en s’identifiant sur cet annuaire, chaque membre a la possibilité de mettre à jour ses informations.
→ Faire apparaître votre profil enrichi, et à jour, vous permet d’être identifié au sein de la communauté des chercheurs en études asiatiques.
→ Si vous changez de courriel, signalez le en écrivant à : communication@gis-reseau-asie.org, pour continuer à recevoir la lettre.
Revues
eu-china observer116-1
EU-China Observer, n° 1/2016

Ce premier numéro est une compilation de six contributions au sujet du statut de l’économie de marché en Chine.
samaj g

Credits : Katy Gardner
South Asia Multidisciplinary Academic Journal n° 13/2016

Ce nouveau numéro, intitulé Land, Development and Security in South Asia est co-édité avec l’European Association for South Asian Studies (EASAS).
CANF
Anthropological Forum n° 26 (1/2016)

Trois articles sur cinq traitent de l’Asie ou du Pacifique (Vanuatu, Singapour, Thaïlande).
35734
Sociology of Islam n° 4 (1-2/2016)

Plusieurs articles de ce numéro, intitulé China, Islam and the Middle East, soulèvent des aspects historiques des relations entre la Chine et le Moyen-Orient et l’histoire du salafisme en Chine.
Associations
AFEC-
Association française d’études chinoises (AFEC)

Journée d’études : Portraits de familles, le samedi 4 juin 2016 à l’INALCO, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris (Salle 3.05).
Site
logo
Comptoirs de l’Inde

Deux expositions sur l’Inde, du 30 mai au 7 juin (aux horaires de la Mairie) dans la Salle des Fêtes de la mairie du 20e :
1. Les peintures des Femmes du Mithila (État du Bihar)
2. Exposition collective de Photos Calcutta nuit et jour.
Site
seechac
Société européenne pour l’étude des civilisations de l’Himalaya et de l’Asie centrale (SEECHAC)

Conférence Archives tibétaines de la région himalayenne: un trésor inattendu le 28 juin 2016 – Salle de conférence du Musée Cernuschi, 7 av. Vélasquez, 75008 PARIS.
Site
Outil du mois
bandeau humanum

Huma-Num est une très grande infrastructure de recherche (TGIR) visant à faciliter le tournant numérique de la recherche en sciences humaines et sociales.
Elle développe un dispositif technologique unique permettant le traitement, la conservation, l’accès et l’interopérabilité des données de la recherche.
Elle propose à tous les chercheurs en sciences humaines et sociales :
• Une plate-forme d’accès nommée ISIDORE, service qui collecte (« moissonne »), enrichit (en trois langues) et trouve des sources de données des SHS. Elle permet d’accéder à plus de trois millions de documents numériques.
• Un ensemble de services permettant de transformer ou d’analyser des données numériques.
• L’Archivage à long terme réalisé grâce aux infrastructures et compétences du Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur (CINES).

La TGIR Huma-Num porte la participation de la France dans le projet européen DARIAH (Digital Research Infrastructure for the Arts and Humanities) en coordonnant les contributions nationales.
La TGIR Huma-Num est portée par une Unité Mixte de Services associant le CNRS, l’Université d’Aix-Marseille et le Campus Condorcet.
Actualités

Retrouvez toutes les annonces sur le site du GIS – Réseau Asie.
Pour poster votre annonce : rendez-vous sur la page dédiée de notre site.
L’équipe du GIS – Réseau Asie valide chaque annonce, qui est alors publiée sur le site, et part également vers les 590 abonnés de notre compte Facebook et les 1 119 abonnés de notre compte Twitter.
Evénements scientifiques

CONFERENCES, DEBATS, SÉMINAIRES

▪ Littératures d’Asie du Sud – séminaire mensuel du projet DELI. 3 juin 2016, Paris 13e

▪ Continuing Denial of the Victimization of Women: Japan’s military sex slaves in World War II. 1 juin 2016, Paris 6e

▪ Colloque international: Les relations entre la Corée et la France du 19ème au 21ème siècle. 10 juin 2016, Nantes

▪ The Cultural Revolution Today: Literature, Film, and Cultural Debates. 2 juin 2016, Hong Kong

▪ New Reforms of Social Management in Tibet: A Test-Laboratory for China? 2 juin 2016, Paris 6e

▪ Media Activism and Postcolonial Futures. 13 juin 2016, Hong Kong

▪ 10e réunion annuelle du réseau DocAsie – Les fonds asiatiques à l’ère du numérique. 22-24 juin 2016, Paris

▪ L’Asie et les Amériques aujourd’hui. 8-10 juin 2016, Paris

▪ Thinking Migration to Rethink the World / Penser les migrations pour repenser la société. 21-24 juin 2016, Poitiers

▪ Séminaire ‘Sociétés, politiques et cultures du monde iranien’. 9 juin 2016, Paris 3e

▪ India-China Conference @ PSE. 8-9 juin 2016, Paris 14e

Rubrique « Événéments scientifiques »
Appels, Offres

APPELS A PROJETS
– Appel à candidatures : Programme Procore 2017. 3 juin 2016
– Appel à traductions : Revue Jentayu n° 5 – Woks et Marmites. 18 novembre 2016

APPELS A COMMUNICATIONS
– Géopolitique du boom rizicole. Reconfigurations, nouvelles dynamiques, nouveaux enjeux. 30 juin 2016
– Ming Qing Studies 2017. 30 juin 2016
– Justices spécialisées et justices d’exception dans l’espace colonial (16e – 20e siècles). 30 juin 2016
– Les Studies à l’étude : Savoirs, trajectoires, politiques. 15 juin 2016
– Chinese classical thought and contemporary politics. 30 juin 2016

EMPLOIS, BOURSES, STAGES, PRIX

▪ Chercheur au sein du domaine de recherche « Pensées stratégiques comparées». Date limite : 15 juin 2016

▪ Fellowship: Trans-border Cooperation in East Asia at the Regional/Global Interface. Date limite : 12 juin 2016

▪ Résidences de recherche EURIAS 2017/2018. Date limite : 8 juin 2016

▪ CFA The Jonathan T. Yeh Award for Student Scholarship in Asian and Asian American Folklore. Date limite : 1er juin 2016

▪ 3 allocations doctorales. Date limite : 17 juin 2016

▪ Prix de thèse 2016 – Musée du quai Branly. Date limite : 3 juin 2016

▪ Position, Open Rank, Chinese History, City University of Hong Kong. Date limite : 30 juin 2016

▪ Position, Postdoctoral Fellowships (Research Associate) in Modern East Asian History, Cambridge University. Date limite : 27 juin 2016

▪ Position, Tenure-Track Assistant Professor in Chinese Literature, University of Hong Kong. Date limite : 13 juin 2016

▪ Position, Tenure-Track Assistant Professor in Chinese History and Culture, University of Hong Kong. Date limite : 13 juin 2016

▪ Position, Tenure-Track Professor in Chinese Linguistics, University of Hong Kong. Date limite : 13 juin 2016

▪ Position, Tenure-Track Professor in Chinese History, University of Hong Kong. Date limite : 13 juin 2016

▪ Position offered: Post-doctoral Researcher. Date limite : 1er juin 2016

▪ 3-year Postdoc (80% position) in Modern Japanese History. Date limite : 26 juin 2016

Rubrique « Appels, Offres »
Ouvrages
Couverture

Le chinois…comme en Chine 2. Méthode de langue et d’écriture chinoises. Niveau B1
Auteur : Bernard ALLANIC
Éditeur : Presses universitaires de Rennes
Parution : Mai 2016

Soleil levant. Les voyageurs d’Albert Kahn à la rencontre du Japon, 1898-1930
Auteur : Yaelle ARASA
Éditeur : L’Harmattan
Parution : Mars 2016

Les Rohingya de Birmanie. Arakanais, musulmans et apatrides
Auteur : Gabriel DEFERT
Éditeur : Éditions Arkuiris
Parution : Mai 2016

Le christianisme à l’épreuve du Japon médiéval ou les vicissitudes de la première mondialisation
Auteur : Nathalie KOUAME
Éditeur : Karthala
Parution : Mai 2016

Lectures et usages de la Grande Etude
Auteurs : Anne Cheng, Damien Morier-Genoud, Collectif
Éditeur : Collège de France – Institut des hautes études chinoises
Parution : Janvier 2016

Le Japon et l’Islam. Un pragmatisme partagé
Auteur : Bassam TAYARA
Éditeur : Compte d’auteur
Parution : Avril 2016

The Archaeology of Bhakti II. Royal Bhakti, Local Bhakti
Auteurs : Emmanuel Francis, Charlotte Schmid, Alf Hiltebeitel, Vishwa Adluri, Joydeep Bagchee, Greg Bailey, Padma Kaimal, Caleb Simmons, S.A.S. Sarma, Tiziana Leucci, Sudalaimuthu Palaniappan, Nicolas Cane, Leslie Orr, Lisa Owen, Valérie Gillet, Uthaya Veluppillai
Éditeur : EFEO / IFP
Parution : Mai 2016

Rubrique « Publications »
***

Rédaction :
GIS-Réseau Asie, bureau 624, 6e étage, 190, avenue de France 75013 Paris
01 49 54 83 35
Courriel : communication@gis-reseau-asie.org

http://www.gis-reseau-asie.org/
Compte Facebook : GIS – Réseau Asie & Pacifique
Compte Twitter : GIS-Réseau Asie&Pac.
Liste de diffusion des Jeunes chercheurs en études asiatiques : ici

Directeur de la rédaction : Sébastien Lechevalier
Rédactrices : Malgorzata Chwirot / Marine Sam
A participé à ce numéro : Guillaume Carré

Les Japonais au Tibet au début du 20e siècle par Corinne Atlan

Article présenté dans la Lettre du GIS-Réseau Asie et Pacifique de Mai 2016. Voir l’article sur le site

Article 160501 carte tibet historique pm

Intronisé à l’âge de trois ans en 1879, le XIIIe Dalaï-lama, surnommé par la suite « Le Grand Treizième », restera jusqu’à sa mort en 1933 le chef temporel et spirituel du Tibet. Soucieux de faire respecter les frontières et préserver l’indépendance d’un territoire qui représente un enjeu commercial et stratégique pour les Britanniques et les Mandchous, puis à partir de 1912 pour la jeune république de Chine, il fera son possible pour moderniser son pays et le doter d’une armée digne de ce nom.
Dirigé par une oligarchie bouddhiste et fermé aux étrangers, le Tibet attire aussi aventuriers, espions, explorateurs, missionnaires, qui n’ont de cesse de pénétrer dans ce pays interdit. Les Japonais – physiquement moins repérables que les occidentaux – seront les premiers à y entrer, souvent sans grande préparation, et à titre purement individuel, car le gouvernement de Meiji, occupé par le contrôle de la Corée et la conquête de Formose (1895) puis la guerre avec la Russie (1904-1905), ne manifeste aucun intérêt pour le « Toit du monde ». Les Anglais, eux, cartographient méthodiquement le pays en y envoyant des espions originaires des marches de l’empire britannique des Indes. Ils préparent ainsi l’expédition Younghusband qui, après avoir massacré en chemin la petite armée tibétaine (en décembre 1903, trois batailles décisives – mitrailleuses contre épées vétustes – feront 1 000 morts tibétains soit un tiers des effectifs, contre des pertes britanniques minimes) entrera en 1904 à Lhassa, exigeant la signature d’accords commerciaux et contraignant le Dalaï-Lama à l’exil – une manière forte que les Mandchous s’empresseront d’imiter en 1909.
Les premiers visiteurs japonais, Nomi Kan et Kawaguchi Ekai n’ont, eux, aucun objectif militaire. Tous deux ont eu pour maître Nanjo Bunyu (1849-1927), pionnier des études bouddhiques japonaises et ancien élève de l’orientaliste Max Müller en Angleterre dans les années 1870. Sans se connaître, ces deux moines bouddhistes animés d’une foi fervente entreprennent dès 1899 un voyage vers le Tibet interdit, l’un à partir de la Chine, l’autre à partir du Népal, dans le but d’en rapporter d’anciens soûtras tibétains.

Accéder à tout l’article

Corinne Atlan
Traductrice de littérature japonaise, romancière, essayiste et conférencière

Lettre de Mars 2016 du GIS Réseau Asie – Info Japon

GIS Reseau AsieConsultez l’intégralité de la lettre mensuelle du GIS Réseau Asie sur son site web :
http://www.gis-reseau-asie.org/abonnement-lettre
Article du mois

Maruyama Masao et la pensée japonaise d’après-guerre
Bernard Stevens Université de Louvain-la-Neuve (Belgique)

Maruyama masaoSi les noms de Nishida et de ses disciples de l’école de Kyôto sont aujourd’hui connus en pays de langue française, le paysage philosophique japonais récent reste encore largement ignoré. Que savons-nous du succès de la pensée marxiste dans l’immédiat après-guerre, au moment du déclin de l’école de Kyôto ? Que savons-nous des existentialistes japonais dans la mouvance sartrienne durant les années 1950-1960 ? Que savons-nous de l’immense productivité des commentaires japonais sur quasiment tous les courants philosophiques occidentaux les plus novateurs ?…

Pour schématiser à l’extrême une situation évidemment plus complexe, on pourrait dire qu’à l’école de Kyôto 京都学派, dominant le paysage philosophique d’avant guerre, succède l’influence du Nihon Tetsugakukai 日本哲学会 (« Société philosophique du Japon »), animé principalement par l’Université de Tôkyô et fortement tributaire d’un marxisme qui se relève glorieusement des persécutions durant les années sombres du militarisme, en même temps qu’il manifeste la pleine liberté de pensée d’un Japon soucieux de se reconstruire sur des bases solidement démocratiques. Le courant marxiste japonais d’après 1945, exerçant une véritable fascination sur la quasi totalité des intellectuels, est alors beaucoup plus ouvert aux travaux soviétiques que ne l’est, à la même époque, une Europe meurtrie par la guerre froide, pour ne pas parler d’une Amérique en proie au maccarthysme. Son évolution le montre cependant désireux de dépasser la rigidité idéologique du marxisme-léninisme orthodoxe et de réévaluer la dimension humaniste du matérialisme historique, dont témoignent notamment les textes du jeune Marx. C’est dans ce contexte qu’apparaît une réflexion sur le modernisme et le rapport problématique que le Japon a pu entretenir avec ce dernier. Parmi les penseurs les plus originaux de cette mouvance, on voudra peut-être retenir, en ordre d’éloignement croissant par rapport à l’orthodoxie marxiste : Hiromatsu Wataru, Yoshimi Takeuchi et Mutai Risaku.

Loin derrière la mouvance marxiste on note, dès le milieu des années 1950, un intérêt pour la philosophie analytique surtout américaine, des études portant sur l’épistémologie, sur l’éthique, ainsi qu’une masse considérable de travaux spécialisés consacrés à l’histoire de la philosophie occidentale — l’accent portant en particulier sur l’antiquité grecque et l’Europe médiévale (l’Université Sophia de Tôkyô jouera ici un rôle décisif). Cependant, aucun de ces travaux n’a sérieusement retenu l’attention de quiconque à l’extérieur du Japon.

Accéder à tout l’article