I.
Définition :
La séquence pédagogique
constituera un matériel d’enseignement proposant un ensemble
d’activités de classe qui :
-
forment un tout
structuré
-
répondent
à des objectifs communicatifs, culturels et pédagogiques
définis
-
se
succèdent selon une progression qui tienne compte de la
difficulté des activités et du besoin d’alternance des
types d’activité
-
permettent le
recyclage des données (linguistiques, discursives, culturelles)
-
aboutissent
à une évaluation des acquis des étudiants.
II. Durée :
La durée de l’enseignement pour
lequel est prévue la séquence sera variable en fonction du temps
disponible et surtout du niveau des étudiants. Avec des
débutants, elle pourra couvrir une simple période de 90 minutes ;
avec des étudiants de 2ème année, elle pourra
couvrir un ensemble de plusieurs cours (par exemple trois cours de 90 minutes).
III. Structure
type d’une séquence pédagogique :
A)
Découvrir : activités de découverte
d’un document (écrit ou oral), par le biais de questions de
repérage. A l’issue de cette activité,
l’étudiant n’est pas sensé avoir compris le texte,
mais il sait de quoi il parle, à quel genre il appartient, et il a repéré
quelques indices sur lesquels on aura attiré son attention et qui feront
plus tard l’objet d’une étude plus approfondie.
B)
Approfondir : étude de quelques points particuliers
repérés dans le texte ; examen de quelques faits de langue
(syntaxe, morphologie, lexique), de discours et de culture. On prend soin, par
des tableaux synthétiques, de raccrocher ces éléments
nouveaux aux savoirs déjà acquis.
C)
Construire
le sens : il
s’agit maintenant d’inviter les étudiants à revenir
au texte observé en A et, par des questions au fil du texte, de les
aider à le comprendre dans le détail.
D)
Communiquer : activités de production
(écrite et/ou orale) à partir du texte, d’abord par
imitation (les étudiants réutilisent les matériaux fournis
par le texte de départ), puis en s’éloignant du modèle.
E)
Conclure : une ou deux questions de compréhension
globale du texte. Les réponses montrent que le texte a été
compris.
F)
S’évader : prolongement sur le même thème
que celui qui a été développé dans la leçon
(poème, chanson, dessin d’humour, dicton, document facile
d’accès du genre « Pour en savoir plus »,
texte complémentaire éventuellement en japonais).
IV. Plan
d’élaboration de la séquence :
1.
Définir
le public auquel
s’adressera la cours (bien entendu, en fonction de votre propre situation
d’enseignement), se représenter aussi clairement que possible son
niveau de maîtrise de la langue française, l’état de
ses connaissances générales, sa spécialité, ses
centres d’intérêt, etc.
2.
Choisir
un thème (les
vacances, les études, le sport, etc.) en fonction de # 1. Tenir compte
des centres de l’âge du public, de ses connaissances linguistiques
et connaissances générales, de ses centres
d’intérêt, éventuellement du programme
scolaire/universitaire. Ce thème, qui permettra d’apporter des
contenus culturels, sera présent tout au long du dossier, contribuant à
son unité organique.
3.
Choisir
un document (écrit ou
oral) en relation avec le thème et dont la difficulté est compatible avec le niveau des
étudiants : il doit être à la portée des
étudiants (pas plus de 10 ou 20 mots nouveaux, par exemple). Les
éléments nouveaux, qui seront définis assez arbitrairement
dans la situation présente du stage, seront traités dans la
section Approfondir. On
supposera connus les éléments qui composent le reste du texte.
4.
Adapter
éventuellement le texte
(le raccourcir, éliminer ce qui le rendrait trop difficile, remplacer
quelques mots, etc.), mais prendre soin de conserver :
-
son caractère authentique (laisser visible son origine, conserver
sa forme, ses illustrations) qui sont autant d’indice qui aident la
compréhension ;
-
son contenu informatif (on le lira avec d’autant plus
d’intérêt qu’il nous apprend réellement quelque
chose)
5.
Préparer
des questions et activités de repérage sur le texte pour
répondre à la première étape Découvrir.
Ces questions permettent aux étudiants de comprendre de quel type
de texte il s’agit, quelle est son origine, de quoi il parle en gros, et
de repérer quelques faits de langue, quelques mots qui feront
l’objet de l’approfondissement. On vise pas, à ce niveau, une
compréhension fine du contenu.
6.
Elaborer des
tableaux Approfondir
présentant les contenus nouveaux (tel point de syntaxe, de morphologie,
de lexique (composition), de sémantique (synonymes, antonymes), tel fait
de discours, de culture, etc. Ne pas oublier les comparaisons avec les
équivalents japonais. Prévoir des liens avec ce qui a
été acquis antérieurement.
7.
Pour Construire
le sens, préparer des questions de
compréhension sur le texte, au fil du texte, qui invitent à le
lire dans le but d’en comprendre le sens de façon précise
et approfondie. Si les contenus des tableaux de B) ont été
définis attentivement, il ne doit y avoir quasiment rien d’inconnu
pour les étudiants.
8.
Communiquer : des activités de production
(écrite et orale), qui permettent de reprendre ce qui vient
d’être étudié ainsi que, bien entendu, ce qui a
été étudié dans les leçons
précédentes. (Des activités vraies de communication et non
pas des exercices scolaires de transformation, d’application de
règles, etc.). De l’imitation à l’autonomie de plus
en plus grande. Ce peut être écrire une lettre, rédiger et
jouer les parties d’une saynète, inventer un nouveau contenu pour
les bulles d’un dessin d’humour, etc.
9.
S’évader :
chercher des poèmes,
documents complémentaires, dessins d’humour, dictons,
illustrations, etc. sur le thème du dossier.
V. Les
consignes :
Elles devront
être rédigées. Elles doivent être claires, sans
ambiguïté, elles peuvent au besoin proposer un exemple. Elles
seront en japonais ou en français en fonction du niveau du public et de
leur difficulté de compréhension.
VI. Méthodologie :
Elle est
foncièrement communicative : on privilégie partout l’accès au
sens et à l’expression du sens. Les formes ne sont
observées que dans la mesure où elles sont des aides pour
accéder au sens. On s’abstiendra de tout exercice formel de
répétition automatique ou de transformation automatique. La
répétition collective est évitée. En revanche on
favorisera, dans toute la mesure du possible, le travail en groupes dans la
mesure où il permet l’interaction.
VII. Présentation matérielle du
dossier :
Il sera
présenté sous une forme électronique achevée et
publiable (on devra pouvoir faire des tirages imprimés à partir
de l’ordinateur ; l’ensemble des dossiers sera ensuite
regroupé sur un cédérom).
Il
comprendra :
Ø en première page, un titre et le nom
des rédacteurs
Ø une note de synthèse donnant des
informations sur :
o le thème choisi et les raisons de ce
choix
o le public visé
(étudiants/lycéens, spécialistes/non-spécialistes,
âge, cadre institutionnel, conditions d’enseignement/apprentissage,
niveau de connaissance du français (nombre d’heures
capitalisées), etc.)
o les objectifs généraux,
linguistiques, culturels
o le temps prévu (nombre de
séances de quelle durée), découpage en fonction des
moments décrits en III, le partage entre ce qui se fait en classe et ce
qui se fait hors de la classe
o éventuellement, une bibliographie
Ø la séquence proprement dite avec les
parties bien identifiées, les consignes et activités pour chacune
des parties.
NB. L’appellation des parties du dossier,
leur ordre et leur nombre pourront, bien entendu, varier par rapport à
la proposition faite ci-dessus. Mais on veillera à toujours justifier
les options retenues.
_____________