Tateshina 2002

 

 

 

 

ÉLABORER UNE SÉQUENCE PÉDAGOGIQUE

 

 

I. Définition :

La séquence pédagogique constituera un matériel d’enseignement proposant un ensemble d’activités de classe qui :

-       forment un tout structuré

-       répondent à des objectifs communicatifs, culturels et pédagogiques définis

-       se succèdent selon une progression qui tienne compte de la difficulté des activités et du besoin d’alternance des types d’activité

-       permettent le recyclage des données (linguistiques, discursives, culturelles)

-       aboutissent à une évaluation des acquis des étudiants.

 

II. Durée :

La durée de l’enseignement pour lequel est prévue la séquence sera variable en fonction du temps disponible et surtout du niveau des étudiants. Avec des débutants, elle pourra couvrir une simple période de 90 minutes ; avec des étudiants de 2ème année, elle pourra couvrir un ensemble de plusieurs cours (par exemple trois cours de 90 minutes).

 

III. Structure type d’une séquence pédagogique :

                 

A)  Découvrir : activités de découverte d’un document (écrit ou oral), par le biais de questions de repérage. A l’issue de cette activité, l’étudiant n’est pas sensé avoir compris le texte, mais il sait de quoi il parle, à quel genre il appartient, et il a repéré quelques indices sur lesquels on aura attiré son attention et qui feront plus tard l’objet d’une étude plus approfondie.

B)  Approfondir : étude de quelques points particuliers repérés dans le texte ; examen de quelques faits de langue (syntaxe, morphologie, lexique), de discours et de culture. On prend soin, par des tableaux synthétiques, de raccrocher ces éléments nouveaux aux savoirs déjà acquis.

C)  Construire le sens : il s’agit maintenant d’inviter les étudiants à revenir au texte observé en A et, par des questions au fil du texte, de les aider à le comprendre dans le détail.

D)  Communiquer : activités de production (écrite et/ou orale) à partir du texte, d’abord par imitation (les étudiants réutilisent les matériaux fournis par le texte de départ), puis en s’éloignant du modèle.

E)  Conclure : une ou deux questions de compréhension globale du texte. Les réponses montrent que le texte a été compris.

F)  S’évader : prolongement sur le même thème que celui qui a été développé dans la leçon (poème, chanson, dessin d’humour, dicton, document facile d’accès du genre « Pour en savoir plus », texte complémentaire éventuellement en japonais).

 

IV. Plan d’élaboration de la séquence :

 

1.    Définir le public auquel s’adressera la cours (bien entendu, en fonction de votre propre situation d’enseignement), se représenter aussi clairement que possible son niveau de maîtrise de la langue française, l’état de ses connaissances générales, sa spécialité, ses centres d’intérêt, etc.

2.    Choisir un thème (les vacances, les études, le sport, etc.) en fonction de # 1. Tenir compte des centres de l’âge du public, de ses connaissances linguistiques et connaissances générales, de ses centres d’intérêt, éventuellement du programme scolaire/universitaire. Ce thème, qui permettra d’apporter des contenus culturels, sera présent tout au long du dossier, contribuant à son unité organique.

3.    Choisir un document (écrit ou oral) en relation avec le thème et dont la difficulté  est compatible avec le niveau des étudiants : il doit être à la portée des étudiants (pas plus de 10 ou 20 mots nouveaux, par exemple). Les éléments nouveaux, qui seront définis assez arbitrairement dans la situation présente du stage, seront traités dans la section Approfondir. On supposera connus les éléments qui composent le reste du texte.

4.    Adapter éventuellement le texte (le raccourcir, éliminer ce qui le rendrait trop difficile, remplacer quelques mots, etc.), mais prendre soin de conserver :

-   son caractère authentique (laisser visible son origine, conserver sa forme, ses illustrations) qui sont autant d’indice qui aident la compréhension ;

-   son contenu informatif (on le lira avec d’autant plus d’intérêt qu’il nous apprend réellement quelque chose)

5.    Préparer des questions et activités de repérage sur le texte pour répondre à la première étape Découvrir.  Ces questions permettent aux étudiants de comprendre de quel type de texte il s’agit, quelle est son origine, de quoi il parle en gros, et de repérer quelques faits de langue, quelques mots qui feront l’objet de l’approfondissement. On vise pas, à ce niveau, une compréhension fine du contenu.

6.    Elaborer des tableaux Approfondir présentant les contenus nouveaux (tel point de syntaxe, de morphologie, de lexique (composition), de sémantique (synonymes, antonymes), tel fait de discours, de culture, etc. Ne pas oublier les comparaisons avec les équivalents japonais. Prévoir des liens avec ce qui a été acquis antérieurement.

7.    Pour Construire le sens, préparer des questions de compréhension sur le texte, au fil du texte, qui invitent à le lire dans le but d’en comprendre le sens de façon précise et approfondie. Si les contenus des tableaux de B) ont été définis attentivement, il ne doit y avoir quasiment rien d’inconnu pour les étudiants.

8.    Communiquer : des activités de production (écrite et orale), qui permettent de reprendre ce qui vient d’être étudié ainsi que, bien entendu, ce qui a été étudié dans les leçons précédentes. (Des activités vraies de communication et non pas des exercices scolaires de transformation, d’application de règles, etc.). De l’imitation à l’autonomie de plus en plus grande. Ce peut être écrire une lettre, rédiger et jouer les parties d’une saynète, inventer un nouveau contenu pour les bulles d’un dessin d’humour, etc.                

9.    S’évader : chercher des poèmes, documents complémentaires, dessins d’humour, dictons, illustrations, etc. sur le thème du dossier.

 

V.  Les consignes :  

Elles devront être rédigées. Elles doivent être claires, sans ambiguïté, elles peuvent au besoin proposer un exemple. Elles seront en japonais ou en français en fonction du niveau du public et de leur difficulté de compréhension.

 

VI. Méthodologie :

Elle est foncièrement communicative : on privilégie partout l’accès au sens et à l’expression du sens. Les formes ne sont observées que dans la mesure où elles sont des aides pour accéder au sens. On s’abstiendra de tout exercice formel de répétition automatique ou de transformation automatique. La répétition collective est évitée. En revanche on favorisera, dans toute la mesure du possible, le travail en groupes dans la mesure où il permet l’interaction.

 

VII. Présentation matérielle du dossier :

Il sera présenté sous une forme électronique achevée et publiable (on devra pouvoir faire des tirages imprimés à partir de l’ordinateur ; l’ensemble des dossiers sera ensuite regroupé sur un cédérom). 

Il comprendra :

 

Ø      en première page, un titre et le nom des rédacteurs

 

Ø      une note de synthèse donnant des informations sur :

o     le thème choisi et les raisons de ce choix

o     le public visé (étudiants/lycéens, spécialistes/non-spécialistes, âge, cadre institutionnel, conditions d’enseignement/apprentissage, niveau de connaissance du français (nombre d’heures capitalisées), etc.)

o     les objectifs généraux, linguistiques, culturels

o     le temps prévu (nombre de séances de quelle durée), découpage en fonction des moments décrits en III, le partage entre ce qui se fait en classe et ce qui se fait hors de la classe

o     éventuellement, une bibliographie

 

Ø      la séquence proprement dite avec les parties bien identifiées, les consignes et activités pour chacune des parties.

 

NB. L’appellation des parties du dossier, leur ordre et leur nombre pourront, bien entendu, varier par rapport à la proposition faite ci-dessus. Mais on veillera à toujours justifier les options retenues.

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JNJ/21/08/2002