GIS Réseau Asie et Pacifique : Lettre de décembre 2015

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Nous publions ici un extrait de la Lettre de décembre 2015 du GIS Réseau Asie et Pacifique.

Retrouvez cette lettre dans sa version intégrale sur ce site.

Sommaire
Congrès

Résumé de l’atelier M1 « Évaluation critique des politiques de population
en Asie dans une perspective démographique et de genre »
Enregistrements des ateliers de la conférence « Les espaces culturels de la
Chine en Afrique (EsCA) »
Gouvernance du GIS

Réunion annuelle du comité directeur
L’unité support

Poste : Responsable de la coopération internationale au GIS Asie
Membres du Réseau
Article du mois

Le rôle des hybrides culturels dans l’ouverture de la Chine
Documentation

Le fonds Chine de l’École française d’Extrême-Orient
Revues
Outil du mois
Associations

Prix de thèse de l’AFEC : présentation des lauréates
Actualités

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Résumé de l’atelier M1 : « Évaluation critique des politiques de population en Asie dans une perspective démographique et de genre. »
par Laura Rahm, doctorante au Centre Population & Développement (Paris Descartes – IRD)

Dans le cadre de la mise en valeur des jeunes chercheurs travaillant sur l’Asie et le Pacifique, le GIS, organisateur du 5e Congrès Asie et Pacifique, propose un retour par les coordinateurs d’ateliers doctorants ou postdoctorants sur le contenu de leur atelier lors de cet événement, qui s’est tenu à Paris à l’Inalco (9-11 septembre 2015).

Ce panel était constitué de communications interdisciplinaires stimulantes portant sur le déséquilibre de sex-ratio et la sélection sexuelle prénatale en Asie. Il était constitué d’experts de différentes disciplines (démographie, sciences politiques, études de genre, anthropologie) originaires d’Asie et d’Europe et a offert une vision riche et variée de ce sujet. Le panel était divisé en deux sessions : la première session était composée de communications des différents intervenants et la seconde a pris la forme d’une table ronde avec le public. Il a été entièrement conduit en anglais.
Laura Rahm, doctorante au CEPED et responsable du panel, a introduit la première session en présentant une communication intitulée « Politiques de population en Asie : du contrôle de la fécondité à la sélection sexuelle ». Elle a expliqué que l’Asie est préoccupée depuis 50 ans par la fécondité de sa population et que depuis la moitié des années 1970, la plupart des pays y ont ainsi mis en place des politiques de population pour prévenir une « crise démographique » et diminuer la natalité. Au début des années 1980, alors que la fécondité baisse, un nouveau problème démographique voit le jour, à savoir la sélection sexuelle prénatale par avortements de fœtus féminins. Christophe Z. Guilmoto, démographe à l’IRD-CEPED, a démontré que ce phénomène est à l’origine d’un déficit d’environ 126 millions de femmes dans le monde en 2010. Sa communication, « Contexte et conséquences de la masculinisation des naissances en Asie », a résumé les facteurs à l’origine de cette situation : la préférence pour les garçons, la pression due à la baisse de la fécondité et l’accès aux nouvelles technologies reproductives. Différentes initiatives peuvent en découler comme l’assouplissement de la politique de planification familiale, les législations interdisant la sélection sexuelle ou les lois d’équité de genre. Bijayalaxmi Nanda, professeure d’études de genre et de sciences politiques à l’Université de Delhi, a présenté une communication intitulée « Les politiques pour lutter contre la sélection prénatale en Asie », qui exposait notamment les contradictions, les contestations et les défis à relever dans une perspective de genre. En effet, les politiques de population indiennes ont parfois eu recours à des moyens coercitifs, mettant à mal les droits reproductifs des femmes. Les efforts actuels pour équilibrer la masculinité des naissances portent sur la limitation des avortements sexo-sélectifs et la régulation des diagnostics préconceptionnels et prénataux. La conférencière a plaidé pour une approche plus holistique de l’autonomisation des femmes allant au-delà des seules restrictions d’accès aux technologies pour affaiblir au contraire la préférence pour les garçons. Ngoc Bich Luu, professeure et directrice de l’Institut pour la population et les sciences sociales (IPSS) à Hanoi, a présenté « La sélection sexuelle au Vietnam : politiques mises en place et efficacité des réglementations législatives ». Le Vietnam, où les déséquilibres à la naissance sont récents par rapport au reste de l’Asie, s’est distingué par la rapide réponse du gouvernement à ce problème par l’introduction de mesures pour lutter contre la sélection prénatale. Toutefois, les actions politiques mises en place n’atteignent pas toujours le niveau local et ne sont parfois pas appliquées. Si la nouvelle loi de population prévue pour 2016 vise à adapter les politiques aux besoins, on note que la nouvelle législation risque de limiter l’accès à l’avortement, ce qui provoque l’inquiétude des groupes féministes et des organisations internationales. Enfin, une jeune chercheuse de Cambridge, Sonya Davey, qui a dû renoncer à sa participation, devait présenter une communication intitulée « L’analyse des discours politiques sur les avortements sexo-sélectifs : le cas de l’Inde ». Celle-ci apporte des conclusions intéressantes sur l’effet de la législation, ainsi que sur les positions des décideurs politiques indiens impliqués dans la régulation de cette sélection sexuelle prénatale.
Georg Blume, journaliste et longtemps correspondant du journal Die Zeit en Asie et récemment auteur de Indiens verdrängte Wahrheit, s’est joint aux panélistes pour la table-ronde constituant la seconde session. Un débat vif s’est installé autour des questions centrales du panel :
1) les politiques de population ont-elles contribué à déséquilibrer le sex-ratio à la naissance et si oui, comment ?
2) Les politiques actuelles de lutte contre la sélection sexuelle sont-elles efficaces et tiennent-elles compte des questions de genre ?
3) Quelles sont les pistes futures pour la recherche et la politique?
Christophe Guilmoto a souhaité minimiser le rôle des gouvernements dans les choix reproductifs des couples, une fois l’accès au planning familial assuré. A l’inverse, Bijayalakshmi Nanda a souligné le rôle central du gouvernement et la nécessité d’une approche holistique de l’autonomisation des femmes. Ngoc Bich Luu a indiqué que l’insuffisance des ressources des parents âgés du fait de l’absence de système de retraite était une des raisons pour lesquelles les parents vietnamiens préféraient avoir des fils en raison de leurs revenus potentiellement plus élevés. Georg Blume a parlé de son expérience de vie avec des familles qui avaient pratiqué des avortements sexo-sélectifs au Madhya Pradesh en Inde. Sa conclusion était que ces décisions, qu’il s’agisse d’avortement ou d’infanticide, n’étaient pas faciles pour les familles, en particulier pour les femmes. Mais certains dans le public ont réagi en soulignant qu’il ne fallait pas assimiler avortement sexo-sélectif et infanticide. La modératrice Laura Rahm a aidé à clarifier ces différents aspects, mettant notamment en exergue le cas de la Corée du Sud, qui à l’heure actuelle est le seul pays à avoir réussi à inverser le déséquilibre de sex-ratio à la naissance. Elle a fait part des premiers résultats de sa recherche en Corée du Sud remettant en question certaines idées reçues sur l’efficacité des interventions politiques contre la sélection sexuelle.
Ce panel, par son approche interdisciplinaire des politiques de population, a permis de mettre en lumière et de nuancer différents aspects de cette problématique de façon plus holistique. Grâce à la publication jointe prévue et résultant du panel, nous espérons nourrir un débat plus large, favoriser des choix de politique mieux informés et plus à même de lutter efficacement contre la discrimination sexuelle.
Ce panel n’aurait pu avoir lieu sans le soutien financier du CEPED. L’organisatrice tient en particulier à remercier Étienne Gérard et Michelle Coste pour leur soutien pour l’organisation et la gestion de ce panel.
Version française en ligneEnglish version
L’atelier M1 dans le programme du congrès

Enregistrements des ateliers de la conférence « Les espaces culturels de la Chine en Afrique (EsCA) »

Les enregistrements des dix ateliers de la conférence finale du projet « Les espaces culturels de la Chine en Afrique (EsCA) », qui se sont tenus dans le cadre du Congrès, sont en ligne.
Les ateliers F1 à F10 dans le programme du congrès

Gouvernance du GIS
Réunion annuelle du comité directeur

Le comité directeur se réunira cette année le 7 décembre. Les représentants des institutions membres du GIS examineront le rapport d’activité du GIS 2015, l’exécution du budget et l’arrêté des comptes correspondants. Ils discuteront le programme annuel d’activités 2016 proposé par le conseil scientifique et le budget prévisionnel associé. Ils donneront leur avis sur les orientations en matière d’élargissement du GIS, de composition du conseil scientifique, de recrutement. Il pourront également soulever toutes autres questions relatives aux ressources du GIS et à leur utilisation en général.

L’unité support

Poste : Responsable de la coopération internationale au GIS Asie

Le Centre national de la recherche scientifique recrute un(e) responsable de la coopération internationale au GIS Asie, affecté(e) dans l’unité propre de service Réseau Asie et Pacifique.
Le poste est ouvert dans le cadre de la campagne de mobilité interne du CNRS, qui se clôture le 14 janvier 2016.

Copyright : GIS Réseau Aise et Pacifique

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