Parution Ebisu. Études japonaises numéro 56 (2019)

Institut français de recherche sur le Japon
à la Maison franco-japonaise (UMIFRE 19, MEAE-CNRS)
Parution Ebisu. Études japonaises numéro 56 (2019)
La rédaction de la revue Ebisu. Études japonaises a le plaisir de vous annoncer la parution du n° 56 (2019) « Consommer au Japon, consommer le Japon », coordonné par Sophie Buhnik.

Le numéro est en accès libre et téléchargement gratuit en intégralité sur OpenEdition.
https://journals.openedition.org/ebisu/3513
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Qu’est-ce que le made in Japan aujourd’hui ?
Le numéro 56 d’Ebisu. Études japonaises propose d’analyser ses mutations sous deux angles : les acteurs de la fabrication et de la marchandisation des productions qualifiées de japonaises à différents titres ; les consommateurs de ces productions et leurs pratiques.
Ce faisant, il interroge en particulier les évolutions politiques, techniques, économiques et sociales qui ont concouru à la marchandisation de la culture japonaise, des débuts de l’ère Taishō à nos jours.

SOMMAIRE :

Dossier thématique
« Consommer au Japon, consommer le Japon »
Coordonné par Sophie BUHNIK

• Sophie BUHNIK, « Introduction »

• IWABUCHi Reiji, « La marchandisation d’ »Edo » pendant les ères Meiji et Taishō. La création des « motifs Genroku » et d’un « goût pour Edo » par le grand magasin Mitsukoshi » (traduction d’Amira ZEGROUR)

• Bounthavy SUVILAY, « Le « Cool Japan » made in France. Réappropriation du manga et de l’animation japonaise (1978-2018) »

• Adrienne SALA, « Les sarakin et la construction du marché du prêt à la consommation au Japon depuis les années 1960 »

• TANAKA Daisuke, « Individualisation sociale et konbini dans le Japon contemporain. La « consommation en réseau » à l’ère informationnelle » (traduction de Sophie BUHNIK)

• Nicolas BAUMERT, « Les indications géographiques alimentaires made in Japan. Une nouvelle orientation géopolitique et une évolution des critères de définition de la qualité »

• Hanno JENTZSCH, « La revitalisation régionale et ses contestations locales. Le cas de la promotion de l’œnotourisme à Yamanashi » (traduction de Sophie BUHNIK)

• Benoit GRANIER, « Gouverner la consommation d’énergie des ménages. Renouvellement des enjeux et des instruments d’intervention (1973-2017) »

Varia
• Noémi GODEFROY, « La minorité aïnoue dans le Japon moderne et contemporain. D’ »anciens indigènes », de nouveau(x) autochtones (1869-2019) »

Conférence à l’Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise
• Philippe PELLETIER, « Le Japon, « la plus grande merveille de l’histoire », vu par Élisée Reclus et Léon Metchnikoff »

Livres à lire | Comptes rendus | Recension

Diffusé par :
Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise (IFRJ-MFJ)
3-9-25, Ebisu, Shibuya-ku, Tokyo 150-0013
Tél. 81-3-5421-7641 / Fax 81-3-5421-7651
E-mail : ebisu@mfj.gr.jp
© 2020, IFRJ-MFJ

Les 7 & 13 février 2020, venez jouer au tarot avec l’AFJ !

Tarot2Des soirées décontractées sous le signe du jeu et de la bonne humeur.
Découvrez ou rédécouvrez ce jeu de carte lors d’une soirée avec dîner, avec ou sans alcool !
Le tarot de Tokyo aura lieu le jeudi 13 février à l’hôtel Ibis de Shinjuku et le tarot de Yokohama aura lieu le vendredi 7 février au YC&AC près de la station Yamate.
Les débutants sont bienvenus et dans ce cas, nous essayerons de faire une table d’un niveau plus accessible. N’hésitez pas à faire venir des nouveaux.

Suivez ce lien pour Tokyo : https://afj-japon.us2.list-manage.com/

Et ce lien pour Yokohama : https://afj-japon.us2.list-manage.com/

Le bleu dans l’artisanat japonais : exposition du 1er février au 20 mars 2020

L’exposition « Ao : le bleu dans l’artisanat japonais » se tiendra du 1er février au 20 mars 2020 à l’ESPACE DENSAN, 8 bis rue Villedo, Paris 1er.

Estampe Edo Mokuhanga  DENSAN  bd2Le bleu (ou Ao) est l’une des couleurs emblématiques du Japon. A l’époque d’Edo, ce terme indiquait le bleu indigo très présent dans la société et que l’on utilisait déjà dès le 8e siècle pour la teinture des vêtements. Il existe 48 nuances de couleur indigo au Japon, chacune portant un nom.
La couleur bleue est aussi très largement répandue dans le domaine de la céramique, en particulier pour la porcelaine de Seto réputée et très appréciée dans l’archipel.

Les 28 et 29 février auront lieu des conférences – démonstrations et ateliers à l’ESPACE DENSAN, menés par un artisan spécialiste de la teinture indigo qui viendra du Japon à cette occasion.

Plusieurs artisanats d’excellence représentatifs de l’utilisation de la couleur bleue seront présentés durant cet événement :

– Seto Sometsuke – yaki / porcelaine de Seto
– Tsuboya – yaki / céramique de Tsuboya
– Shodai – yaki / céramique de Shodai
– Hagi – yaki / céramique de Hagi
– Tamba Tachikui – yaki / objets en céramique
– Awa washi / objets en papier washi
– Murayama Oshima Tsumugi / tissu en soie à l’indigo
– Edo Mokuhanga / estampes sur bois

Ce 5e et dernier thème s’inscrit dans le cadre de la nouvelle saison DENSAN d’octobre 2019 à mars 2020, pour laquelle les créations du patrimoine
artisanal japonais sélectionnées sur tout l’archipel par le METI (Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Japon) et présentées à la galerie showroom « Japan Traditional Crafts Aoyama Square » de Tokyo arrivent à Paris.

2e rencontre du groupe Inalco Alumni au Japon 21 janvier 2020/

Pour la nouvelle rencontre du groupe Inalco Alumni au Japon, (les anciens élèves de Langues O’) nous vous proposons de nous retrouver autour d’un verre à Shibuya afin de célébrer la nouvelle année.

La consommation restant à la charge de chacun, n’hésitez pas à venir nombreux !

Date: Mardi 21 Janvier 2020
Heure: à partir de 19h (UTC+9)
Lieu: Le comptoir occitan (1F du Daikanyama Hill Side Terrace F Building)
Accès: Daikan-Yama Station, Ebisu Station

https://alumni.inalco.fr/event/2e-rencontre-du-groupe-inalco-alumni-au-japon/2020/01/21/649

Pour participer, merci de vous inscrire directement sur le lien ci-dessus et d’être membre du groupe Inalco Alumni au Japon. Vous serez ainsi tenu informé des détails pratiques.

Au plaisir de vous rencontrer et échanger ensemble !

1912 articles sur le domaine france-japon.net (janvier 2020)

1912 articles ont été publiés sur le domaine france-japon.net sur des sujets variés touchant tous au Japon. Toutefois, certaines des publications se font sur ces sites et réseaux sociaux :
https://twitter.com/france_japon/
https://www.facebook.com/christian.bouthier
https://www.linkedin.com/in/christianbouthier/
http://www.christian.bouthier.org/

Visitez le forum : http://france-japon.net/forumjapon/ et ses 45000 messages) et pour voir les questions fréquemment posées sur le Japon, consultez le wiki : http://france-japon.net/wiki/
Et bien sûr, le site principal (ce site) : http://france-japon.net/ (plus de 1100 articles)

Voici les blogs qui ne sont plus mis à jour mais contiennent plusieurs centaines d’articles toujours d’actualité, surtout sur la langue japonaise :
Le site sur les kanji : http://www.france-japon.net/un-kanji-par-jour/ (289 articles)
Le site sur les clés de kanji : http://www.france-japon.net/cles-de-kanji/ (261 articles)
Quant au blog du webmestre : http://www.france-japon.net/blog2/ (179 articles) il est redevenu actif.

Enfin, je signale le nouveau site OFFICIEL des anciens étudiants de Langues O’ : https://alumni.inalco.fr/

11 esprits, 11 nuances de Kurashiki Japon – 2020

Foulard végétaux bio  Kurashiki Japan 2020 2La ville de Kurashiki sera de retour à Paris du 20 janvier au 22 février 2020 pour une nouvelle édition de KURASHIKI JAPAN qui présentera durant un mois l’excellence de ses productions artisanales avec une exposition – vente exceptionnelle intitulée
« 11 esprits, 11 nuances » au showroom de Discover Japan 12 rue Sainte-Anne Paris 1er.

Capitale du denim et première région textile au Japon, la ville de Kurashiki est connue dans tout l’archipel depuis quatre siècles pour la grande qualité de sa production ; ses jeans de luxe sont très prisés dans le monde, ce qui lui doit la venue de nombreux amateurs et connaisseurs japonais comme étrangers.

Dans cette ancienne ville de marchands au charme pittoresque qui a su conserver un riche patrimoine culturel et artisanal, ses habitants vivent au quotidien la simplicité et la beauté des objets utiles, tout comme les visiteurs qui en font la découverte.

A l’occasion de cet événement, KURASHIKI JAPAN réunira 11 marques et leurs créations artisanales d’excellence qui permettent d’appréhender la beauté dans les objets de la vie quotidienne : vêtements en denim, sacs en toile, vêtements et sacs teints
avec des légumes bio locaux, chaussures inspirées des chaussettes tabi, rubans traditionnels Sanada, encens, objets en jonc ainsi qu’en bordure de tatami, biscuits à l’okara.

L’artisanat local japonais à la pointe de l’innovation en janvier et février 2020

« Synergies entre tradition et modernité / l’artisanat local à la pointe de l’innovation », est un événement CLAIR Paris qui aura lieu du 21 janvier au 1er février 2020 à la Maison de la culture du Japon à Paris.
Organisé par le Centre Japonais des Collectivités Locales (CLAIR Paris), cette manifestation comprendra une exposition – vente réunissant au total plus de 250 objets faisant la fierté des régions de l’archipel, des workshops (réservations sur le site www.mcjp.fr) et des démonstrations (sans réservation) menés par des artisans venus du Japon pour partager leur passion.
Voici une occasion unique de découvrir les subtilités des techniques artisanales de 17 départements et villes du Japon avec leur admirable capacité à s’adapter aux besoins des styles de vie contemporains, tout en innovant dans de nombreux domaines : soie, textile, art du verre, laque, orfèvrerie, céramique, coutellerie, travail du bois, papier washi, etc.
Cet événement présentera des savoir-faire transmis par des générations d’artisans jusqu’à nos jours, à partir de trois aspects de la vie des Japonais : (I-Shoku-Jû) : l’habillement (i), les arts de la table (shoku) et l’habitat (jû).

Exposition « L’élégance nippone des arts de la table » du 3 au 30 janvier 2020

L’exposition « L’élégance nippone des arts de la table » aura lieu du 3 au 30 janvier 2020 à l’ESPACE DENSAN, 8 bis rue Villedo 75001 Paris.

Verres sake laque nacreAu Japon, où la culture culinaire s’est développée en lien avec la diversité des paysages, le climat, l’importance des spécialités locales et les coutumes, l’art de la table est un symbole de partage et d’admiration pour les ressources naturelles et les fruits de saison.
Sa vaisselle d’une grande variété reflète cette philosophie, elle a évolué au cours de son histoire donnant lieu à l’essor du savoir-vivre, la rendant unique au monde.

Plusieurs artisanats d’excellence et leurs objets liés aux arts de la table seront présentés :
– Objets en céramique et en porcelaine : Artisanat Aizu Hongo – yaki

– Objets en céramique : Artisanat Mino – yaki / Artisanat Iga – yaki

– Objets en grès : Artisanat Tokoname – yaki
– Objets en laque : Artisanat Yamanaka Shikki / Artisanat Kiso Shikki

– Objets en laque et nacre : Artisanat Takaoka Shikki

– Objets en bois de cèdre d’Akita : Artisanat Odate magewappa

– Objets en écorce de cerisier : Artisanat Kaba Zaiku

Les 10 et 11 janvier auront lieu des conférences – démonstrations menées par un artisan spécialiste de la laque Aogai – nuri (avec incrustations de nacre) qui viendra de Takaoka (préfecture de Toyama) pour présenter son savoir-faire et ses magnifiques créations d’objets d’artisanat d’excellence.

Ce 4e thème s’inscrit dans le cadre de la nouvelle saison DENSAN d’octobre 2019 à mars 2020, pour laquelle les créations du patrimoine artisanal japonais sélectionnées sur tout l’archipel par le METI (Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Japon) et présentées à la galerie showroom « Japan Traditional Crafts Aoyama Square » de Tokyo arrivent à Paris pour une exposition-vente déclinée chaque mois selon une thématique :

– « Figures du Japon » / du 2 au 30 octobre

– « Les objets du shodo ou l’écriture en beauté » / du 2 au 30 novembre

– « L’artisanat japonais en fêtes » / du 3 au 28 décembre

– « L’élégance nippone des arts de la table » / du 3 au 30 janvier

– « Ao : le bleu dans l’artisanat japonais » / du 1er février au 20 mars

2 livres sur le Japon publiés aux éditions L’Harmattan – novembre 2019

Les éditions l’Harmattan publient deux ouvrages sur le Japon.

HISTOIRES TOMBÉES D’UN ÉVENTAIL

Contes traditionnels humoristiques japonais – répertoire du rakugo

Sandrine GARBUGLIA

RpxE6A1m Z udq2JrRzLTJuRauoC0SohnN3EHXXGk1SNAg2ph6ibvJPbKx6PxuQ0ZmG6XUH ZgRSkQFYRFvvtkP2WrtX4CF3xj9pFVPrX jn3740OzcD=s0 d e1 ftIl existe au Japon un art populaire, simple, limpide, où chacun se retrouve, réunissant tous les âges et tous les milieux sociaux, qui demeure pourtant méconnu en France : le rakugo. Art de la parole, celle « qui a une chute », le rakugo rassemble pour faire rire avant tout, parfois aussi frémir. Il s’inscrit dans la tradition mondiale du conte mais avec une identité très personnelle. Toute l’énergie du conteur se concentre dans le haut du corps, rayonne et révèle au public des trésors d’imagination. Les Japonais n’hésitent pas, un sourire aux lèvres, à parler de « stand-up assis ». À travers ces Histoires tombées d’un éventail, c’est un nouveau reflet du Japon qui s’offre à nous. À la fois populaire et surprenant. Un voyage immobile, de l’ère Edo à nos jours, pour découvrir ce pays comme vous ne l’avez encore jamais lu.

Sandrine Garbuglia est auteure et metteure en scène. Lauréate 2009 de la Villa Kujoyama, elle rencontre les maîtres japonais de la parole à Osaka et Tokyo et collecte leurs histoires méconnues du public francophone. Depuis, elle adapte les textes du répertoire rakugo. Elle est l’auteure de quatre spectacles de contes japonais, dont deux destinés au jeune public, joués en Europe et au Japon.

Coll. Miroirs du réel

208 pages • 20 euros• octobre 2019

EAN : 9782343184852

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UNE ESTHÉTIQUE JAPONAISE

L’art et le goût en mode flottant

Dominique Château

Préface de Kenji Kitayama

9aGLjFo86IJsNngipRXEVCoLAtnaf6JkY7cufnTl 5zpjXoj SyqW2UZqDnEcUOPr1WjmbhEtPfpiQK8dskKMqpyydWjoGZ7n3b ql1UGbIrSGfsKLBz=s0 d e1 ftIntrigant, excitant, contrasté : tel apparaît le Japon au regard étranger. Telle est aussi son esthétique. Elle s’étend entre le kitsch et le zen, le grotesque et le minimal, et décline toutes sortes de formes et de valeurs. La peinture à l’encre ravit par ses taches évanescentes, le kawaii par sa joyeuse provocation. Le monde est conquis, au-delà du succès des mangas. Récemment, au Petit Palais, les oiseaux de Jakuchû ont impressionné, et le mot kawaii est entré au Petit Robert. Ce livre à la fois personnel, historique et philosophique propose une méditation sur l’esthétique japonaise en « mode flottant », conçue comme un jeu complexe et nuancé entre tradition résistante et désir d’invention.

Dominique Chateau est professeur émérite en esthétique et études cinématographiques à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Coll. Ouverture Philosophique

282 pages • 29 euros• octobre 2019

EAN : 9782343185484

Les objets du Shodo ou l’écriture en beauté

« Les objets du Shodo ou l’écriture en beauté »
du 2 au 30 novembre 2019
ESPACE DENSAN
8 bis rue Villedo 75001 PARIS
Tél. 01 40 26 66 70 – ouvert du lundi au samedi de 11h à 19h
mw@sasenis.com – www.espacedensan.com

Image du Presse papiersShodoNée en Chine, la calligraphie japonaise est un art traditionnel qui consiste à écrire des idéogrammes au pinceau et à l’encre. Arrivée au 6e siècle au Japon, il s’est développé avec l’introduction du bouddhisme et l’écriture de ses textes. L’un des premières calligraphies connues est le « Hokke Gisho », attribuée au pinceau du prince Shotoku (574-622).

En japonais, le mot calligraphie se dit « Shodo », ce qui signifie la voie (do) de l’écriture (sho). A la différence de la calligraphie européenne, le Shodo n’est pas considéré uniquement comme un simple moyen d’écriture ou une forme d’art décoratif.
La plupart des Japonais apprécient toujours les subtiles courbes produites par le maître Shodo-ka, témoignage vivant de cette forme d’art traditionnel les plus anciennes et les plus profondes du Japon, où l’accent est mis sur la beauté, la fluidité et l’équilibre de l’écriture.

De nos jours, le Shodo est activement pratiqué à travers le Japon par des personnes de tous âges. Il est enseigné comme matière obligatoire dans les écoles élémentaires, puis en option au lycée comme la peinture ou la musique. A l’école primaire au début de chaque année, les enfants participent à une activité appelée Kakizome, où ils créent des œuvres calligraphiques symbolisant leurs souhaits pour la nouvelle année.

Car en début d’année, les Japonais sont attentifs aux premières choses : premier lever de soleil, première visite au temple… Selon la tradition, le Kakizome est la première calligraphie de l’année écrite au pinceau avec de l’encre noire sur des bandes de papier : un mot ou une phrase de bon augure, quelque chose qui incarne les souhaits ou les résolutions de chacun, ou encore la venue du printemps.
La calligraphie est donc un exemple de la façon dont une tâche utilitaire comme l’écriture peut être transformée en art populaire, bien qu’elle ait beaucoup évolué tout au long de l’histoire du pays.

Pour la cérémonie du thé liée au bouddhisme zen, s’imprégner d’une œuvre de calligraphie pour se libérer l’esprit est une étape essentielle lors de sa préparation. Elle est peinte sur un rouleau suspendu appelé Kakemono, installé dans le Tokonoma, alcôve surélevée dans laquelle sont exposés des objets d’art. Le rouleau choisi avec soin par le maître de thé pour honorer ses hôtes, peut évoquer la saison, le moment de la journée ou bien un sentiment particulier lié à la cérémonie du thé.

De nombreux outils existent pour la calligraphie japonaise, mais 4 seulement sont fondamentaux, appelés les 4 trésors du calligraphe : le papier, le bâton d’encre, les pinceaux et la pierre à encre.

Même si aujourd’hui les gens écrivent moins, la calligraphie est toujours utilisée pour les cartes postales qui transmettent des voeux de bonheur, ou bien lors de funérailles ou autres événements célébrés selon la coutume. Elle décore aussi les enveloppes d’argent offertes aux fiancés durant les mariages.
Tout un univers s’est ainsi naturellement développé autour d’une papeterie variée d’un grand raffinement : des feutres et des stylos à bille sophistiqués, un large éventail de cartes, carnets et feuilles qui peuvent être réalisés à la main en papier washi traditionnel.

Le 2e volet présenté durant le mois de novembre, décliné durant cette nouvelle saison DENSAN qui s’étend d’octobre 2019 à mars 2020, concerne les objets utilisés pour la calligraphie japonaise, à travers différents types d’artisanat issus d’une longue tradition perpétuée à travers les siècles.

Afin de découvrir et pouvoir expérimenter sa beauté simple et profonde, voici maintenant une sélection d’outils provenant de plusieurs régions du Japon, tous porteurs du label d’excellence DENSAN.

Les objets présentés et leurs artisanats :
– Papiers Washi : Mino Washi, Awa Washi et Etchu Washi
– Pinceaux : Kawajiri Fude et Kumano Fude
– Pierres à encre : Akama Suzuri
– Stylos : Echizen Shikki et Kaba Zaiku
– Papier décoratif : Edokarakami

Papier Washi

– Artisanat Mino Washi
Le Mino Washi est un type de papier japonais fabriqué dans la préfecture de Gifu datant de la période Nara (710-794), selon les archives du dépôt Shoso-in montrant qu’il fut utilisé pour un recensement au 8e siècle, parmi une collection de trésors datant de la Route de la Soie conservés dans ce bâtiment de l’époque. Ce fut l’un des papiers les plus connus dans l’archipel, de même pendant la période Edo, où il était utilisé par le shogunat Tokugawa. Réputé pour sa finesse, sa résistance et sa beauté, il est fabriqué à partir de mûrier à papier qui pousse dans les abondantes forêts de la ville de Mino, à l’aide de techniques artisanales hautement raffinées faisant ressortir le meilleur de la matière première. Il a été désigné en tant qu’artisanat traditionnel en 1985.

– Artisanat Awa Washi
Un document du 9e siècle prouve que l’histoire d’Awa Washi remonte à 1.300 ans ; à l’époque une famille au service de la cour impériale connue sous le nom d’Inbe, cultivait du lin et du mûrier et produisait du tissu et du papier. Désigné comme artisanat traditionnel en 1976 et fabriqué dans la préfecture de Tokushima, l’Awa Washi est doux, souple et étonnamment résistant, avec un type de texture et de coloration délicates que seul un papier fait main permet d’obtenir. Quant au papier indigo, il est représentatif des papiers teints naturellement et compte parmi les meilleurs papiers d’art, d’artisanat et d’emballage.

– Artisanat Etchu Washi
L’Etchu Washi dans la préfecture de Toyama ; il remonte à l’ère Nara (710-794). Il est utilisé pour les shoji ou bien encore pour la restauration de biens culturels. Son procédé de fabrication est semblable à celle des autres washi, papiers japonais traditionnels. Il fut désigné comme artisanat traditionnel en 1988.

Pinceaux

– Artisanat Kawajiri Fude
Le lien entre la ville de Kure située dans la préfecture de Hiroshima et les pinceaux remonte au début du 19e siècle où Sanzo Kikutani acquit des pinceaux dans l’actuelle préfecture de Hyogo pour un usage dans les temples ; les avantages de fabriquer des brosses durant la période creuse du calendrier agricole furent expliqués aux agriculteurs locaux. Mais ce sont ceux fabriqués par Ueno Yaekichi au milieu du 19e siècle qui marquèrent les véritables débuts de la production du Kawajiri Fude qui s’est ensuite répandu dans tout le pays. Ces pinceaux sont fabriqués selon une méthode de mélange des poils appelée Nerimaze. Très complexe, elle nécessite des techniques de fabrication très avancées et des compétences bien spécifiques pour produire un pinceau de très haute qualité. L’ensemble du processus qui nécessite plus de 70 étapes, est divisé en trois phases de fabrication du col de la brosse, de la tige et de la finition, tous les composants étant traités un par un à la main. Les matières premières utilisées sont principalement des poils d’animaux pour le col de la brosse et du bambou et du bois pour la tige. Cet artisanat fut reconnu comme artisanat traditionnel en 2004.

– Artisanat Kumano Fude
Pendant la période d’Edo (1603-1868), la vie était très difficile pour les paysans qui partirent chercher du travail dans le district de Kumano à Kishu (actuelle préfecture de Wakayama). De retour, ils vendirent pinceaux d’écriture et encre qu’ils s’étaient procurés sur place, ce qui les mena à fabriquer des pinceaux dans la préfecture d’Hiroshima. Vers la fin de la période Edo, cela devint un métier solidement établi dont les techniques de fabrication furent transmises jusqu’à aujourd’hui. Il existe de nombreuses sortes de pinceaux ou fude en japonais : pour l’école, la calligraphie, la peinture et mais aussi pour le maquillage. Du bois de très grande qualité et des poils en fibres naturelles sont très soigneusement sélectionnés puis assemblés, afin d’obtenir des pointes fines et délicates. En 1975, les pinceaux de Kumano ont été désignés comme artisanat traditionnel.

Pierre à encre Akama Suzuri

– Artisanat Akama Suzuri
Des documents témoignent qu’une Akama Suzuri fut offerte au sanctuaire Tsuruoka Hachimangu à Kamakura au début de la période éponyme (1185-1333). Au milieu de la période Edo (1603-1868), ces pierres à encrer, ou suzuri en japonais, étaient vendues dans tout le pays. Faite de couches d’environ un mètre d’épaisseur, la pierre d’Akama apte à être transformée en pierre à encre, est extraite puis transformée au cours d’une douzaine d’étapes. Originaire de la préfecture de Yamaguchi et reconnu comme artisanat traditionnel en 1976, l’Akama Suzuri possède toutes les qualités pour la fabrication d’une bonne pierre à encrer : dense et résistante, facile à travailler, avec un grain et des motifs magnifiques, elle est idéale pour produire rapidement une encre excellente en termes de couleur et de lustre.

Stylos

– Artisanat Kaba Zaiku
Le Kaba Zaiku remonterait à la fin du 18e siècle, où sa technique fut transmise aux habitants de Kakunodate par la famille Satake Kita du district d’Ani au nord de la préfecture d’Akita. Les samouraïs de rang inférieur de la région ont repris cette activité de fabrication d’objets à base d’écorce de cerisier qui s’est développée au début de la période Meiji (1868-1912) avec la perte de leur statut de guerriers. Le Kaba Zaiku est fabriqué uniquement au Japon à partir de l’écorce du cerisier de montagne Yamazakura. Il existe plus de douze variétés d’écorces dont les variations de l’écorce font qu’il n’existe jamais deux pièces identiques. La boîte à thé est la version la plus connue de cet artisanat traditionnel désigné en 1976.

– Artisanat Echizen Shikki
Au 6e siècle, un laqueur reçut l’ordre de recouvrir la coiffe de l’Empereur de l’époque, qui reconnut la qualité de son travail quand il lui présenta un bol laqué noir, ce qui encouragea l’essor de l’Echizen Shikki. La laque d’Echizen (shikki = laque en japonais), produite dans le quartier d’Echizen de la ville de Sabae (préfecture de Fukui), fut désignée comme artisanat traditionnel en 1975. Une grande variété d’articles y sont réalisés : articles de fête, différents types de boîtes, ustensiles à thé, baguettes, stylos, bols à soupe… dont le lustre et l’éclat raffinés ravissent les Japonais.

Papier décoratif Edokarakami

– Artisanat Edokarakami
L’origine de ces papiers décoratifs remonte à un type de papier utilisé pendant la période Heian (794-1185) pour l’écriture d’un style de poèmes appelé waka. Ce n’est qu’au Moyen-Âge qu’ils furent appliqués sur les cloisons coulissantes fusuma qui séparent les espaces. Promus par le Shogunat pendant la période d’Edo (1603-1868), la demande pour ces documents s’est développée. L’Edokarakami reflète la culture des habitants d’Edo par la liberté sans entraves de leurs motifs ; les plus appréciés concernent l’intimité de la vie quotidienne, les fleurs et les ambiances saisonnières. Ces papiers décoratifs sont imprimés au pochoir à l’aide de blocs de bois ou décorés de feuilles d’or et d’argent ; de nos jours, ils sont toujours utilisés sur les fusuma et les shoji, généralement translucides. Chacune de ces méthodes a été transmise par ses propres écoles et ses artisans. C’est en 1999 que l’Edokarakami fut désigné comme artisanat traditionnel.